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Tour d’Europe : le Bayern et la Juventus, comme des champions

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Tour d’Europe : le Bayern et la Juventus, comme des champions

Week-end intense où la Juventus, le Barça et le Bayern ont fait forte impression. On se pose aussi des questions sur Pogba et Benzema, tout en saluant Lacazette, Chiesa et Werner.

Doit-on regretter le Benzema buteur ?

Face à Las Palmas, Benzema portait le brassard de capitaine au sein d’un Real Madrid remanié, sans Sergio Ramos, Marcelo ou Cristiano Ronaldo. Le Français, buteur sur penalty, a réalisé un bon match dans le jeu, participant comme à son habitude aux combinaisons offensives de son équipe, et se déplaçant sur tout le front de l’attaque – voire du milieu de terrain adverse – pour proposer des solutions. Si on aime cet aspect de son jeu, il a manqué de cet instinct de tueur à 2 occasions, en servant Bale, d’une passe trop appuyée qui plus est, alors qu’il pouvait négocier son face-à-face d’une balle piquée facile pour un joueur de son niveau, puis quelques minutes plus tard en tirant sur le gardien à la réception d’un centre, alors que le but était assez ouvert. Altruiste, Benzema l’a toujours été à Madrid, où il partage la lumière de l’attaque avec Ronaldo et Bale. Mais on aimerait parfois revoir l’obstiné du but qu’il était à ses débuts à Lyon.

Fort contre les faibles, faible contre les forts ?

Manchester United a pu compter sur un excellent Pogba ce week-end. Le Français, qui aurait pu être double passeur décisif avec un peu plus de justesse dans le dernier geste de Mata et Lukaku, a rendu une copie très propre, en jouant simple et en faisant parler sa belle qualité de passes, face à Swansea. Les détracteurs vont pouvoir se régaler : le Red Devil, également en vue face à la Russie avec l’équipe de France, n’aurait la capacité de briller uniquement face aux formations plus faibles que celle dans laquelle il évolue, et ne parviendrait pas à se faire violence quand l’adversité augmente. C’est peut-être vrai, mais cela s’applique pour 90% des joueurs, et c’est difficile à juger tant il n’existe pas pléthore d’équipes plus fortes que Manchester United ou la France… Soyons donc un peu plus positifs dans notre manière de voir les choses, oublions cette insupportable mise en scène constante du joueur en dehors des terrains, et délectons-nous de son talent. Car l’exigence que le public montre envers lui n’est qu’une réponse aux énormes attentes qu’il suscite.

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Les matches du week-end

Quand le Bayern accueille Dortmund, que beaucoup considèrent comme son rival le plus fort, le champion en titre ne se laisse pas intimider et en profite pour montrer les muscles : James, Müller, Ribéry, Robben et Lewandowski étaient tous titulaires, dans un onze résolument offensif et ambitieux. Le Borussia a subi une véritable correction, surtout en première mi-temps où les stars bavaroises ont pris beaucoup de plaisir. Sur le quintet de devant, seul Robben n’a pas marqué. Ribéry a retrouvé ses jambes de 20 ans et a signé un but dans un finish qui lui appartient, James a régalé par sa science du jeu, Lewandowski était affamé et se jetait en opportuniste sur tous les ballons, tandis que Müller élève son niveau de jeu au fur et à mesure que la Coupe du monde se rapproche. Oui, on aimerait un match plus équilibré. Mais oui, on s’est régalé devant les prouesses du Bayern, magnifiques de précision technique durant 45 minutes.

L’AC Milan n’est pas encore assez mûr pour (re)devenir un prétendant au titre en Série A. Briller face à la Juventus reste néanmoins un moyen de montrer la légitimité des ambitions de ce nouveau projet. Ainsi, alors que Dybala ouvre le score sur une action anodine au départ, les Rossoneri n’ont rien lâché, et ont poussé jusqu’à l’égalisation de Bonucci. Difficile de faire plus fort dans le scénario, avec le but du « traître » contre son ancien club. Les Lombards ont poussé, montré de belles choses, et méritaient sans doute de mettre le but du 2-1. Mais ils n’ont pas réussi là où la Juventus a, comme à son habitude, mis le coup de poignard au meilleur moment, via Cuadrado. Khedira n’avait plus qu’à finir pour nous rappeler à tous que la Vieille Dame était composée d’un effectif de champions.

