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Le cas Mesut Özil, la délocalisation des matchs en Ukraine, la mise en perspective médiatique de l’affaire Benzema, le football anglais et le Brexit, la coupe du monde 2014 au Brésil, l’entrée chinoise dans le capital Lyonnais : ces éléments vous font-ils penser uniquement au sport qu’est le football ?

Peut-être pour une partie d’entre vous, peut-être pas mais ce qui est sûr c’est que notre cher sport ne correspond plus seulement à deux équipes de 11 acteurs se disputant un ballon. Voyons pourquoi ici.

Des clubs victimes de délocalisation de leurs matchs en Ukraine : conséquence du conflit russo-ukrainien

Cet exemple ne prend pas en compte un joueur mais un pays tout entier subissant les foudres du géant russe. L’Ukraine s’est émancipée de la Russie aux lendemains de la guerre froide (1991). Les Russes ont toujours considéré l’Ukraine comme une région à part entière de leur nation et Vladimir Poutine l’a bien compris. C’est pourquoi, en 2011, la Russie a attaqué l’Ukraine, notamment la Crimée, région du sud de l’Ukraine donnant accès au géant de l’Est aux mers du sud et donc au monde entier. Ce territoire est vite redevenue Russe. Ils se sont vite attaqués à Kiev, ancienne capitale de l’URSS. Le problème pour le football est que les deux plus grands clubs Ukrainiens sont à Kiev ou dans les régions en guerre : le Dynamo Kiev et le Chakhtior Donetsk.

Le football professionnel : un simple sport, vraiment ?

La Donbass Arena en partie détruite par des missiles

L’UEFA et la FIFA ont donc interdit l’accès au public pour les rencontres de ces clubs et même de délocaliser leurs matchs durant certaines périodes trop dangereuses à cause des combats. L’Euro 2012 a tout de même vu le théâtre de sa finale se dérouler à la Donbass Arena de Donetsk après moultes tractations avec le président russe. Les agissements de la Russie ont tout de même été condamnés à l’époque par l’UEFA et cette dernière a agit pour empêcher des massacres qui auraient pu se dérouler durant les matchs dans ces régions en guerre. Néanmoins, la Russie est restée dans les pays membres de l’UEFA, sans aucune sanction sportive. Il faut rappeler que Gazprom, un sponsor important de l’uefa est une entreprise russe de gaz soutenue par l’Etat… il y a sûrement ici une coïncidence… De plus, le PDG de Gazprom est un proche de l’ancien chef d’Etat ukrainien, pro-russe celui-ci aussi. Que de coïncidences me diriez vous…

Le Brésil : la Coupe du monde 2014 (et les 2016) pour se donner du crédit et s’acheter une paix nationale

Ce pays est un des leaders en terme d’inégalités. Le soucis c’est qu’il est un premier de la classe pour les mauvaises raisons. Nous avons tous vu (ou presque) cette image dans les manuels de géographie où les inégalités au sein de ce pays y sont parfaitement illustrées. Une favéla que nous pouvons distinguer de l’autre côté d’un mur très fin d’une résidence luxueuse avec piscines privées et terrains de tennis. Le pays subit une mortalité élevée due aux règlements de compte, résultat des inégalités qui clivent le pays économiquement et socialement.

Le Brésil a pensé trouver la solution pour redorer son image auprès de la communauté internationale en accueillant la Coupe du monde 2014 et en faire une fête harmonieuse dans le pays, mêlant toute la population dans une ambiance agréable. En réalité, le régime a repoussé les favélas loin des lieux de rencontres des supporters pour donner l’impression qu’il avait gommé tous ses problèmes sociaux. En soi, la Coupe du monde 2014 comme évènement fut un réel succès, une fête du football dans un pays qui sait mettre en valeur ce sport qui est ici national. En réalité, vous l’aurez compris, cela a creusé les inégalités dans ce pays et a, de plus, créé un gouffre financier pour un Etat déjà très endetté. La FIFA n’y est pour rien cette fois-ci car les garanties financières étaient suffisantes. En revanche, prévoir la construction d’un stade dont l’utilisation maximum n’excédera pas l’événement comme à Brasilia est une aberration. En effet, cette enceinte a coûté 1 milliard de dollars pour qu’exceptée la Coupe du monde, elle soit utilisée par un club de quatrième division brésilienne…

L’objectif de l’accueil d’un évènement pareil était aussi de s’acheter une paix nationale pour que les populations ne fassent plus de bruit. Les contenter en leur redonnant une fierté nationale était l’objectif ( vite balayé par la mémorable défaite en quart de finale face à l’Allemagne ). L’attribution des coupes du monde a toujours fait débat. Par exemple, les Etats-Unis essaient actuellement de saboter le mondial au Qatar et bizarrement, pour étouffer cette « révolte » américaine, la FIFA a accordé l’organisation du mondial 2026 à ce pays en collaboration avec le Mexique…

L’entrée chinoise dans le capitale lyonnais

L’Olympique Lyonnais est un modèle économique en France avec une auto-suffisance financière qui fait rêver plus d’un club. Son encrage régional dans la formation des joueurs mais aussi la promotion des entreprises locales (comme Apivia, entreprise du bâtiment de la région lyonnaise  sont exemplaires. Néanmoins, l’idylle n’a pas duré car une multi-nationale chinoise est entrée dans le capital lyonnais en 2016 injectant pas moins de 100 millions d’euros dans les finances du club et devenant un actionnaire majeur. Tout ceci n’est pas illogique. L’OL doit rembourser son stade et faire face en même temps à la concurrence du PSG, de l’AS Monaco et du LOSC, tous maintenus à flot financièrement par des investisseurs étrangers (Qatar pour le PSG, Russie pour Monaco et multi-étatique pour Lille). L’argent est mère de toutes les vertus dans le football moderne et la Chine l’a bien compris.

Ce sport permet de conquérir d’autres marchés. Nous pouvons prendre l’exemple de Frank McCourt avec l’OM. Ce pense à racheter le parc d’attraction jouxtant le vélodrome ou encore le consortium américain qui a récemment repris les girondins de Bordeaux qui a comme projet de s’installer dans le business du vin dans la région. C’est pour cela qu’il n’est pas étonnant de voir une entreprise de l’Etat chinois entrer dans le capital Lyonnais (mais pas que, l’exemple auxerrois ou sochalien sont aussi à noter). Ce pays investit massivement dans le football que ce soit dans son championnat réputé pour accueillir des stars cherchant d’énormes contrats mais aussi à l’étranger. La stratégie politique extérieure chinoise comprend aussi l’expansion de ses marchés commerciaux et comme nous l’avons expliqué, le football est aujourd’hui une piste souvent exploitée pour y arriver.

The Chinese Hustle : regard sur la Chine et son expansion, avec le nom du président chinois du FC Sochaux cité via Tech Pro.

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