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Ces 4 clubs qui militent pour une cause bien précise

Allemagne

Ces 4 clubs qui militent pour une cause bien précise

Autour du monde, des métropoles ou des provinces, le quotidien de certains clubs sportifs n’est pas tout à fait égal à celui de leurs homologues. Idéalisme communautaire ou propagande « Anti- », ces clubs ont pour point commun une identité particulière développée au fil des années et des combats. Zoom sur ces institutions qui utilisent le football comme étendard d’un ras-le-bol ou d’un courant de pensée politique.

Si l’on devait interroger le président de l’un des clubs cités ci-dessous, il nous dirait surement, à juste titre et avec un brin de langue de bois que son club incarne plus qu’une identité footballistique, qu’il représente une identité communautaire, politique ou même écologique. Néanmoins, il fait bel et bien partie de l’univers populaire du football et, à travers son histoire, a toujours su coordonner sport et contact au travers de ses combats sociaux.

Pour simple comparaison, l’apparition des sponsors dans le football ne date pas d’hier mais représente une innovation exceptionnelle. En effet, l’exposition du football aujourd’hui représente une source de revenu incroyable pour les investisseurs du monde entier. Cette directive est détournée et appliquée à l’analogie même d’un club dont la principale source d’évocation ou d’intérêt est leur originalité.

FC Sankt Pauli, un combat « Antifasciste »

Ce modeste club de deuxième division allemande se démarque des autres de par un engagement militant unique qui dépasse la dimension footballistique. Ses supporters, les « bruns blanc », plus que présents, arborent fièrement leurs couleurs (T-Shirt noir frappé d’une tête de mort surmontant deux fémurs croisés qui rappelle le passé de la ville ayant longtemps accueilli les marins du monde entiers). Aujourd’hui la ville a bien changé mais il reste, dans le quartier de St. Pauli l’écho d’anecdotes de comptoir épiques et le goût de la mixité. Le club compterait presque 12 000 inscrits et pas moins de 290 associations de fans dans le monde entier, c’est bien pour ses valeurs qu’il attire tant. Des valeurs clairement et facilement identifiable, antifasciste, anti-homophobe et antisexisme. Une revendication qui ne se limite pas qu’aux mots puisque ces valeurs ont été inscrites dans les statuts. En 2002, une campagne publicitaire du magazine Maxim a même été retirée du stade Millerntor car jugée dégradante envers les femmes. Bien que le foot reste le sujet le plus discuté sur le forum du club, on constate régulièrement plusieurs conversations à propos de la politique ou de la vie courante.

Ces 4 clubs qui militent pour une cause bien précise

Il y a quelques temps, les supporters ont jetés des peluches sur la pelouse en fin de match. Une action pour les enfants hospitalisés.

On peut expliquer cet engouement par le sentiment d’appartenance qui rythme le quotidien mais qui peut également transcender la vie de la communauté et des individualités de part les combats sociaux menés par les supporters. Supporters qui, constatant un palmarès apathique et des résultat médiocre, se remettent régulièrement à l’image louable que renvoie le club et même si la politisation globale du sport n’est pas souhaitable, elle a parfois permis d’ouvrir la société à certains questionnements. Notamment outre-Rhin, où la mixité en championnat a participé à l’acceptation du multiculturalisme allemand, loin des clichés véhiculés par des groupuscules d’extrême-droite au casier judiciaire bien fourni. Pourtant, les combats de St. Pauli sont loin d’être terminés. En témoignent les récentes manifestations du mouvement Pegida pour « Patriotes Européens contre l’Islamisation de l’Occident« .

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« Dis le fort, dis le clairement. Les refugiés sont les bienvenus ici. »

Club Sportif Orion, le club communautaire franco-polonais

Créé dans les années 30 à Montceau-les-Mines, au cœur du bassin industriel de Saône-et-Loire, le Club Sportif Orion présente des traits bien spécifiques. Le club se démarque des « sociétés bourgeoises » parce qu’il réunit des migrants polonais pour qui le sport est une activité de loisir. Outre sa dimension populaire, il présente donc aussi une dimension communautaire forte qui perdure au-delà de la Seconde Guerre mondiale, associant tradition du pays d’origine et jeunesse montcellienne issue de l’immigration. Mais le club, qui recrute membres et supporters dans un périmètre géographique étroit, est au fil des générations de moins en moins un marqueur d’identité nationale, et devient dans les années soixante surtout un marqueur d’identité sociale, d’identité ouvrière. La commune de Montceau-les-Mines s’est imprégnée de ce communautarisme datant de l’entre deux guerres, des « petites Polognes » se créent donc.