L’affiche entre Séville et le FC Barcelone opposait, mine de rien, 2 équipes qualifiées pour les quarts de finale de la Ligue des champions. Le spectacle a été au rendez-vous, avec un match de toute beauté des Andalous, qui ont malmené les Catalans comme rarement cette saison. Alors qu’ils menaient de 2 buts, on pensait même les voir l’emporter face à cette formation amputée de Messi au coup d’envoi. Mais Jesus Navas, qui a une invraisemblable balle de 3-0, fait n’importe quoi. Et même si Séville rate plusieurs occasions par la suite, il peut s’en vouloir, puisque le Barça mettra 2 minutes pour égaliser, en toute fin de match, d’abord par Suarez, opportuniste sur corner, puis par Messi, qui est encore plus clutch que ne pouvait l’être Kobe Bryant.

En Angleterre, le choc du week-end opposait Chelsea à Tottenham. La rencontre a tenu toutes ses promesses en termes de spectacle. Malheureusement pour lui, Lloris se distingue de mauvaise façon en partant complètement en vrille sur une sortie aérienne : Morata ouvre le score dans des buts désertés. Mais le portier français peut compter sur une sacrée équipe, et en particulier sur 2 joueurs plus talentueux que la moyenne que sont Eriksen et Dele. Le Danois égalise juste avant la mi-temps, soit au meilleur des moments, d’une terrible frappe lointaine qui monte et redescend très vite, telle une « feuille morte » de Tsubasa. L’Anglais va encore plus loin, en réalisant un enchaînement merveilleux sur une longue ouverture, entre un contrôle parfait en pleine course et une finition d’orfèvre. Les Spurs ont fait le plus dur, et finissent par remporter un match plaisant, et ô combien primordial pour la qualification à la prochaine Ligue des champions, le tout en ayant laissé Kane sur le banc pendant 75 minutes.

Ce qu’on a retenu du week-end

  • Face à Fribourg, Schalke a pu compter sur un énorme Embolo, omniprésent et beaucoup trop mobile pour la défense adverse. Le club de Gelsenkirchen dispose d’une belle jeunesse avec Harit, Meyer, Bentaleb et le futur partant Goreztka.
  • La combinaison entre le solide Benteke et le rapide Zaha pour obtenir le penalty contre Liverpool est tellement classique qu’elle nous ferait presque sourire. Ce ne sera pas suffisant pour Crystal Palace, finalement tombé dans les dernières minutes sur un but de Salah, encore et toujours lui. L’Egyptien a même fait parler de lui sur le terrain… politique !

  • Gérone qui affronte Levante, ce n’est pas le match le plus sexy de Liga. Pourtant, on a eu droit à un missile de loin, et d’un but plein de sang-froid après avoir éliminé le gardien.
  • Face à Crotone, Chiesa a confirmé qu’il était prometteur, en signant un but de toute beauté. Le prodige de la Fiorentina se balade dans la surface, avec un déplacement et une frappe parfaite pour conclure ce joli une-deux.

  • Quelle lucidité de Kenedy ! Alors qu’il récupère le ballon et fait face au gardien d’Huddersfield, le joueur de Newcastle fixe intelligemment et sert son coéquipier plutôt que de prendre une décision hâtive. On adore.
  • Joli sang-froid de Mendez, qui assure tranquillement sa volée du plat du pied, pour l’égalisation du Celta Vigo face à l’Athletic Bilbao. Ce n’est pas donné à tout le monde d’être aussi lucide dans les arrêts de jeu.
  • C’est difficile à croire quand on regarde le score final, mais Benevento a bien mené au score face à la Lazio. La différence de niveau, et la supériorité numérique laziale ont néanmoins fait parler d’elles, et Immobile en a profité pour consolider un peu plus son record personnel sur une saison en Série A.

  • La différence de niveau entre Hoffenheim et Cologne s’est clairement fait sentir. Gnarby et Uth sont bien trop forts pour être contenus par cette équipe.
  • On ne sait toujours pas dire quelle mouche a piqué Holebas, mais cette main (ou plutôt ce smash) pour envoyer le ballon en corner alors que l’attaquant adverse était de toute façon dans un angle fermé, est assez incompréhensible. Watford avait le match en main face à Bournemouth, et peut s’en vouloir.

