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« Avoir un peuple qui te soutient, c’est magique ! » – Issa Cissokho

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« Avoir un peuple qui te soutient, c’est magique ! » – Issa Cissokho

Être un globe-trotteur du football c’est l’assurance d’avoir beaucoup de choses à raconter, après avoir pu discuter avec Kévin Tapoko qui évoluait à Israël, c’est qui reprend le flambeau.

Tu as fait l’essentiel de ta carrière en France, une petite parenthèse en Italie, et du jour au lendemain tu te retrouves à Israël, est-ce que ton quotidien a complètement changé depuis ton arrivée dans ce pays ?

Forcement ça fait un changement parce que je quitte l’Europe pour aller jouer dans un autre continent, c’est quelque chose de particulier. J’ai connu l’étranger, je sais comment ça se passe, nouvelle culture, nouvelle langue, je sais m’adapter rapidement, surtout qu’ici j’ai été bien adopté par mes coéquipiers, ça m’a agréablement surpris.

Kévin Tapoko nous disait que le niveau du championnat d’Israël était très intéressant. Quel est ton avis, toi qui a évolué en Ligue 1 et en Serie A ?

C’est vrai que le championnat n’est pas mauvais, il y a de belles équipes et de belles ambiances. Après s’il faut juger, c’est dur de dire si c’est au niveau Ligue 2, Ligue 1 ou National. Certaines équipes ont un très bon niveau, d’autres assez bas, globalement c’est en dessous de la Ligue 1 et de la Série A, mais ça reste un bon championnat avec de bonnes surprises.

Et sinon depuis que tu joues à Israël, tu mets des buts de 30 mètres ! Raconte-nous ce coup de génie !

Bah écoute c’est une prise d’initiative de ma part ! Je la reçois côté gauche, je prend le temps de contrôler, de me concentrer, et j’envoie une bonne petite frappe petit filet ! Vraiment content de l’avoir mis, c’est dommage qu’on n’ait pas gagné, mais ça reste un bon point de pris.

https://twitter.com/Cissokhoissa28/status/1092019546242859008

Dans ta carrière, y a-t-il un ancien coéquipier qui t’a marqué ?

Je dirai Nicolas Burdisso. C’est un joueur de Masterclass qui a gagné beaucoup de titres avec l’Inter Milan, capitaine de l’Argentine, un exemple sur et en dehors du terrain que j’ai côtoyé au Genoa. C’est à ce moment que j’ai compris pourquoi il avait fait une belle carrière, c’est une véritable machine au quotidien qui transmet sa grinta et son vécu ! Il m’a le plus surpris, c’est une bonne personne, un mec de cet âge là qui travaille autant c’était spectaculaire.

En Série A, y a-t-il un adversaire qui t’a le plus impressionné sur le terrain ?

Kalidou Coulibaly, fort sur ses appuis, il est dans une autre dimension physiquement et athlétiquement avec le Napoli. Un des 5 meilleurs défenseurs centraux du monde, une Masterclass, un ami, et un sacré joueur.

Dans tous les championnats que tu as pu faire, y a-t-il un match qui t’a marqué plus qu’un autre ?

Dommage que je n’ai pas pu faire un Genoa – Sampdoria (ndlr : derby della Lanterna)… Du coup ce serait le match contre la Juventus. Première fois que je voyais le stade plein au Genoa, c’était quelques chose d’extraordinaire. Malgré la défaite l’ambiance était chaude à l’italienne, c’était spectaculaire et magnifique, les tifosis vivent pour leur club.

Un stade que tu as connu avec une ambiance inimitable ?

Une ville qui respire vraiment le foot ? Marseille… Marseille !!! C’est le club n°1 en France ! La seule Ligue des Champions, quand on va à Marseille, la ville est derrière son équipe, ils viennent tous au stade, quand il y a un match la ville s’arrête. Le stade, l’ambiance… C’est génial y a pas d’autre mot.

Tu parles du Velodrome, mais il parait que tu as failli signer 2 fois à l’OM ?

Exactement, j’ai eu deux fois l’opportunité de signer là bas. La première année on était interdit de recrutement avec Nantes je suis donc resté au club, et la deuxième fois quand j’étais au Genoa. J’avais un contact concret avec le directeur sportif de l’OM, au final ils ont repris Rod Fanni, je n’ai pas pu goûter à cette ambiance qu’on retrouve qu’à Marseille.

Sur les réseaux sociaux on voit que tu entretiens beaucoup ta forme physique, penses-tu que le Maccabi Petah-Tikva soit ton dernier challenge professionnel ou tu peux aller plus loin ?

