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Les dérives du foot pro influencent-elles l’évolution du foot amateur ?

Récits

Les dérives du foot pro influencent-elles l’évolution du foot amateur ?

Notre Dieu Football s’est importé en France dès les années 1870 par le biais des britanniques en même temps que le Rugby. Les débuts du Football Français se font au Havre avec la fondation du premier club en 1872, le Havre Football Club, qui deviendra le célèbre HAC 10 ans plus tard.

Puis, en 1932, le professionnalisme est adopté avec un « véritable » championnat de France pro. 20 clubs inaugurent la première saison qui permettra au Lille Olympique de conquérir son premier titre majeur.

Le football étant le reflet de la société, il est le témoin de nombreuses dérives depuis plusieurs décennies tels que le racisme, l’homophobie, l’argent, la violence physique et verbale, etc…Ainsi, ces problèmes que l’on constate au plus haut niveau se répercutent de manière beaucoup plus incontrôlable dans le milieu amateur, avec parfois des conséquences dramatiques, tant d’un point de vue physiologique que psychologique. Lumière sur le vivier de talents de l’élite du football, voici le football amateur.

Du football en lui même…

En Décembre2014, la FFF a recensée un peu plus de 2 Millions de licenciés :

Les dérives du foot pro influencent-elles l'évolution du foot amateur ?

Ces chiffres sont en hausse par rapport aux années précédentes, ce qui peut s’expliquer en 2 grande partie par le « bon parcours » de l’équipe de France lors de la coupe du monde au Brésil sur le plan sportif mais aussi en terme d’image.

L’image joue un rôle important car l’année qui a suivi la coupe du monde catastrophique des bleus en Afrique du Sud a engendré une baisse très significative du nombre de licenciés en France, notamment chez les plus petits du fait que ce sont leurs parents qui décident de les inscrire ou non, choix directement corrélé à l’opinion de l’équipe nationale après une compétition majeure.

On peut tout de même appuyer le fait que, même si le nombre de joueurs et de joueuses augmente, on note une baisse significative du nombre d’éducateurs ainsi que des arbitres. Cela peut également s’expliquer par les difficultés de gestion de groupes, d’équipes, du manque de respect…qui enlèvent l’envie à ces personnes de se réengager pour connaître des moments de galère, voir même de dépression, tant d’éléments qui font le coté négatif du Football mais dont nous reparlerons plus tard.

Quand on parle de football amateur en catégorie senior, nous parlons le plus souvent du national, CFA et CFA 2 qui sont les 3 niveaux amateurs du football national, regroupant ainsi 194 équipes. Ensuite vous avez 2 niveaux régionaux qui sont la Division d’Honneur puis la Division d’Honneur Régionale et enfin vous avez tous les niveaux départementaux, dont la nomenclature varie en fonction des districts.

Ainsi, en prenant exemple sur le Vaucluse, en dessous des 2 niveaux Régionaux, nous retrouvons 200 équipes seniors qui se rencontrent chaque week-end au sein du département. Ces chiffres sont triplés voire quadruplés dès qu’on est proche d’une grande ville comme à Marseille, Lyon ou Paris.

Les équipes du football amateur ont toutes le même objectif, c’est à dire essayer d’aller le plus haut possible, en championnat, comme en coupe, afin d’étoffer le palmarès du club et d’en marquer son histoire. Pour se faire, les joueurs sont contraints de « copier », à moindre mesure, le haut niveau. En effet, de nombreux clubs se donnent les moyens de leurs ambitions en embauchant un préparateur physique, en donnant des primes de victoires et mêmes de petits salaires fixes afin d’attirer les meilleurs joueurs du « coin ».

Ces clubs reprennent l’entraînement un mois et demi avant le début des compétitions, la concurrence est accrue et ‘assiduité primordiale, à raison de quatre à cinq séances par semaine en DH, DHR, et deux ou trois par semaine au niveau départemental. Comme au haut niveau, les clubs ne partent pas à armes égales, certains obtenant beaucoup plus de subventions et d’argent de sponsors que d’autres. De ce fait, il est très difficile d’être président d’un club de football amateur, car vous devez faire avec tous les problèmes (surcharge de travail, financiers, égos, manque de dirigeants, les critiques, etc…) sans les avantages du haut niveau, c’est à dire que lorsque vous gérez un club avec l’argent de la municipalité, vous faites cela en tant que bénévole, en dehors de votre temps de travail bien évidemment.

…à la médiatisation des équipes…

Nous sommes la plupart du temps dans la reproduction du haut niveau. Les joueurs professionnels étant surmédiatisés, tout est mis en avant pour dévoiler le football amateur par le biais des réseaux sociaux. Ainsi chaque club à la possibilité de créer son blog afin de faire vivre la communauté sur la toile (exemple : Footéo). Ensuite vous retrouvez des sites (hors FFF et sites officiels) qui rendent compte chaque semaine et pour chaque département de l’actualité du football local.

Nous avons également une forte présence sur les réseaux sociaux, non loin sans humour 3 comme la page Facebook « Les phrases qu’on peut entendre qu’au niveau District » qui nous présente chaque semaine des photos ou commentaires qu’on peut voir qu’aux plus bas niveaux amateurs.

Le football amateur prend de plus en plus d’importance sur la toile, mais également à la télévision avec, par exemple, Téléfoot qui propose chaque dimanche matin de montrer quelques buts marqués au sein du football amateur.

