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Elle est loin l’époque de Sainté champion de France à dix reprises ou plus récemment, l’époque Galtier et cette fameuse victoire en Coupe de la Ligue édition 2012/2013 avec des Verts menés par le trio offensif Brandao, Yohan Mollo et Pierre-Emerick Aubameyang. Tout cela n’est que souvenir et nostalgie. Depuis, l’AS Saint-Etienne n’a plus gagné le moindre trophée, mais les temps n’ont pas toujours été noirs. Ou du moins, aussi noirs qu’ils ne le sont aujourd’hui. Depuis, l’ASSE est en Ligue 2. Depuis, l’ASSE est proche de la National. Depuis, la disette économique et sportive est cuisante.

Mais comment le club historique de la Loire en est-il arrivé au point mort ? Et surtout, à cette heure où on ne peut plus regarder en arrière, quel avenir attend les Verts ?  

Une saison 2021/2022 synonyme d’échec. 

Alors que la saison 2020/2021 s’achève, le LOSC réalise l’exploit de terminer champion de France devant le Paris Saint-Germain, Dijon et Nîmes tombent en Ligue 2, Nantes est contraint de jouer les barrages pour se sauver et l’AS Saint-Etienne, de son côté, inquiète déjà. Ni relégués, ni européens, les Verts terminent à une onzième place assez fade et non-rassurante. La saison passée, stoppée prématurément à cause de la pandémie, avait déjà alerté les supporters stéphanois qui avaient vu leur équipe pointer à la 17ème place. Mais pour une équipe qui finissait souvent dans les six premiers durant les saisons de cette décennie, évidemment qu’une onzième place provoque déjà le rogne des supporters. Toujours dirigé par Bernard Caïazzo et Roland Romeyer, Saint-Étienne peine à raviver cette flamme de l’époque Galtier. À ce moment-là, on estime déjà que le club doit être vendu au plus vite. Pour des anciens de l’épopée des années 70, on estime même que le club aurait du être vendu lors de ce dernier sacre, le dernier moment où Saint-Étienne était au sommet. Néanmoins, encore à l’heure actuelle, l’idée de vente du club reste assez floue, évitée par les dirigeants qui butent sur des désaccords entre eux. 

Enfin, revenons sur le côté sportif du club. Tout juste sorti de deux saisons décevantes sur le plan sportif à la tête du club, Claude Puel reste à la tête de l’équipe pour cette saison 2021/2022. Néanmoins, la présence de l’entraîneur expérimenté sur le banc stéphanois s’achèvera vers la fin de la première partie de la saison. En effet, après 16 journées, les Verts comptabilisent seulement deux victoires pour huit défaites et six matchs nuls. Mais c’est une écrasante et humiliante défaite sur le score de 0-5 à Geoffroy Guichard face au Stade Rennais, qui scellera l’avenir de Claude Puel en Vert. Saturés, les supporters stéphanois soufflent de soulagement face à cette décision mais restent mécontents puisque le départ du tacticien français devait se faire, selon eux, bien avant. Une prise de décision trop tardive de la direction qui voit alors son équipe enregistrer une neuvième défaite en 17 journées. Démentiel.  

Après cette décision, il faut néanmoins désormais trouver un coach à la hauteur des exigences des dirigeants qui sont alors élevées : maintenir Saint-Étienne en première division. Des exigences déjà compromises à la moitié de la saison, puisque le club stéphanois pointe à ce moment-là, à la dernière place du championnat. Pour se sauver de cette situation compliquée, Saint-Étienne fait appel à « l’entraîneur des maintiens » Pascal Dupraz. L’ancien footballeur français a déjà connu ce

genre de situation, notamment avec Toulouse et sait alors à quoi s’attendre et faire face. Cette arrivée, très espérée, en fait rêver plus d’un qui placent alors tous leurs espoirs sur un seul homme.  

Les Verts renouent alors un peu avec la victoire, mais des échecs face à Nantes, Lyon ou bien encore Lens les empêchent de souffler au classement. La fin de saison est catastrophique et le succès 2-1 lors de la 32ème journée face à Brest sera le dernier succès de l’équipe de la saison. Pour finir, les Verts doivent affronter l’AJ Auxerre, le barragiste de Ligue 2, pour jouer leur maintien. Au terme d’un match retour cauchemardesque (match aller 1-1) qui trouvera son issue lors d’une séance de penaltys remportée par les Auxerrois, l’AS Saint-Etienne est officiellement en Ligue 2. Un coup de massue sur le football français qui se voit alors perdre une des figures de son championnat, d’une bien triste manière.  

La révolte et la préparation.  

