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Equipe de France de foot-fauteuil : « nous sommes l’équipe avec le plus beau jeu »

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Equipe de France de foot-fauteuil : « nous sommes l’équipe avec le plus beau jeu »

L’équipe de France est championne du monde de foot-fauteuil, après avoir battu sa bête noire, les Etats-Unis, sur leurs terres. Entretien avec Franck Croullière, directeur sportif de la discipline à la Fédération Française de Handisport.

Vous revenez tout juste des Etats-unis, où s’est déroulée la Coupe du Monde. Comment s’est passée cette dizaine de jours ?

Franck Croullière – Tout s’est très bien passé. On est partis de France le 29 juin, pour une préparation de 4 jours, d’abord sur Atlanta, pour se caler sur le changement d’horaire et s’acclimater aux conditions météo, puisqu’il faisait très chaud et humide. Nous avons choisi Atlanta pour la présence de la Fernando Fundation, qui travaille depuis des années avec la France sur le développement du foot-fauteuil. On est ensuite arrivé le 3 juillet en Floride. Pour la suite les résultats parlent d’eux même, 7 matchs et 7 victoires. Des matchs que l’on s’est rendus faciles d’un point de vue sportif, on a vraiment travaillé pour avoir ces résultats.

Qu’est ce qui fait que la France est un pays majeur de la discipline aujourd’hui ?

Elle l’a toujours été. Historiquement, elle est à l’origine de la Fédération internationale. Elle a réuni, d’abord au Portugal puis à Atlanta en 2006 tous les pays qui jouaient une forme de foot-fauteuil, afin de voir les pratiques de chacun et de proposer la création d’équipes et de règles au niveau international. On est donc le seul sport au monde, que ce soit en handisport ou pour valides, à émerger de différents pays. Au niveau des résultats la France a toujours été bien placée. On finit vice champions du monde à la première Coupe du Monde en 2007, après avoir perdu en finale contre les Américians aux tirs aux buts. En 2011 à Paris on est éliminés, toujours par ces mêmes Américians, en demie-finale… On disait depuis longtemps qu’on était l’équipe avec le plus beau jeu. Dans le foot valide on dit « qu’à la fin c’est toujours l’Allemagne qui gagne », pour nous c’était un peu la même chose avec les Etats-Unis… Mais pas cette fois! Et je le dis sans chauvinisme aucun, mais je crois que c’est nous qui avons proposé le plus beau jeu, et qu’on était l’équipe qui méritait le plus la victoire.

On parle de la France, des Etats-Unis; est ce que la discipline se développe de manière homogène dans le monde ? Il y avait notamment deux pays d’Amérique du Sud (Argentine et Uruguay) engagés dans cette Coupe du Monde ?

Oui, l’Amérique du Sud est en train d’émerger, avec l’Argentine et l’Uruguay mais aussi le Brésil, qui n’était pas présent à la Coupe du Monde mais qui s’est lancé dans l’aventure du foot-fauteuil. En Europe certains pays commencent à émerger aussi : l’Irlande, le Danemark, la Suisse, très prochainement vont arriver l’Espagne et l’Italie.

Mais le foot-fauteuil n’est pas reconnu comme discipline olympique…

Non, effectivement. D’une part parce que c’est une discipline jeune, avec seulement dix ans d’existence au niveau international. Pour être discipline paralympique il faut aussi remplir un certain nombre de critères, ce que nous sommes sur le point de faire. On va donc pouvoir candidater pour les Jeux de 2024. Après, c’est aussi une question de places, car aujourd’hui pour intégrer un sport il faut obligatoirement en retirer un, puisqu’il y a un quota de 4500 personnes présentes sur les Jeux.  Mais on garde bon espoir pour 2024 !

Parlons terrain : comment ça s’organise, une équipe de foot-fauteuil ?

On a des équipes de quatre, et non pas onze. Cela donne un gardien et trois joueurs de champ. On joue avec un ballon de 33 centimètres de diamètre. Les buts sont de la même largeur que des buts classiques, six mètres, et il y a des coups-francs, des corners, des pénaltys, des cartons jaunes, des cartons rouges. On a finalement deux règles spécifiques : la première est  qu’il ne peut y avoir que deux joueurs par équipe dans la surface de réparation, et nous avons aussi la règle du deux contre un, qui stipule que deux joueurs de la même équipe ne peuvent pas aller sur le même ballon. L’idée est de fluidifier le jeu, de lui permettre de vivre, de ne pas avoir un jeu de blocage permanent.

C’est un jeu largement basé sur le mouvement…

Oui exactement. Prenez le but sur coup-franc que met Brian (Brian Weiss, en finale de la Coupe du Monde face aux Etats-Unis, ndlr), c’est exactement ce qu’on leur demande. On a Momo (Mohamed Ghelami, ndlr) qui attire le défenseur dans la surface de réparation, donc ça laisse un trou entre le gardien et le défenseur, et Brian voit ce trou-là et tire en plein milieu, et c’est imparable parce que  le défenseur pensait que Brian allait jouer sur le joueur qui faisait l’appel. Donc il y a, peut-être plus encore que dans le foot valide, du jeu sans ballon. C’est un jeu de passes, de prise de profondeur.

Il y a aussi tout un aspect de gestion du fauteuil, par rapport aux trajectoires mais aussi pour les passes et les frappes, donc c’est un jeu basé sur la maîtrise et l’anticipation. La maîtrise que les joueurs ont de leurs fauteuils peut parfois sembler extraordinaire.

Après avoir tout gagné, quels nouveaux objectifs vont être à atteindre pour l’équipe?

Continuer ! Il va aussi y avoir du changement. Je vais quitter mon poste de directeur sportif en septembre. Les entraîneurs, Bernard Berthouloux et Ricardo Riso ne continueront pas non plus l’aventure, après 10 ans en Equipe de France. Il va y avoir une nouvelle équipe qui va se mettre en place, un nouveau staff. Ce sera donc au prochain directeur technique de définir les nouveaux objectifs, mais cela sera sans doute de maintenir la sélection à ce niveau-là, ce qui commencera par la conquête du championnat d’Europe, qui aura lieu en 2019. On pourra en tous les cas s’appuyer sur une jeune génération brillante, avec des joueurs comme Tristan Le Beller qui a fait forte impression pour sa première Coupe du Monde, ou Mohamed Ghelami qui a fini meilleur buteur.

Pour regarder la deuxième mi-temps de la finale entre la France et les Etats-Unis, c’est par là : http://www.foot-fauteuil.net/

Supporter de Bordeaux, même depuis le départ de Cheick Diabaté, je reste avant tout amateur de beau jeu où qu'il se trouve. Comme tous les joueurs de district, je suis persuadé d'avoir été à deux doigts de passer pro, mais que je n'ai pas eu de chance.

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