…en finissant par la reproduction des dérives du football professionnel

• La violence
Le premier fléau, qui touche chaque week-end les stades de ligue 1 ou ligue 2, comme lors des derbys entre Lyon et St Etienne, les problèmes avec quelques supporters bastiais, marseillais ou bien encore niçois…
Il suffit d’imaginer qu’il puisse y avoir des actes violents jusqu’à avoir des blessés graves sachant qu’à l’intérieur des enceintes sportives comme à l’extérieur il y a de gros moyens de sécurité qui sont mis en place (avec notamment une coordination forces de l’ordre publique et sécurité privée).
Malgré cette sécurité mise en place il y a quand même des actes de violence, donc imaginez ce que c’est au niveau amateur lorsque la seule personne qui possède l’autorité lors d’un match est l’arbitre ? Ouvrez le journal chaque lundi matin, peu importe le département, vous y trouverez dans les faits divers des actes de violences lors de matches de football amateur, sur le terrain, en dehors du terrain, et plus grave encore, sur l’arbitre. Donc le règlement évolue, dorénavant, une agression physique sur ce dernier est passible d’une peine de prison ferme.

L’homophobie
Un acte récent de ce fléau est arrivé à Montpellier où deux jeunes gays se sont fait tabassés par six mecs, un des deux agressés témoigne : « Une voiture est passée, ils nous ont insultés copieusement de ‘sales pédés’, de ‘sales tapettes’. J’ai eu le mauvais esprit de répondre ‘qu’est-ce qui se passe’ et il y en a quatre qui ont été sur mon copain et deux qui sont venus sur moi ». Je prends cet exemple, même s’il est à priori sans lien direct avec le foot. Cependant il vous suffit de vous entraîner dans un club amateur, d’écouter un peu ce qu’il se passe, ou d’aller voir un match dans un stade de foot…les « tapettes, pédés, enculés… » sont dans toutes les discussions. En France, actuellement, le sujet est tabou dans les clubs de Ligue 1, alors que nous sommes au 21ème siècle, et les seuls qui font leur Coming Out le font après leur carrière, comme Olivier Rouyer, de peur des répercussions sur leurs proches ou leur carrière.

• Le Machisme
Bernard Lacombe : «Je ne discute pas avec les femmes de football. Je le dis parce que c’est mon caractère. C’est comme ça. Qu’elles s’occupent de leurs casseroles et puis ça ira beaucoup mieux» Ou quand un journaliste demande à Gignac s’il aimerait se faire entraîner par une femme, ce dernier répond : « si c’est la kiné de Chelsea y’a pas de problème » Pour qu’une femme soit respectée dans ce milieu, elle doit être belle. Merci à Clermont Foot 63 d’avoir osé franchir ces discriminations, ou faire une opération commerciale, d’avoir été le premier club professionnel à élire une femme entraîneur, à savoir Corine Diacre. Est-ce que cela permettra une avancé dans les mentalités ? « Derrière chaque grand homme se cache une femme » dixit Gabriel-Marie Legouvé. A croire que beaucoup ne sont pas de grands hommes.

• Le plus médiatisé, le Racisme
Certainement le fléau dont on parle le plus depuis une vingtaine d’année. En effet, le racisme et la violence sont les faits les plus sévèrement sanctionnés. Beaucoup d’actions luttent contre au sein des stades, et les équipementiers s’y mettent également, avec des slogans comme « Stand up Speak up« , ou bien encore « Say no to racism » très fréquent dans les stades.

Le racisme et la violence dans les stades sont les deux combats les plus importants des instances européennes et mondiales du football depuis une quinzaine d’années. Au final nous avons presque cette mauvaise impression de régresser au niveau des mentalités depuis plusieurs années, et ça se ressent encore plus au niveau amateur.

Les dérives du foot pro influencent-elles l'évolution du foot amateur ?

Quel avenir pour ce football qui fournit l’élite ?

J’ai pu remarquer, après 3 mois passés en Angleterre, et en ayant intégré une équipe de football à 11 et une de football à 5, l’énorme différence qu’il peut y avoir entre les mentalités des joueurs amateurs d’Outre-Manche et les notres. Le fair-play est omniprésent, avec très peu d’insultes, un encouragement total avec les coéquipiers, pas de grillage autour des terrains, respect de l’arbitre, et tout ceci au plus bas niveau. Ce n’était pas le cas il y a 20 ans, où la violence faisait la une des journaux en Angleterre, mais les instances footballistiques ont frappé tellement fort que si vous dérapez vous finissez directement derrière les barreaux.

On peut ainsi se demander s’il ne faudrait-il pas en venir comme le Paris Saint Germain, c’est à dire interdire le stade aux personnes qui sont potentiellement violentes et laisser la place aux familles afin d’assainir le climat dans l’enceinte sportive ? Les stades ne sont quasiment jamais remplis en France, donc si on enlève toutes ces personnes au comportement à risque, serait-il possible d’attirer un autre public, qui pourrait peut-être avoir une incidence sur notre championnat ?

Il faut ainsi se battre et tout mettre en oeuvre pour combattre ces énormes problèmes qui donnent une mauvaise image, car le football, et le sport en général, reste l’une des plus grandes sources de bonheur pour la population, et permet un rassemblement du plus grand nombre, pour vivre parfois des moments de communion qu’on ne peut voir nulle part ailleurs.

Drogué de sports sans remède possible, et plus particulièrement de football, que je tente de pratiquer depuis l'âge de 6 ans. Partisan d'anecdotes croustillantes sur l'opium du peuple, d'humour décalé et de voyages autour du Football, j'espère vous transmettre ma passion avec autant d'amour...

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