Lors du coup de sifflet final de cette ultime rencontre en Ligue 1, les vingt-deux joueurs sont évacués rapidement du terrain. En effet, le volcan du Chaudron explose. Les supporters envahissent le terrain, les stadiers impuissants face à une telle vague humaine ne peuvent qu’y assister. Des fumigènes craqués sont envoyés en direction du tunnel menant aux vestiaires, des chants contre la direction sont cantonnés avec une ardeur mélangée à l’épuisement de deux saisons décevantes. Dans la foulée, la communication stéphanoise réagit sur ses réseaux sociaux. Sur Twitter, le community manager poste un communiqué annonçant « des décisions qui seront prises très prochainement par la direction ». Mais la température ne baisse pas, après le stade, c’est la page officielle de l’ASSE qui est envahie par des supporters défoulant leur haine contre une direction qui ne semble pas accorder une telle importance à la situation.  

Officiellement en Ligue 2, l’AS Saint-Etienne doit tourner la page pour en écrire une nouvelle, celle de sa reconstruction. Cependant, celle-ci ne sera pas facile, loin de là. En juin 2022, la Ligue de football professionnel (LFP) annonce les sanctions accordées à Saint-Étienne suite aux graves débordements survenus après la relégation : six points de pénalité, dont trois avec sursis. Une pénalité s’appliquant pour la saison prochaine, de quoi commencer de la pire des manières sa première saison en Ligue 2 depuis 2004. S’en suit un mercato peu glorieux marqué surtout par le départ de cadres tels que Denis Bouanga (Los Angeles FC), Wahbi Khazri (Montpellier HSC) et Romain Hamouma (AC Ajaccio). En terme d’arrivées, le club a opté principalement pour des transferts gratuits et des prêts. Cette descente en division inférieure sonne également la fin de la courte histoire entre Pascal Dupraz et les Verts. L’ancien stéphanois Laurent Batlles devient alors son successeur, lui qui entraînait auparavant la réserve des Verts. À lui désormais la tâche complexe de redresser un club dans la difficulté moralement et sportivement.  

L’AS Saint-Étienne en Ligue 2 : le calvaire continue.  

L’autre coup dur avec celui des Verts durant cette saison 2021/2022, c’est la relégation des Girondins de Bordeaux en Ligue 2. Tout comme l’AS Saint-Étienne, le club de la Gironde est un autre monument du football français en grande difficulté sportive et économique. Néanmoins, à l’heure actuelle, Bordeaux s’en sort beaucoup mieux que son compatriote stéphanois. L’un se trouve à la deuxième place du championnat juste derrière Le Havre, l’autre est actuellement bon dernier du

championnat. Le début de saison stéphanois a été chaotique. Le club a tout d’abord eu du mal à se défaire de son malus de points puisque à la 5ème journée de championnat, l’ASSE comptait trois nuls et deux défaites, dont une écrasante face au Havre sur le score de 0-6. La première victoire est survenue face au SC Bastia (5-0) et un succès face aux Girondins (2-0) est venu confirmer cette première victoire, deux journées plus tard. Mais rapidement le club retombe et semble trop fragile même pour la division inférieure. Le club de la Loire tombe face à Guingamp (2-1), est tenu en échec face à Grenoble avant de retomber face Sochaux et Paris FC, successivement. Un léger succès 0-1 face à Amiens est venu couper ce début de série de défaites avant qu’une nouvelle recommence, après deux nouvelles défaites avant la trêve internationale, face à Metz et Rodez.  

Après ce mois de Coupe du Monde au Qatar, la Ligue 2 reprend du service en même temps que le Boxing Day en Angleterre et depuis, rien ne semble avoir changé du côté de Saint-Étienne. Malgré la nouvelle arrivée en provenance d’Auxerre qui se nomme Gaëtan Charbonnier, l’équipe se montre une nouvelle fois trop fébrile, fragile et peu combattante et s’incline face au promu Annecy sur le score de 2-1. Un triste cadeau de Noël offert aux supporters qui voient alors leur équipe compter sept points de retard sur la sortie de la zone rouge. En statistique, l’AS Saint-Étienne c’est huit défaites en seize matchs, et la défense Verte est la pire du championnat avec trente but concédés.  

Laurent Batlles ne semble pas trouver la solution pour réveiller et remotiver une équipe au plus bas sur tous les points. Les supporters s’impatientent et quand il y a un an ils craignaient une descente en Ligue 2, aujourd’hui c’est la descente en National qui les menace. Devons nous nous attendre au pire pour les Verts ? Ou est-ce que le début d’une nouvelle année marquera le début de la reconstruction ?