Non c’est loin d’être mon dernier challenge ! Je suis venu avec beaucoup d’ambitions, je suis venu ici pour continuer mon rêve, celui d’être footballeur. J’ai signé pro tard (25 ans), je me sens bien physiquement, je me sens bien dans ma tête, j’aime le foot, j’aime le sport. Le physique ça s’entretient, mais ce seront mes jambes qui me diront quand je devrai m’arrêter. Tant que le corps suit, je continuerai le plus longtemps possible, c’est jouer au foot au haut niveau qui me permet de m’épanouir.

Et justement l’après carrière, on a souvent eu l’occasion de te voir dans la grande surface du CFC, où tu es devenu un personnage emblématique. Devenir consultant c’est quelque chose qui te plairait ?

Pourquoi pas ? Ça reste dans le foot donc oui. Animer une émission… Pourquoi pas ? Je m’entend bien avec pas mal de personnes là bas, je laisse ça dans un coin de ma tête, mais je préfère me concentrer sur le foot. Je laisse la porte ouverte à la télé, peut-être au cinéma on sait jamais haha ! Mais tout ça pourrait me plaire.

Petite question pour Issa le consultant, selon toi, quelle est l’explication du nouvel échec du PSG cette année en LDC ?

Chaque saison on voit que Paris se fait éliminer en 8e de finale, cette année le PSG a failli le faire mais sort encore en 8e avec un avantage énorme au match aller. Il y avait une faille collective, une faille mentale, un problème de numéro 6, il manque une vraie sentinelle de métier, avec une équipe bien rodée tout autour. Ils ont déçu beaucoup de personnes, avec un avantage cohérent qui fait d’autant plus mal, pour moi c’est un naufrage collectif.

Tu as déjà été sélectionné avec le Sénégal, quel regard portes-tu sur le football africain actuel et l’évolution de ta sélection ?

L’évolution a toujours été bonne, avec constamment des joueurs de qualité qui arrivaient, et une équipe avec de bons jeunes. Cette année j’espère que ça va encore bien se passer, avec pourquoi pas une Coupe d’Afrique qu’on attend depuis pas mal d’années. Il y a une belle osmose dans l’équipe, et le coach sélectionne des joueurs qui veulent vraiment jouer pour le Sénégal. Pas des joueurs qui hésitent entre deux sélections, il prend ceux qui savent ce qu’ils veulent, ceux qui font le choix de leur sélection sans hésitation. Jouer pour un pays c’est extraordinaire, avoir un peuple qui te soutient c’est magique, ils te suivent même par après en regardant tes performances en club. Après pour ce qui est de la formation en Afrique, c’est toujours compliqué même s’il y a de plus en plus de complexes qui commencent à voir le jour, souvent crées par des joueurs, ou des associations, c’est un rêve pour tous de réussir au haut niveau. Il faut donner des moyens d’y arriver, des infrastructures pour apprendre les bases, lorsque ce sera fait, on aura vraiment fait un grand pas dans le continent africain.

"Avoir un peuple qui te soutient, c'est magique !" - Issa Cissokho

Tu as eu une expérience singulière, durant la période ou tu as été libre, tu dis qu’une partie de ton entourage ne t’a pas soutenu, penses-tu que ça t’ait apporté le surplus de motivation pour rebondir à Israël ?

Je suis toujours resté professionnel, c’est surtout ma nature, on ne m’a jamais donné les choses facilement. J’ai toujours eu des obstacles sur ma route, mais j’ai toujours réussi à surmonter ces obstacles, je suis quelqu’un de déterminé. Certes on m’a abandonné mais c’est le football, quand tout est beau, quand tout est rose, tout le monde est là. Le plus important c’est d’avoir la famille, et de vrais amis qui sont toujours là. Je me bat pour moi-même, je me bat pour ma famille, et surtout je me bat pour être un exemple. Je veux montrer que sortir de la galère, jouer en Ligue 1, être international, c’est une histoire qui s’écrit page après page, il ne faut rien lâcher pour y arriver. Je ne suis pas un revanchard, je ne regarde pas qui m’a abandonné même si ça aide à faire le tri, mais le plus important, c’est de me battre pour mes objectifs, pour ma famille, et ceux qui me suivent depuis le début.

Verra-t-on bientôt Cissokho en coach d’une équipe ?

Ah pas du tout ! C’est pas un métier facile, il y a beaucoup de décisions à prendre, des choses qui peuvent me dépasser. Je ne me vois pas entraîneur, peut-être entraîner les jeunes pour leur apporter mon vécu, mais coach en équipe première ce n’est pas mon but.

Etudiant dans le médical mais passionné avant tout de football. Supporter de l'OM depuis toujours, je suis surtout fan des joueurs avec une aisance technique balle au pied.

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