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Calendrier de l’Avent #8 : 7-1 (beau) roman…

Récits

Calendrier de l’Avent #8 : 7-1 (beau) roman…

Le mois de décembre arrive enfin et il est temps pour nous de vous gâter en vous laissant ouvrir les cases de notre calendrier PKFoot. A chaque date, un nouveau souvenir, un retour en arrière sur la dernière décennie.

La raclée de la décennie, ni plus, ni moins. Si certains matchs ont pu accoucher d’un score parfois plus fleuve, plus large, plus cinglant – le Real avait notamment collé un 10-2 au Rayo Vallecano le 20 décembre 2015, le Brésil-Allemagne du Mondial 2014 est celui qui revêt le plus de symbolique. Et le plus de conséquences.

Calendrier de l’Avent #8 : 7-1 (beau) roman…

Capitaine d’un soir, David Luiz a sombré avec ses collègues. Photo by Laurence Griffiths/Getty Images.

L’attente d’un pays tout entier

Douze ans que le Brésil attend ça. Depuis sa victoire sur l’Allemagne (2-0, doublé de Ronaldo Luis Nazário de Lima), à Yokohama, au Mondial 2002, la Seleçāo n’a plus connu les joies d’un dernier carré en Coupe du monde. Éliminés par les Bleus d’un immense Zinédine Zidane à Francfort, en 2006, sorti au même stade, quatre ans plus tard par les Pays-Bas, les Auriverdes sont très ambitieux pour leur Mondial à domicile, le second de l’Histoire après celui de 1950. Après avoir passé les obstacles chilien et colombien aux tours précédents, les hommes de Luiz Felipe Scolari retrouvent une vieille connaissance pour le « Final Four ».

Après être sortie première du groupe G composé du Portugal, du Ghana et des États-Unis, la Mannschaft a disposé de l’Algérie en huitièmes de finale – un autre match phare de ce Mondial brésilien, puis des Bleus grâce à un coup de casque de Mats Hummels. Un parcours qui leur offre alors une quatrième demi-finale d’affilée, un record.

Il y a donc une jolie symphonie de « parfums » avant le coup d’envoi de la rencontre à Belo Horizonte. Revanche, ambition, excitation ; tout était réuni pour vivre un grand moment de sport. Cependant, c’est bien l’appréhension qui a pris le dessus dans les rangs du pays hôte. Le juste mot pour présenter le début de naufrage.

Deutsche Welle

Pour la première demi-finale du Mondial 2014, le Brésil se présente diminué face à la Mannschaft. Pour pallier aux absences de ses leaders, Neymar et Thiago Silva, le sélectionneur brésilien bricole et propose une formation légèrement remaniée. À la frontière de l’originalité. Du côté de Joachim Löw, on reprend la recette qui a marché contre les Bleus. Les Allemands ne font aucun changement par rapport au quart de finale. « On ne change pas une équipe qui gagne », comme le dit l’adage.

Malgré un début de rencontre plutôt équilibré, les locaux vont (très) vite déchanter. Trop faibles, les brésiliens vont prendre l’eau de toutes parts face à Klose et consorts. En moins de trente minutes, l’Allemagne a déjà plus que plié l’affaire. Julio César doit aller chercher le ballon à cinq reprises au fond de ses filets en première période. Un record. Cette rencontre aura d’ailleurs vu plusieurs records tomber. Et certains ont de quoi interpeller.

  • Cette défaite est le pire résultat de l’Histoire de la sélection brésilienne – à égalité avec le 6-0 face à l’Uruguay en… 1920.
  • C’est la plus large défaite à domicile du Brésil, dépassant le Brésil-Argentine de 1939, à Rio (1-5).
  • Avec son but à la 23e minute, Miroslav Klose devient le meilleur buteur de l’Histoire de la Coupe du monde.
  • Le doublé de Toni Kroos (24e et 26e) est le doublé le plus rapide de l’Histoire de la compétition.
  • Ce 7-1 est la pire défaite subie par un pays hôte en Coupe du monde.
  • Le match est, encore à ce jour, l’événement sportif le plus commenté de l’Histoire de Twitter avec 35,6 millions de tweets.
Calendrier de l’Avent #8 : 7-1 (beau) roman…

Le sens des déculottés. Photo by Ian MacNicol/Getty Images.

La deuxième mi-temps sera moins « lourde » pour les Brésiliens, qui encaisseront tout de même un doublé d’André Schürrle (69e et 79e). Bien que le stade se soit considérablement vidé, les supporters brésiliens restants offrent une standing ovation à la Mannschaft. Tout le contraire du sort qu’ils destinent à leurs joueurs, au coup de sifflet final. Et la réduction du score d’Oscar ne sera qu’un minuscule lot de consolation laissé par les coéquipiers de Philip Lahm.

Si la démonstration allemande est le coeur du spectacle, ce sont bien les différents plans des tribunes et des supporters en larmes qui symbolisent le naufrage brésilien. Les réalisateurs de la rencontre parviennent à capter des débuts d’affrontements dans les travées du Mineirão. La déferlante allemande a englouti les rêves d’un pays en moins de quarante-cinq minutes. Mineirao-bles.

« Le fantôme du 7-1 »

Ces mots, ce sont ceux du sélectionneur Tite. Quelques jours avant les retrouvailles avec la Mannschaft, à Berlin, en mars 2018, l’entraîneur brésilien avait accordé une longue interview à Kicker pour évoquer la situation de son équipe et de son football après la déroute de 2014. Et il n’est pas commun de dire que cette dernière fut très lourde de conséquences à « l’éternel pays d’avenir ».

« La plus grande honte de l’histoire » (Lance!). « Le Brésil a été tué » (O Globo). Au lendemain du désastre, les médias brésiliens se sont déchaînés. Cette défaite 1-7 n’a pas seulement été un revers historique pour la sélection et le football brésilien, mais bien une catastrophe nationale. La présidente brésilienne, Dilma Rousseff, s’était déclarée « très triste », comme les quelques 200 millions de Brésiliens. Pour ne rien arranger à son mandat.

Déjà fortement critiqué pour la facture totale et la préparation de l’événement – notamment sur le plan social et environnemental, le gouvernement brésilien de Dilma Rousseff a subi de plein fouet l’élimination de la bande à Thiago Silva.

Du côté de la sélection, cette défaite a laissé beaucoup de traces. Peu après la rencontre, Luiz Felipe Scolari avait résumé le match comme étant « la pire défaite de l’Histoire de la sélection ». Malgré le remplacement de ce dernier par Dunga après le Mondial, la Seleçao a peiné à se relever de la catastrophe. Éliminés lors de la phase de groupes de la Copa America Centenario aux USA en 2016, les Brésiliens ont mangé leur pain noir après la déculottée infligée par les Allemands, en 2014. C’est peu dire.

Si la défaite au Mondial a longtemps trotté dans les têtes de certains anciens, la sélection, aujourd’hui dirigée par Tite, semble peu à peu retrouver son rang. Quart de finaliste en Russie en 2018, les Auriverdes ont remporté leur neuvième Copa America à domicile, le 7 juillet dernier. Une belle éclaircie après la tempête de Belo Horizonte.

Partisan d'un football simple et bien pratiqué, élevé en Tribune La Trinitaine avec le FC Lorient de Sir Christian Gourcuff, amoureux des belles histoires du ballon rond et de ses anecdotes.

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