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Jamais sans les IDS, ou le déni de réalité

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Jamais sans les IDS, ou le déni de réalité

Aujourd’hui s’est ouvert le procès des « IDS de Bollaert » au Tribunal de Béthune (Pas-de-Calais). 15 supporters sont mis en cause pour des incidents survenus en janvier dernier lors d’un déplacement au Havre. Avec 10 interdictions de déplacement sur 19 matchs joués à l’extérieur la saison passée, les supporters espèrent que ce procès braquera les projecteurs sur l’atmosphère nauséabonde qui entoure aujourd’hui le monde des ultras.

Rappel des faits : samedi 30 janvier 2016, à l’occasion d’un des chocs du Championnat de France de Ligue 2 (qui ne portait pas encore le nom d’une célèbre marque de pizza), les supporters Lensois se déplacent en masse au Stade Océane pour voir leurs protégés affronter l’équipe du Havre. Sur le terrain, c’est un match de haut de tableau entre deux équipes qui lorgnent sur la montée.

Dans un premier temps le déplacement est interdit, mais sous la pression conjointe des associations de supporters havraises et lensoises, la sous-préfecture de Seine-Maritime autorise bon gré mal gré le déplacement. Des deux côtés, les responsables d’association se mettent d’accord pour éviter les heurts.

A leur arrivée sur les coups de midi, les 1 200 supporters Sang & Or pensent pouvoir se diriger vers les bars près du stade pour y descendre un peu de houblon en attendant la purge de l’après-midi (on est en Ligue 2 quand même les gars), mais se retrouvent nez à nez avec une compagnie de CRS déjà présente sur les lieux. Les supporters étant acculés dans la zone d’attente, la tension monte très vite et des affrontements éclatent entre Lensois et CRS. Si seuls les présents peuvent savoir qui a provoqué l’autre, beaucoup de vidéos tournées sur le moment montrent le manque de sang-froid des forces de l’ordre. Résultat : après un match de tennis lacrymogènes-cannettes et des arrestations, les Lensois sont autorisés à pénétrer dans le stade seulement 10 minutes avant le coup d’envoi. La tension ne s’estompe pas au cours du match et les spectateurs voient voler les sièges de la moderne enceinte Normande.

Jamais sans les IDS, ou le déni de réalitéAu cours des semaines qui suivent, le club pointe du doigt les Red Tigers 94, principal groupe Lensois, et la fracture déjà grande entre le club et ses supporters continue de grandir. Pour les fans déjà exaspérés par la politique du club sous l’ère Mammadov, le procès fait par Gervais Martel en place publique est le coup de poignard de trop dans un dos qui a longtemps porté le club. Grèves des chants, tensions… la fin de saison se fait attendre.
Début juin, les 14 supporters identifiés lors du match au Havre, interdits de stade jusqu’au procès, doivent être jugés. Les avocats demandent immédiatement le report de l’audience, fixé au 7 septembre. Se met alors en place une campagne d’aide au financement des frais de justice pour les inculpés.

Sous l’impulsion des Red Tigers 94, une cagnotte leetchi est mise en place, des écharpes et t-shirts « Lens Fans » sont vendus pour une quinzaine d’euros à l’entrée du stade lors de la 2ème journée de Ligue 2, une partie (5€) du prix des cartes de membre est reversée dans cette cagnotte, etc. A noter que même si la plupart des inculpés appartiennent au groupe RT94 et que celui-ci compte le plus grand nombre de « cartés », ces actions sont à destination des tous les inculpés, cartés ou non. Une mobilisation de plus pour des groupes habitués à mettre en place des collectes tout au long de la saison, notamment le Noël des enfants.

Les Red Tigers soutiennent la CFA, à défaut de l’équipe fanion

Mais le plus frappant, c’est cette volonté de faire la lumière sur ce que les supporters voient comme une injustice. Depuis le début de saison, que ce soit dans l’antre de Bollaert ou à l’extérieur, les supporters multiplient les banderoles de « Soutien aux IDS » et les messages à destination de la LFP. Mais du côté des diffuseurs, les consignes sont strictes : hors de question de diffuser les messages écrits dans les tribunes, ou au moins essayer de limiter le temps de diffusion (le kop étant en face des caméras).

Le problème de ces actions et de leur impact dans le temps, c’est clairement la double fracture qui s’opère. Tout d’abord entre une partie des abonnés et la direction du club qui n’entend plus les soutenir comme elle le faisait depuis une vingtaine d’année. Gervais Martel et son entourage semblent vouloir lisser l’image du club pour rassurer les nouveaux investisseurs, mais aussi éviter de casser le capital sympathie des supporters, sur lequel bon nombre de décisions récentes ont pesé (à la DNCG ou la FFF notamment). D’autre part, la cassure la plus dangereuse s’immisce au sein même des tribunes Lensoises : pour vulgariser, une partie des supporters, notamment les moins réguliers au stade (sans être péjoratif) ne soutiennent pas la frange ultra du club qui ternirait l’image des supporters, au point de tenter de braver les grèves de chant en fin de saison dernière.

Après le fiasco sécuritaire de l’Euro 2016, la décision les concernant est attendue par bien plus d’amateurs de football que les simples supporters Sang & Or.

Quand je ne suis pas penché sur des stratégies marketing, j'écoute Pierre Bachelet dans mon jogging Sang & Or, la 8.6 pour seul allié. Mon père c'est Van Bommel, ma mère c'est Cyril Rool, du coup je voue un culte au tacle à la gorge.

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