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Les tragédies du football Ep. 5 : Furiani 1992

France SC Bastia

Les tragédies du football Ep. 5 : Furiani 1992

Dernier épisode de notre série déprimante sur les catastrophes du football. Le mardi 5 mai 1992, une demi-finale de Coupe de France oppose le SC Bastia au prestigieux Olympique de Marseille, finaliste malheureux de la précédente édition de la Coupe d’Europe des Clubs Champions, dans l’antre de Furiani. Alléchés par la possibilité d’enregistrer des recettes juteuses, les dirigeants bastiais décident de faire appel à l’entreprise niçoise Sud-Tribunes pour ériger hâtivement une tribune provisoire de 10 000 places.

La construction de cette nouvelle tribune commence le 28 avril, et ce malgré les difficultés de Sud-Tribunes à faire venir en Corse les pièces nécessaires à la construction de la nouvelle tribune, en raison d’une grève des dockers qui bloquent le port de Marseille. Sud-Tribunes assure pourtant posséder toutes les pièces nécessaires. Cette construction est entreprise au mépris de toutes les règles élémentaires de sécurité, sans qu’aucune autorité de contrôle ne fasse arrêter les travaux. Pourtant, le 29 avril, une commission de sécurité inspecte les travaux, et suite à cette inspection, la Ligue Corse de football envoie un avis favorable à la Fédération française de football, qui autorise la tenue du match et la vente des billets. A la veille du match, le lundi 4 mai, les travaux ne sont toujours pas terminés. Une nouvelle commission de sécurité inspecte le chantier, et déclare que « le niveau de sécurité reste très insuffisant ». Les travaux se poursuivent le jour du match jusqu’à la tenue d’une ultime commission de sécurité, à moins de trois heures du début du match. Les travaux s’achèvent juste à temps.

Les tragédies du football Ep. 5 : Furiani 1992

3 000 supporters font une chute de 15 mètres

Le coup d’envoi de la demi-finale est programmé à 20h30. Les tribunes se remplissent à partir de 18h30, l’ambiance monte, les supporters sont prêts à vivre une soirée magique. Dès 19h, les premiers signes de fragilité de la tribune nord fraîchement érigée sont perceptibles : celle-ci vibre anormalement. Des employés de Sud-Tribunes s’emploient à revisser les boulons en urgence, alors que la tribune se garnit rapidement. A 20h15, le speaker de Furiani invite les occupants de la tribune nord à ne pas taper des pieds, mais à un quart d’heure du coup d’envoi, dans un stade chauffé à blanc rempli de supporters surexcités, il n’est pas écouté. A 20h20, au moment où Patrick Poivre d’Arvor donne la parole à Thierry Roland pour l’avant-match à l’antenne de TF1, une partie de la tribune nord s’effondre. 3 000 supporters font une chute de 15 mètres, tandis que d’autres fuient la tribune et envahissent la pelouse. Les secours prennent en charge les premiers blessés, mais sont vite débordés. Les spectateurs sont évacués à partir de 21h, et une heure plus tard, Le ministre de l’Intérieur, Paul Quilès, déclenche le plan rouge. Le bilan de la catastrophe est de 18 morts, et plus de 2 300 blessés. Une nouvelle fois, la fête vire au drame, la soirée se transforme en tragédie. Le SC Bastia et l’Olympique de Marseille refuseront de jouer ou de rejouer le match, le match tant attendu par toute une île n’aura jamais lieu.

La catastrophe de Furiani est l’un des plus grands drames du sport français, un drame qui reste mémorable pour avoir été diffusé en direct sur TF1. En 1993, des procès condamnent les principaux responsables de la catastrophe, accusés de négligence, et devant s’acquitter d’amendes et de peines de prison. La France entière a été marquée par ce drame, qui, 3 après la tragédie d’Hillsborough, s’inscrit dans une sorte de série noire pour les stades européens. Le souvenir de cette catastrophe est toujours extrêmement présent aujourd’hui, et régulièrement ravivé par des ouvrages, des documentaires, des témoignages, des minutes de silence dans les stades

En 2012 , pour le 20e anniversaire de la catastrophe et suite à une pétition lancée par les familles de victimes, la LFP et la FFF décident qu’aucune rencontre ne se jouerait le 5 mai 2012. C’est aujourd’hui le combat des familles des victimes de Furiani : faire du 5 mai une journée sans football, en souvenir de la douleur que l’effondrement d’une tribune a causé à une nation toute entière.

Les tragédies du football Ep. 5 : Furiani 1992

Avec cette liste de drames que nous avons pu traiter, il s’agit de montrer que parmi les toutes les émotions que peuvent donner le football existent, malheureusement, la peine, la douleur, le chagrin, l’horreur. Toutes ces tragédies sont uniques, mais présentent un point commun manifeste, dans la mesure où dans tous les cas, on bascule de la fête au drame, du rêve au cauchemar. Tous ces joueurs, tous ces supporters ne s’attendaient certainement pas à ce que les évènements puissent prendre cette tournure tragique, au sens classique, faisant souvent face, impuissants, à des évènements imprévus (les deux décollages ratés du vol 609 de la British European Airways, l’autoroute en travaux entre Liverpool et Sheffield causant le retard des supporters, la grève des dockers bloquant le port de Marseille et retardant la livraison des pièces nécessaires à la construction de la tribune de Furiani…), lesquels ont créé un enchaînement négatif des évènements enclenchant les rouages d’une machine infernale, qui a abouti à un dénouement dramatique relevant d’une fatalité implacable manifestement injuste, inique, et surtout bien au-delà de l’endurance humaine.

"Je n'ai pas besoin de trophée pour savoir que je suis le meilleur" : Zlatan Ibrahimovic, Jean Exilus, même philosophie.

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