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Kool Shen : « J’étais persuadé que j’allais finir footballeur pro »

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Kool Shen : « J’étais persuadé que j’allais finir footballeur pro »

A l’occasion du Winamax Sismix, seul festival électro-poker au monde qui s’est déroulé du 13 au 21 mai, PKFoot.com a pu rencontrer de nombreuses personnalités en lien avec la thématique du poker, de la musique mais surtout du sport ! Qui de mieux que Bruno Lopes, aka Kool Shen, pour nous parler de tout ça ?

C’est lors d’un petit-déjeuner au sein du Palace Es Saadi de Marrakech que nous l’avons rencontré. Sponsorisé par Winamax, le rappeur – qui a dépassé le million de dollars de gains ce week-end – s’est notamment confié sur son parcours et sur les similitudes qu’il a pu retrouver entre le football, le rap et le poker…

Rappeur, acteur, producteur, breaker et joueur de poker : Y-a-t-il une chose que Kool Shen ne sait pas faire ?

Il y a plein de trucs que je ne sais pas faire, demande à ma femme elle va te le dire ! (rires) On va pas faire la liste maintenant de tout ce que je ne sais pas faire parce que là on n’a pas fini…

Vous êtes un grand passionné de football. Comment cela est-il né ?

Mon père jouait au ballon quand il était jeune, mon grand-frère qui a sept ans de plus que moi joue aussi au ballon depuis qu’il peut jouer au foot, donc c’est une famille de footeux. Ma mère adore le foot si tu veux que j’en rajoute en plus, alors depuis tout jeune je suis attiré par ce sport. J’ai commencé au plus jeune âge, en pupilles.

En 81, tu pouvais avoir plus d’opportunités sans spécialement être passé par le carcan du football institutionnel.
Kool Shen

A l’âge de 15 ans vous refusez d’intégrer le centre de formation du RC Lens. Pourquoi ?

En fait je devais faire un essai là-bas pour savoir si j’allais intégrer le centre de formation. A l’époque je suis au Racing en cadets nationaux. Le fait de savoir que j’allais partir de chez moi, que j’allais devoir vivre en internat, ça a été compliqué pour moi à cette époque. Je ne voulais pas partir. C’était des raisons extérieures au jeu lui-même. De toute façon, j’étais persuadé que je finirai professionnel. Peut-être ailleurs, peut-être pas à Lens, mais ce n’est pas grave ça.

Il faut remettre tout ça dans le contexte. A l’époque on est en 1981, ce n’est pas comme aujourd’hui. Actuellement, tu sais très bien qu’il va falloir cravacher et qu’à moins d’un miracle, tu vas devoir passer par les cursus détections, centres de formation… A l’époque ce n’était pas comme ça, tu pouvais avoir plus d’opportunités sans spécialement être passé par le carcan du football institutionnel. Moi ça ne me paraissait pas être un truc de fou de refuser d’intégrer un centre de formation. Je me disais «c’est pas grave, plus tard, mais là je ne suis pas prêt à partir de chez moi.»

Quel type de joueur était Kool Shen ?

Je jouais en n°10. Avec mon gabarit, plutôt petit, on peut dire que j’étais surtout technique.

Vous vous êtes ensuite tourné vers une autre activité, le rap. Avez-vous retrouvé des similitudes avec le football ?

Je ne sais pas, la musique c’est tellement de l’art alors que le foot, c’est un sport. Nous on a peut-être abordé ça un peu comme une compétition. C’est le seul truc que l’on peut mettre en parallèle. Au breakdance, on était aussi comme ça, on s’entraînait chaque jour pour être meilleur. Le rap on l’a pris de cette façon. On avait un message à véhiculer mais on avait également techniquement l’amour du rap, du flow. Pour nous c’était un peu comme une compétition, tu écoutes ce que font les autres et tu te dis «putain, il a un bon flow lui», du coup tu travailles ton truc derrière. C’est ce truc qui peut s’apparenter au sport en fait ; cette envie de faire mieux que l’autre en vérité. Mais sinon c’est très différent, il y a quand même un côté relâché et ludique dans la musique qu’il y a un peu moins dans le football. Tu peux mal manger, c’est pas bien mais tu peux fumer (rires), alors que dans le sport tu ne pourras pas, c’est plus strict.

