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Prolongations, une BD qui touche au but

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Prolongations, une BD qui touche au but

Alors que le tome 2 est attendu début 2015, découverte de la BD Prolongations de Robin Walter qui plonge le lecteur dans une vision réaliste du monde du football.

Prolongations, une BD qui touche au but« D’un côté les anti-footeux qui vont se sentir une nouvelle fois envahis d’informations sportives… ceux pour qui le foot n’est que l’opium du peuple ! Une entreprise d’abrutissement populiste ! Un ersatz des jeux du stade et de l’arène ! Et de l’autre côté, une immense populace… et je n’ai pas honte de clamer haut et fort que j’en fais partie… ».

Si Prolongations (édition Des ronds dans l’O) montre l’envers du décor du foot professionnel, on sent bien à travers ce genre de déclaration de Jean Duplantier, l’animateur radio de l’émission phare suivie par les différents personnages dans la BD, que l’auteur, Robin Walter, aime ce sport et ces acteurs. Il le commente d’ailleurs sur Twitter… à travers Jean Duplantier.

Après tout, quoi de plus logique que les Bulles accordent une place au ballon ? Le premier volume intitulé Passion propose au lecteur de suivre quelques personnages en se concentrant sur les relations humaines et les émotions ressenties par chacun, en vivant ou en suivant le foot. Il s’adresse à tous ceux qui s’intéressent au ballon rond, mais, attention, BD ne veut pas dire que cette œuvre est destinée aux enfants. L’approche réaliste et complète du microcosme footballistique (vie de famille, agents, passion des supporters…), le langage de certains protagonistes et leur profils (essentiellement des trentenaires) font de Prolongations une œuvre plutôt conseillée aux adultes. Il ne s’agit en effet pas de rêver d’une carrière à la Olive et Tom ou de voir le chien Ratapoil marquer des buts. Au contraire, le lecteur prend plaisir à se plonger en immersion dans des scènes de vie auxquelles tout amateur de football pourra se retrouver. Ce sérieux et ce réalisme dans la description des situations n’empêche pas la BD d’être parfois drôle à l’image de cette scène que tout supporter vivant en couple a déjà pu subir.

Prolongations, une BD qui touche au but

En attendant la fin de ces aventures avec la parution du tome 2 Dépendance début 2015, découvrez notre interview de Robin Walter, auteur et dessinateur de Prolongations, par ailleurs auteur d’une autre histoire en deux tomes, KZ Dora, qui s’inspire de l’histoire vécue par son grand-père, Pierre Walter, dans ce camp de concentration pendant la Seconde guerre mondiale et dont la préface a été signée par Stéphane Hessel.

Robin Walter, pourquoi réaliser une BD sur le foot ?

Après 3 années passées sur KZ Dora, ma première BD sur la déportation des résistants, j’avais besoin de traiter d’un sujet plus léger. Parmi les projets dans mes cartons, c’est Prolongations qui s’est imposé assez vite. Passionné de foot, j’avais envie d’exposer ma vision de cet univers depuis longtemps déjà. En BD, le foot est quasiment réservé aux collections humour ou jeunesse. En traitant le sujet de manière réaliste, j’avais l’impression d’apporter quelque chose de nouveau, et ça, ça me plaisait.

Il ne s’agit pas de suivre la carrière d’un seul joueur mais plutôt d’une approchable globale de l’écosystème du foot à travers différents personnages. D’ailleurs, la BD commence avec les arbitres, les médias, les fans… le foot, ce n’est donc pas que du foot ?

Non, le foot, ce n’est pas que le terrain. Contrairement à ce que pensent encore beaucoup de gens en France qui le comparent continuellement aux autres sports et qui omettent volontairement ou non l’importance du football dans notre société. On a quand même beaucoup de mal dans notre pays à assumer notre passion pour le foot. Pas étonnant qu’il soit traité très majoritairement de manière humoristique en BD ou au cinéma. C’est aussi pour aller contre cette tendance que j’avais envie de réaliser Prolongations. Prouver que le foot est un sujet comme un autre, un moyen comme un autre pour parler de notre société, de la vie.

