Restons connectés

Les tragédies du football Ep. 4 : Hillsborough 1989

Angleterre Liverpool FC

Les tragédies du football Ep. 4 : Hillsborough 1989

Le 15 avril 1989, une demi-finale de FA Cup oppose Liverpool FC à Nottingham Forrest, pour la deuxième fois en deux ans. La rencontre se déroule en terrain neutre, au Hillsborough Stadium, l’arène du Sheffield Wednesday FC. Situé à Sheffield, dans le comté Yorkshire du Sud, au nord de l’Angleterre, le Hillsborough Stadium, extrêmement vétuste, n’était pas du tout aux normes de sécurité. Inauguré en 1899, ce stade de 39 859 places a souvent contenu beaucoup plus de supporters qu’il ne devrait.

Ainsi, le 17 février 1934, 72 841 spectateurs étaient présents pour assister à un match de FA Challenge Cup (ancienne FA Cup) entre Sheffield Wednesday FC et Chesterfield FC. A l’occasion de la Coupe du Monde organisée en Angleterre en 1966, une tribune supplémentaire, la tribune ouest, avait été construite, et celle-ci accueille, par la suite, les supporters du club visiteur. Au jour du drame, cette tribune, qui accueille les supporters de Liverpool, n’est toujours pas équipée de places assises. De surcroît, alors que le football anglais est gangréné par un hooliganisme devenu hors de contrôle, les stades de football d’outre-Manche deviennent de véritables forteresses. Pour être en mesure de contrôler les foules, éviter les envahissements de terrain et autres affrontements en tribunes, et protéger l’aire de jeu des projectiles, les autorités britanniques grillagent intégralement de nombreuses enceintes, dont le Hillsborough Stadium.

Le coup d’envoi de la rencontre est programmé à 15h. Comme à son habitude, le club de Liverpool, extrêmement populaire, draine dans son sillage des milliers de supporters jusque Sheffield. Mais le trajet entre Liverpool et Sheffield s’avère compliqué : consécutivement à des travaux sur l’autoroute, seule une des trois voies de circulation est ouverte, ce qui provoque d’importants embouteillages ralentissant les supporters de Liverpool venus en voiture et en car. En outre, des travaux aux abords du Hillsborough Stadium rendent difficile le stationnement autour du stade. En raison de tout ceci, plusieurs centaines de supporters arrivent bien plus tard qu’à l’accoutumée. Aux alentours de 14h45, tous ces supporters sont agglutinés aux abords du stade, attendant de pouvoir gagner la tribune leur étant réservée.

Présente sur ordre du Premier ministre Margaret Thatcher, la police du comté gère l’entrée des supporters dans le stade, mais celle-ci est lente et laborieuse : seuls deux tourniquets permettent aux supporters d’entrer dans le stade, alors qu’une queue de milliers de supporters s’est formée. Alors que le coup d’envoi est imminent, les supporters manifestent leur impatience et mettent la pression sur les forces de l’ordre, qui décident d’ouvrir une autre entrée ne comportant pas de tourniquets, dans laquelle les supporters se précipitent en masse, alors que le coup d’envoi de la rencontre a été donné. Débordée, la police ne parvient plus à gérer l’entrée de supporters dans le stade. La tribune ouest leur étant réservée est subdivisée en plusieurs zones délimitée par des grillages, et les deux zones centrales sont déjà bien garnies. Pourtant, à défaut d’indications de la police, c’est bien vers ces deux zones centrales que se précipitent la foule de supporters des Reds.

Les tragédies du football Ep. 4 : Hillsborough 1989

Le cœur battant, soulagés d’avoir enfin pénétré dans l’enceinte du stade, redoutant d’avoir raté un début de match tonitruant, impatients d’entonner le fameux « You’ll never walk alone », rêvant déjà d’une deuxième finale consécutive de FA Cup, et prêts à pousser leur club de cœur jusqu’à la victoire, les supporters de Liverpool traversent en masse l’étroit tunnel menant aux zones déjà pleines, sans savoir que quelques secondes plus tard, ils provoqueront une gigantesque bousculade, sans savoir que de nombreux fans déjà présents dans la tribune seront compressés contre les grilles, étouffant, suffoquant, sans échappatoire, sans savoir que s’ensuivra un mouvement de foule qui coûtera la vie à 96 personnes, et fera 766 blessés, sans savoir que ce match sera interrompu au bout de 6 minutes seulement, sans savoir que ce jour marquera à jamais toute une génération de passionnés, de supporters, de simples observateurs, jusqu’à la société anglaise toute entière. 96 personnes ont perdu la vie, 96 personnes s’attendant à passer une belle après-midi de football, 96 personnes loin de se douter qu’elles vivaient leur dernière journée, 96 personnes qui n’auront pas la joie de voir Liverpool soulever cette FA Cup quelques semaines plus tard, face au rival d’Everton, après une confrontation épique au Wembley Stadium (3-2 a.p.).

25 ans plus tard, la mémoire est toujours aussi vive, le souvenir toujours aussi intense. L’Angleterre panse aujourd’hui encore les blessures de ce 15 avril 1989. Cette tragédie reste l’une des pires catastrophes subies par le sport britannique. Mince consolation pour les proches des victimes, le Premier Ministre David Cameron a présenté des excuses publiques.

Au nom du gouvernement, et du pays tout entier, je veux dire que je suis profondément désolé de cette double injustice, qui est restée en l’état pendant si longtemps.
David Cameron, premier ministre britannique

Les tragédies du football Ep. 4 : Hillsborough 1989

Ces injustices sont liées au fait que les supporters avaient été accusés d’avoir été les principaux responsables des troubles, notamment suspectés d’avoir tenté de resquiller l’entrée, et décris comme ivres  et violents par The Sun. 25 ans plus tard, les hommages ont été particulièrement vibrants et émouvants. Le soutien aux commémorations de la tragédie a été mondial, venant de clubs, de joueurs, de journalistes, de simples observateurs…Le monde du football a été particulièrement atteint par la tragédie de Hillsborough, et désormais, les proches des victimes veulent que justice soit rendue et en attendent beaucoup des nouvelles auditions publiques qui ont débuté le 31 mars dernier, retrouvant un sentiment que leur avait ôté un certain jour d’avril 1989 : l’espoir.

"Je n'ai pas besoin de trophée pour savoir que je suis le meilleur" : Zlatan Ibrahimovic, Jean Exilus, même philosophie.

... à lire dans Angleterre

Populaire

Newsletter PKFoot

Une fois par semaine, le lundi midi.

Inscription confirmée

Une erreur s'est produite.

Dernier quiz

Devenez rédacteur sur le blog foot PKFoot.com
Retour