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« Comment j’en suis arrivé là ? » – La dure vie des joueurs de banc

Récits

« Comment j’en suis arrivé là ? » – La dure vie des joueurs de banc

Dans chaque club de football, sur un groupe d’environ 25 joueurs, seuls 11 se retrouveront sur le terrain pour débuter le match du weekend.

Quelques chanceux sortiront du banc mais de nombreux joueurs ont une place attitrée sur la touche, ce qui entraîne parfois une spirale négative difficile à maîtriser.

Si la dépression devient un sujet de plus en plus préoccupant dans le sport de haut niveau, elle est d’autant plus présente pour les joueurs ne trouvant que rarement le chemin du pré. Dans un article publié sur Bleacher Report, des joueurs reviennent sur ce statut difficile de remplaçant au bout du banc.

On apprend notamment que le latéral de Tottenham Danny Rose est entré en dépression suite à la perte de sa place de titulaire chez les Spurs avant la dernière Coupe du Monde. L’explosif ailier Aaron Lennon, qui joue aujourd’hui à Burnley, a également témoigné « ne plus se sentir footballeur » alors qu’il était écarté de l’équipe première à Everton. Une situation parfois d’autant plus difficile à accepter qu’elle n’est pas toujours expliquée au joueur.

C’est ce qu’explique Anthony Pulis, fils de l’entraineur britannique du même nom, qui n’a connu que 58 apparitions en 8 ans de carrière en Angleterre. Alors à Southampton pendant 3 ans, il ne portera jamais le maillot des Saints et ne foulera le gazon qu’en prêt dans les divisions inférieures:

« Vous vous changez dans le vestiaire avec l’équipe, et puis ils vont sur un terrain et vous sur un autre. Je me retrouvais à 25 ans à m’entraîner avec des gamins de 16-17 ans. Je me disais « mais qu’est ce que je fais là ? Comment j’en suis arrivé là ? »

"Comment j'en suis arrivé là ?" - La dure vie des joueurs de banc

Anthony Pulis à Orlando City

Pulis a pu trouver du réconfort auprès des préparateurs, comme souvent dans ces cas là. Seul son désire de s’améliorer l’a fait tenir :

« S’entraîner dur est la seule façon de s’en sortir. Si vous ne le faites pas, lorsque l’occasion se présente, vous ne pourrez pas la saisir. C’était la seule chose qui me faisait continuer. »

Le Gallois a finalement trouvé du temps de jeu aux USA, à Orlando City. Aujourd’hui entraîneur de Saint-Louis, au 2e échelon des ligues américaines, cette expérience lui a permis de mieux communiquer avec ses joueurs.

« Certains managers ne vous donne pas la raison de votre mise à l’écart. L’un des rares à avoir été honnête avec moi a été Alan Pardew à Southampton. C’est frustrant de devoir aller demander des explications, et là encore ils vont probablement vous dire ce que vous voulez entendre. Moi je dis à mes joueurs qu’ils ne vont pas toujours aimé ce que j’ai à leur dire mais que je serai honnête. Je pense qu’ils respectent ça. »

La non-sélection va souvent de paire avec le poste de deuxième/troisième gardien. Steve Harper, ancien de Newcastle barré par Shay Given pendant de longues années, a admis que le fait de ne pas être sur le terrain pendant si longtemps multiplie le nombre de pensées négatives ressassées par les joueurs.

Le gardien Carlo Nash, originaire de Bolton, a passé 7 ans sans jouer dans 4 clubs différents. Il n’a joué que 18 matchs de Premier League lors de sa carrière, bloqué par d’immenses gardiens comme Peter Schmeichel, Tim Howard ou encore Mark Schwarzer.

« Ce qui m’agaçait le plus, c’était les supporters qui disaient que j’étais content d’être sur le banc et de prendre mon chèque. Ce n’a jamais été une option pour moi. »

L’ancien gardien Richard Lee a eu une carrière de footballeur longue de 14 ans. Cependant, il n’a joué qu’une dizaine de matchs de Premier League.

« Pour un gardien remplaçant, vous savez que vous n’allez jouer qu’en cas de méforme du titulaire, d’une expulsion ou d’une blessure. »

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Richard Lee à Brentford

Après un début de carrière prometteur à Watford, il perd sa place de titulaire et rejoint Brentford en 3e division en 2010. Là encore, il est titulaire mais les blessures auront raison de lui.

« Lors des 3 dernières années de ma carrière, les blessures m’ont fait perdre confiance en moi. Je suis devenu insomniac. J’étais 40 ou 50% du gardien que j’étais dans mes meilleures années. Je savais que je pouvais être démasqué à tout moment. Je ne pouvais plus dormir, c’était horrible. »

En 2014, suite à une nouvelle nuit sans sommeil, Lee commet trois énormes bourdes qui permettent à Dagenham de recoller à 6-6 lors d’un match de coupe. Malgré la victoire aux tirs au but, il n’a pas supporté.

« Le lendemain, je suis allé voir le manager pour lui dire que c’était fini. »

La santé mentale des joueurs devient donc un sujet de plus en plus mis sous les projecteurs suite à la libération de la parole des principaux intéressés. Il en est de la responsabilité des clubs de prendre au sérieux l’aspect humain dès le plus jeune âge, comme l’a récemment rappelé le Prince William.

Fan inconditionnel de football depuis l'enfance, mon coeur bat pour le Liverpool Football Club. Supporter et non pas spectateur, le beau jeu et le mouillage de maillot sont mes priorités.

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