  • La défense de Vérone savait qu’il fallait le surveiller, comme tout le monde, mais rien n’y fait : Icardi a réussi à leur échapper pour un doublé. Le capitaine de l’Inter Milan est toujours aussi efficace, et ses déplacements sont à montrer à tout attaquant en herbe.
  • Face à Hanovre, Leipzig n’a pas forcément brillé défensivement, mais s’est fait plaisir offensivement. Werner, double passeur décisif, a été un véritable poison pour la défense adverse, débordée par son incessante mobilité.

  • Même si Arnautovic a claqué un doublé, l’homme du match pour West Ham est Kouyaté, qui a mis au supplice Southampton par ses projections tout en puissance.
  • Même si Dzeko sauve les meubles, la Roma peut s’estimer perdante face à Bologne, qui marque sur une action litigieuse.

  • Les gardiens ont fait la différence : celui du Werder a réalisé plusieurs parades de grande classe, là où celui de Francfort a fait une boulette fatale. Dommage pour l’Eintracht car Boateng était inspiré.
  • Un jeune talent, bien encadré, devient forcément un grand joueur. C’est la route que semble suivre Sané sous les ordres de Guardiola, comme avant lui Busquets ou Kimmich. L’Allemand a encore été à la fête avec Manchester City, foudroyant Everton d’une belle volée pour l’ouverture du score, avant d’être à l’origine de l’action du second but, qu’il initie après un coup du sombrero. Et même si on sait que le football fiction est inutile, on ne peut s’empêcher de se demander ce que donneraient Martial ou Rashford sous les ordres de Pep.

  • Le plus beau but du week-end en Premier League peut être marqué par un joueur de Burnley, en l’occurrence Barnes, qui réussit un geste acrobatique loin d’être évident, avec le ballon qui arrive trop derrière lui.
  • Oui, il y a bien un contact avec le gardien de Villarreal. Mais on ne peut s’empêcher de penser que Rolan aurait mieux fait de redresser sa course pour marquer dans le but vide, plutôt que de tomber pour obtenir son penalty. Même si notre vision romantique ne sera pas partagée par les pragmatiques qui diront que l’attaquant de Malaga a fait ce qu’il fallait.
  • Arsenal a galéré mais a fini par faire la différence face à Stoke City, en partie grâce à la bonne entrée en jeu de Lacazette. Tout n’était pas parfait, mais ces quelques minutes ont prouvé que le Français pouvait jouer en combinaison avec Aubameyang.

Il a fêté son anniversaire ce week-end

Aujourd’hui entraîneur de La Corogne, Seedorf est aussi et avant tout un ancien joueur qui a marqué l’histoire du football par sa longévité et sa régularité. Son palmarès est éloquent, puisqu’il a réussi à gagner 4 fois la Ligue des champions, avec 3 clubs différents, et pas n’importe lesquels : l’Ajax Amsterdam, le Real Madrid et l’AC Milan. Le Néerlandais était un des joueurs les plus complets de ces 25 dernières années, puisqu’il savait tout faire. Excellent à la récupération et dans la distribution, il pouvait également dégainer de – très – loin, comme en témoigne son but avec le Real Madrid en 1997. Sa campagne de Ligue des champions en 2007, avec un récital face au Bayern Munich à l’aller comme au retour, reste forcément dans les mémoires des fans milanais aujourd’hui encore.

Pour les nostalgiques, Seedorf est surtout un des symboles d’une époque révolue où l’AC Milan était un cador européen, digne de son standing de club ayant gagné le plus de fois la C1 derrière le Real Madrid. C’est aussi une époque où les Pays-Bas pouvaient aligner une des plus belles équipes que le football ait connu, avec van der Sar, Stam, les frères de Boer, Davids, Overmars, Kluivert, Bergkamp, puis plus tard, van Nistelrooy, Sneijder, van Bommel, van Persie ou Robben… Oui, Seedorf représentait à la fois un club mythique et une sélection folle, disparus des radars pour notre plus grand désarroi.

P.S : il est né le même jour qu’Arrigo Sacchi et Alberto Zaccheroni. On lui souhaite de devenir un aussi grand entraîneur. Dommage que ses joueurs ne lui aient pas offert la victoire face à l’Atlético.

Amoureux du beau jeu, je suis un épicurien qui cherche avant tout à voir de beaux moments de football. Mon avis n’engage que moi.

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