Ces 4 clubs qui militent pour une cause bien précise

Le club n’a jamais pu accéder aux élites du football français.

Et si le quotidien des migrants s’organise naturellement autour du travail à la mine, ceux-ci manifestent également un goût prononcé pour les loisirs, notamment pour la pratique des sports. Les travailleurs polonais et leurs familles ne s’engagent pas dans les clubs sportifs montcelliens, pourtant nombreux, mais ils établissent leur propre réseau, et ceci dès leur arrivée. Les sociétés sportives polonaises, proposant des activités semblables à celles des associations françaises (gymnastique, tir, boxe, athlétisme), sont exclusivement fréquentées par la population migrante. Au cours des années trente, le réseau communautaire est dense puisqu’on dénombre une soixantaine de structures (groupements sportifs et culturels confondus). Le Club sportif Orion est une société marquée par la convivialité, presque familiale, dont les anciens joueurs gardent de bons souvenirs. Les dirigeants, en particulier les présidents successifs, participent activement à créer et entretenir cette ambiance chaleureuse. Ils tiennent un rôle majeur au sein du CS Orion, assurant son maintien et son développement. Selon Edouard Reklewski, joueur du club au cours des années cinquante et soixante : « Ils [les dirigeants] sacrifiaient la famille, ils sacrifiaient tout. […] Ils étaient là n’importe quand ». Quelques décennies plus tard, le club emblématique de la Saule n’a pas oublié les anciens, en effet, en Février dernier, le club a organisé, avant un match de district (NDLR : La division actuelle du club) une minute de silence en l’hommage à Michel Smierciak, d’origine polonaise, cet ancien joueur et sponsor du club est décédé à l’âge de 55 ans. Au Club Sportif d’Orion on n’oublie pas les anciens, ceux qui se sont battus et ont œuvrés pour le club.

Forest Green Rovers FC, « Vert tout vert »

Le plus vieux de ces clubs n’est autre que le Forest Green Rovers, le plus écolo aussi. C’est en effet tout récemment (2010) que l’écologiste et entrepreneur Dale Vince a racheté ce petit club anglais évoluant aujourd’hui en quatrième division, ce club, il l’a transformé au point qu’il devienne et soit officiellement gratifié du titre de club le plus « écolo d’Europe ». L’eau d’arrosage est presque intégralement recyclée, les frites sont vegan, la peinture garantie naturelle et l’énergie vient de panneaux solaires sur le toit des tribunes du stade du New Lawn. Ces engagements et la récente montée font du club Ouest-Anglais, un vrai pari d’avenir et d’ambitions.

Et des ambitions, ce n’est pas ce qu’il manque, l’équipe entrainée par le fils de Terry Cooper ( 22 sélections ) est en passe de réussir son pari : concilier sport et démarche écologique. Le déménagement dans un éco-parc avec incubateur à start-ups vertes déjà dessiné par le cabinet de Zaha Hadid, d’ici « Trois à quatre ans » en ai une, la volonté de Championship (D2) en ai une autre et comme le dit le président lui-même : « Message et réussite sportive sont indivisibles, le message a plus de poids si nous avons du succès sur le terrain. Nous avons une pelouse biologique mais cela ne sert à rien si elle n’est pas excellente. Ce serait même négatif ». Côté tribune certains regrette les « fish and chips » et tous s’accordent sur une chose : « Les sandwichs ne sont pas bon et, avec le lait de soja, le thé est affreux. Du coup on est obligé de boire de la bière. »

Le Spartak Lillois et un foot « populaire »

Financièrement, le petit frère du LOSC se porte lui, plutôt bien. En effet, comme indiqué en première page du site officiel du club des Hauts-de-France, cet Euro symbolique mensuel demandé à tous les nouveaux adhérents du club représente bien la philosophie et la mentalité du club ; Fraternelle et populaire, tel était, et toujours aujourd’hui, la devise phare du club. Pensé en 2010 par quelques étudiants de l’université Lille III, ce projet de club multisports est né d’esprits déçus du foot traditionnel, de sa pression et de ses dérives financières. Partant du principe que le sport devrait être accessible à tous, sans distinction de race, de sexe, ni d’argent, le Spartak lillois unit les fans de sport sous la même bannière de l’égalité sociale.

Ces 4 clubs qui militent pour une cause bien précise

La famille du Spartak réunie pour 1 Euro par mois.

Spécialiste de notre belle Ligue 1, supporter de l'objectivité, capable d'avis aussi tranchés que des tacles de Siaka Tiéné. Personnage un peu réac' sur les bords. Made in Bretagne.

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