AvideceWopyBalab

J’ai eu l’occasion d’être invité par Adidas à tester leurs dernières chaussures, les F50i, l’été dernier au centre d’entrainement des Bleus à Clairefontaine. Bon, autant être franc, j’étais plus attiré à l’idée d’avoir une paire à 150 pions gratos plutot que de faire vraiment un test. Mais soyons sérieux deux minutes et regardons à quel point le fabricant allemand a fait des efforts d’un point de vue technique.

Avant de commencer, je voulais parler de la campagne de comm’ d’Adidas. Toujours dans les tons bleu électrique caractéristiques de la gamme, la marque aux trois bandes s’est payée une star mondiale pour en faire la promotion en la personne de . Regardez cette vidéo qui est le making-of, beaucoup plus intéressant, de la pub que je ne présenterai pas.

A moins d’être un brésilien dans l’âme, jouer pieds nus ou – pire – avec une mauvaise paire de chaussures s’avère être fort handicapant. 90 minutes de souffrances. Plus les arrêts de jeu.

Le test avait lieu à Clairefontaine dans la banlieue parisienne. Je n’y suis jamais allé. Tout simplement parce que je suis en Ecosse et que je n’allais pas rentrer sur Paris pour faire plaisir à trois chargés de comm’ qui n’attendaient qu’une phrase : « hum quelle est bien cette chaussure je vais en dire du bien sur le blog ». Alors j’ai demandé à en recevoir une paire que je pourrais tester dans les conditions climatiques extrêmes du nord du Royaume-Uni. Autant dire que j’allais pousser les chaussures dans leurs derniers retranchements sur une pelouse parfaitement humide.

J’ai eu l’occasion de tester deux paires : des F10i blanches de base pour l’entrainement peu avancé et les fameuses F50i bleu électrique pour l’entrainement de brutes (je pèse mes mots).

Attention, je risque de comparer ces chaussures à des Adidas Copa Mundial, LA meilleur paire que j’ai pu porter à ce jour. Histoire de référentiel. Voici mes impressions.

Aspect

Ca peut paraitre un détail mais l’aspect des chaussures est quand même assez important. Je ne suis vraiment pas fan du bleu électrique des F50i que je trouve, à la longue, trop flashy. Les chassures doivent garder une part de sobriété et le noir semble être le meilleur compromis. Les F10i blanches ont un aspect plus classieux malgré quelques motifs sur le dessus dignes d’un tuning de Twingo.

Packaging

Du Adidas. Traduisez cela par : nul, innexistant, horrible, dégeux, pas soigné. Une pauvre boite en carton recyclé avec 3 pauvres bandes et tout de suite derrière : les chassures à peine emballées dans un semblant de tissu protecteur. Pas d’accessoires à part une clé à crampons pour la F50i. C’est la crise, parait-il. Enfin là c’est même la famine.

SensationsLe marketing des chaussures de football

Pour les sensations, les deux paires offrent une précision jamais atteinte. Le ballon réagit au doigt et à l’oeil. Autre chose, vraiment visible sur la paire de F50i, la légèreté. on a l’impression de ne rien porter aux pieds ce qui est déstabilisant dans un premier temps puis vraiment jouissif. Cela est du à la finesse du plastique comme un préservatif. On sent vraiment la balle.

Par contre, il y a un détail que je trouve particulièrement chiant, c’est le système de laçage de la chaussure. Les fabricants s’entêtent à compliquer le laçage en mettant scratch, couvre-lacets (comme ici), etc. alors que des lacets basiques, centrés et non sur le côté comme les Nike Total 90, sont tellement parfaits.

Stabilité

Autre avantage, que ce soit dans la paire « low-cost » F10i ou dans le haut de gamme, le pied est parfaitement calé dans la chaussure. En raison de la matière, on aurait pu penser que, contrairement au cuir, le pied flotte légèrement. Il n’en est rien.

Avec les crampons moulés de la paire de F10i, j’avais des appuis excellents pour ce qui est appel contre-appel et démarrage soudain.
Sur l’arrière du pied par contre j’avais quelques problèmes de « décrochage », notamment dans les changements de direction à 180°.
Pour les F50i, pour peu que vous choisissiez les bons crampons à visser, vous n’aurez aucun problème. La chaussure et le pied ne font qu’un.

Rigidité

Je ne sais pas vous, mais en général quand je teste des chaussures en plastique, contrairement aux Adidas Kaiser5 ou Copa Mundial en cuirs divers, la sensation du plastique est vraiment désagréable. J’ai toujours l’impression de porter deux blocs de 5 kilos de plastique bouteille aux pieds.
Paradoxalement, ici, Adidas a fait un travail sur la plastique, ce qui le rend très souple et vraiment agréable à porter. Malheureusement, les soudures sur la base, rigide elle, semblent un peu légères et pour une utilisation avancée, il faudra faire attention à ne pas voir le plastique foutre le camp sur une reprise de volée. En finale de Ligue des Champions M. Messi par exemple.

Prix

Payer 30€ pour des F10i parait très raisonnable pour la personne qui pratique le sport en loisirs sans forcément vouloir jouer sur la précision. Un excellent compromis. Par contre, payer 150€, hors crampons et semelles diverses, pour les F50i, c’est carrément du vol qualifié. Des chaussures, aussi bonnes soient-elles, ne doivent pas obliger un joueur à placer près de 200€ pour pouvoir toucher un ballon. A croire que chez Adidas, leurs seuls clients sont des Lionel Messi. A réserver donc pour une clientèle pratiquement professionnelle et fortunée. Mais le jeu en vaut la chandelle.

J’espère que vous n’avez pas raté l’intermitent du spectacle qui dédicaçait des paires de F50i à Paris le mois dernier ? Dommage, ca ne se reproduira pas avant longtemps. La probabilité de voir un jour un PSG – FC Barcelone est quand même faible.