Entre le football et le rap il n’y a parfois qu’un pas…sement de jambe. On entend souvent dire que les footballeurs se comportent comme des rappeurs et inversement. Partagez-vous cet avis ?

Bien sûr. Les réseaux sociaux ont favorisé cela. Ce sont des gens de la même génération. Les joueurs de foot ont entre 18 et 25 ans, les mecs qui font du rap aussi pour la plupart. Ils ont les mêmes coupes de cheveux, c’est un peu normal qu’ils s’associent ! C’est la musique d’aujourd’hui, c’est aussi la musique des quartiers. Le football c’est populaire, ça vient aussi des quartiers donc l’association semble évidente.

Entre-nous, mettre des petits ponts à Eric Zemmour, c’est un kif non ?

C’est un grand kif. Un grand grand kif. J’aurais préféré le noyer, mais un petit pont c’est bien aussi !

Nous avons vu les similitudes qui existent entre le football et le rap. Il y en a-t-il entre le rap et le poker ?

Le parallèle est le même que celui concernant le football et le rap, c’est cet aspect compétition. C’est même le seul car les deux disciplines sont encore beaucoup plus différentes. Là où le foot c’est expansif, le poker c’est tout l’inverse. La musique c’est du partage, tu montes sur scène pour donner des émotions. Le rap c’est partager ce que tu ressens avec des gens. Si au poker tu viens à la table et que tu partages tes émotions et ton jeu, ça va pas le faire tu vois ! La musique il faut vraiment donner, partager tes émotions tandis qu’au poker il faut les garder, surtout ne rien montrer. C’est très très éloigné mais encore une fois, ce qui me plaît dans les deux, c’est le côté compétition. Quand on fait un tournoi, on est 1000 au départ et il n’en restera qu’un à la fin et t’as envie d’être celui-là.

Là où le foot est expansif, le poker c’est tout l’inverse.
Kool Shen

Concernant votre actualité, vous allez reformer Suprême NTM avec votre compère de toujours Joey Starr. Vous allez même vous produire sur scène en 2018. Pourquoi maintenant ?

Le mot re-formation est délicat car on ne s’est jamais vraiment séparé en fait. On a rejoué en 2008 mais on a jamais dit «après on arrête NTM». On fait des pauses. Joey fait beaucoup de cinéma, moi j’en fait un petit peu. Je joue beaucoup au poker… Puis quand on a envie, on se recroise et on se dit «viens, on remet les gants». Et c’est ce que l’on va faire.

Il s’agit plutôt d’un ultime kif entre potes ou est-ce une volonté de faire passer un message ?

Ce serait très prétentieux de croire que nous nous devons d’avoir un engagement politique parce que la situation est compliquée et que notre engagement pourrait faire changer quelque chose. On fait de la musique depuis trente ans et on sait très bien que ça n’a pas fait changer grand chose. On espère que c’est plutôt les politiques qui vont faire changer le monde et pas les mecs qui vont chanter des trucs. On est bien gentil mais moi personnellement je ne sais pas trop s’il faut augmenter la TVA ou la baisser, j’ai pas fait économie à l’école ! Je leur laisse leur métier. Après voilà, la parole citoyenne on l’a tous les jours. Dès que l’on a les micros ouverts et que l’on nous pose des questions sur la politique, on répond. Là si tu m’en avais posé tu aurais connu mes positions, même si je ne vais pas te dire quel bulletin de vote je mets dans l’urne. Mon avis tout le monde peut l’avoir. Joey fait la même chose quand il est sollicité pour des interviews, sa parole on l’entend.

Mais honnêtement on fait et refait de la musique très égoïstement, parce que c’est un plaisir et qu’il y a des gens qui nous disent merci. Certains vont être heureux et nous aussi.

Kool Shen : "J'étais persuadé que j'allais finir footballeur pro"

Passionné de sport en général, c’est la beauté du football qui m’a séduit plus particulièrement dès mon plus jeune âge par les émotions procurées, par la ferveur et l'engouement populaire qu'il génère. Je possède l’intime conviction que l’analyse du football ne doit pas être exclusivement réservée aux élites télévisuelles ou intellectuelles.

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