Les noms sont fictifs, mais on suit le PSG, c’est votre club de cœur ?

Je voulais ancrer mon histoire dans notre société d’aujourd’hui, tout en restant un peu intemporel. Je voulais parler à un maximum de personnes. Que le supporter de Lyon ou Marseille puisse aussi s’identifier à Ahmed, par exemple, « mon » supporter. J’avais besoin d’un grand club pour faire évoluer mes personnages et aborder les sujets souhaités, mais je ne voulais pas parler du PSG de QSI, cela ne m’intéressait pas. Et je n’aurai pas été aussi libre scénaristiquement parlant pour faire évoluer mes personnages dans un univers trop cadré. Sinon, oui, je suis supporter du PSG. Depuis une bonne vingtaine d’années. Depuis ma « naissance footballistique ». J’ai vibré pendant les années Canal, souffert pendant les années Colony et suis ravi du travail de QSI, qui ne se contente pas de construire une équipe à Paris mais un vrai grand club avec les infrastructures que cela incombe. J’espère seulement qu’ils se pencheront prochainement sur le dossier des ultras, pour ramener un peu de ferveur au Parc. Mais là aussi, j’ai confiance en QSI. Soyons patients.

Les comportements et discours des protagonistes reflètent bien l’image qu’on peut avoir du milieu du foot. Avez-vous pu rencontrer des joueurs, journalistes, agents… avant de commencer cette BD ?

Même si j’avais une relativement bonne connaissance du milieu, il m’a fallu creuser pour être le plus authentique possible. Les premières rencontres que j’ai faites, c’est par les livres écrits par ces protagonistes dont vous parlez. Puis, pour compléter mes portraits et répondre aux interrogations qui étaient nées de mes lectures, j’ai échangé avec des journalistes, supporters et arbitres. Toutes ces recherches, ces lectures, ces entretiens, se font avant de débuter l’écriture. Je n’ai pas joint de joueur directement, ni aucune de leur femme. J’avais le nécessaire pour raconter mes personnages, à force d’éplucher les livres et articles de presse.

Prolongations, une BD qui touche au but

Le lecteur s’attache vite aux différents personnages et a envie de savoir la suite, mais difficile d’imaginer une conclusion à cette aventure dès le tome 2. Pourquoi ne pas prolonger la série ?

J’ai pourtant écrit mon histoire en 2 tomes. « Passion » et « Dépendance ». Au final, 140 pages. J’aime bien ce format (KZ Dora est également un diptyque de 160 pages) Je suis en train d’en dessiner la fin et suis pressé de présenter au lecteur cette seconde partie, début 2015. Dès le début du projet, j’ai imaginé cette histoire se déroulant tout le long d’une saison de foot. Une saison de foot vécue par 5 personnages différents. Mais j’ai aussi tout de suite identifié la possibilité de raconter d’autres saisons, à travers de nouveaux protagonistes pour aborder de nouveaux thèmes, de nouveaux sujets du foot. J’attends un peu, on verra si je me lance là-dedans. Ce qui est certain, c’est que j’ai encore beaucoup de choses à raconter sur le foot.

Quel est alors votre prochain projet ?

Pour le moment, je préfère ne pas trop en parler. J’ai déjà réalisé toute la phase de recherche. J’ai globalement l’histoire dans ma tête, il faut que j’assemble les éléments. J’ai d’ailleurs hâte de m’y mettre. C’est toujours excitant le début d’une aventure. Ce que je peux dire, c’est que ce sera un « one shot ». Pas un diptyque ni le début d’une série. Vous pouvez donc espérer qu’après ce bouquin, je me laisse tenter par une nouvelle saison de Prolongations.

Passionné de football, j'adore analyser et décortiquer le milieu du ballon rond (stratégie des clubs, tactiques des entraîneurs, performances des joueurs...) en essayant d'apporter un regard décalé et en provocant le débat.

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