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Tour d’Europe : la Juventus sacrée, Salah pour un nouveau record

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Tour d’Europe : la Juventus sacrée, Salah pour un nouveau record

La fin des championnats européens approche, et les adieux qui vont avec aussi. Ainsi, les hommages ont été forts pour Kiessling, Carrick et Xabi Prieto. Les joueurs passent mais une chose ne change pas : la Juventus gagne toujours en Italie. On a également vu du beau jeu à Cologne ou à Crystal Palace, et de la folie pour Tottenham et le Barça.

Les matches du week-end

Après 12 ans de bons et loyaux services au Leverkusen, Kiessling a eu droit à un sacré pot de départ. L’Allemand, qui a réussi l’exploit de marquer un but sur un tir non cadré (les suiveurs de la Bundesliga s’en souviennent) a vu ses fans lui dresser un énorme tifo, et ses coéquipiers livrer un match prolifique face à Hanovre. Alario, auteur d’un doublé sur une belle volée et sur un duel gagné face au gardien, et Brandt, auteur du 3-0, pensaient bien qualifier leur équipe en Ligue des champions, mais le Bayer, qui devait encore marquer 2 fois, en a pris 2 en fin de match. Pas de Ligue des champions, mais un gros spectacle pour dire adieu à un fidèle serviteur du club.

Plus fou encore, le match entre Tottenham et Leicester pourrait devenir un classique qu’on regarde tous les 3-4 ans. Leicester a frappé fort avec Vardy, Mahrez mais surtout Iheanacho qui a explosé la lucarne de Lloris. 3-1, on pense alors que les Spurs ont pris un gros coup au moral, mais l’improbable Lamela va mettre un doublé et provoquer un but contre son camp pour donner l’avantage aux siens. Sauf qu’en face, il y a l’artiste Mahrez et le buteur Vardy : passe dans un timing parfait pour le premier, frappe du gauche à angle fermé sous la barre pour le second, et tout est à refaire dans ce match déjà complètement fou. Mais s’il fallait que quelqu’un puisse conclure, c’était forcément Kane. L’Anglais a mis son adversaire direct dans le vent d’une subtile feinte de frappe, avant d’enrouler et donner la victoire aux siens.

C’est terrible de perdre un match durant lequel on a mis 3 buts. Coutinho l’a vécu, et a eu le malheur de le faire avec un FC Barcelone très favori face à Levante. Mais le champion de cette saison ne s’est réveillé qu’à une demi-heure de la fin, alors que le score était déjà de… 5-1 ! Deux héros inattendus avaient déjà scellé le sort du match. Boateng a surpris tout le monde d’un triplé irrésistible, avec notamment une volée réflexe, un but où il se joue du gardien avant de dompter physiquement Semedo, et un face-à-face remporté. Bardhi a été tout aussi surprenant avec son doublé. La défense du Barça n’est pas irréprochable, avec une incapacité sidérante à jouer le hors-jeu correctement. C’est le résultat le plus fou du week-end. Les Catalans ne finiront pas la Liga invaincus. Tout ça s’est passé sans Messi…

Les joueurs du week-end

Ronaldo, Henry, van Nistelrooy, Suarez ou Shearer n’ont jamais réussi à marquer 32 fois en une saison de Premier League. C’est chose faite pour Salah, auteur d’un bon match face à Brighton et d’une nouvelle réalisation. L’Egyptien aurait même pu doubler la mise sur un service de Mané. Il se consolera avec une passe décisive, et un record aussi prestigieux qu’inattendu.

Martinez et surtout Xabi Prieto faisaient leurs adieux au public de la Sociedad. La victoire spectaculaire face à Leganés a permis à tout ce beau monde de garder le sourire. Le club a vu grand pour son emblématique capitaine, dont le portrait a remplacé l’écusson de la Real sur le maillot des joueurs. Joli geste pour un joueur qui a passé 15 ans et disputé plus de 530 matches avec le même maillot.

Mais pourquoi Everton l’a laissé partir, même en prêt ? On l’a déjà dit : quand Leipzig s’intéresse à un jeune joueur de votre club, gardez-le et donnez-lui du temps de jeu, cela prouve qu’il a du potentiel. Lookman, détonnant depuis son arrivée en Allemagne, a encore laissé éclater son talent, cette fois face au Hertha Berlin contre qui l’Anglais a planté un doublé dont un bijou de frappe enroulée, et délivré une passe décisive. Le RB en profite pour filer un set de tennis au club de la capitale, avec un Augustin également double buteur, et qui soigne minutieusement chaque célébration.

Certes, il bénéficie d’un travail énorme de Brignola qui traverse tout le terrain avant de lui donner la balle. Mais Diabaté n’a laissé aucune chance au gardien du Genoa en envoyant une mine sous la barre. Le buteur de Benevento, auteur de 8 buts en 10 matches (et 6 titularisations) en Série A, montre que son dernier passage à Metz n’était pas juste un hasard. Pas beau à voir jouer, pas assez médiatique, pas glamour ? Peut-être. Mais son efficacité devrait lui assurer au moins une place dans un club de milieu de tableau d’un grand championnat européen.

Hector est vraiment un chic type. Le latéral, international allemand, a juré fidélité à Cologne malgré la descente en deuxième division, et régale le public par ses buts venus d’ailleurs. Ainsi, lors de la déroute des siens face à Wolfsburg, il a réussi un contrôle orienté en pivot magnifique pour passer entre 2 défenseurs adverses, avant de conclure par une balle piquée en angle fermé. Du très grand art.

Pour sa dernière en Premier League, Carrick a tenu à laisser un bon souvenir à Old Trafford, qui accueillait Watford. Ainsi, le vétéran a envoyé Mata en orbite d’une ouverture sublime, laissant l’Espagnol faire parler sa qualité technique pour contrôler et et donner un caviar à Rashford. Cette action représente bien le jeu du premier Regista à réussir en Angleterre, où le rythme des matches ne laisse normalement pas la place à la réflexion. Après 12 ans de bons et loyaux services, Carrick s’en va en tant que relique d’un football révolu. Pour recevoir l’ovation du public, il a été remplacé en fin de match par Pogba. Espérons pour le Français qu’il puisse durablement prendre place, et laisser la même position aux yeux des fans.

Ce qu’on retient du week-end

  • Hambourg va être relégué pour la première fois de son histoire. Seul club à avoir disputé chaque saison de Bundesliga depuis sa création, le Dinosaure du football allemand descend malgré une victoire face à Gladbach acquise avec un certain panache. A noter le joli but de Drmic, plein de lucidité.

  • Lanzini et Arnautovic ont porté West Ham face à Everton, comme ils l’ont trop rarement fait cette saison. A noter également le joli enchaînement de Niasse pour le but des Toffees.
  • L’Atlético a eu très chaud face à Getafe. Si Koke a profité d’une belle passe de Griezmann pour marquer (contrairement à Diego Costa que le Français a envoyé au duel avec le gardien adverse), la maladresse de Torres et l’égoïsme de Gameiro ont failli coûté cher avec plusieurs situations dangereuses en fin de match. A noter également le penalty repoussé par Oblak.

  • C’est presque incroyable de voir cet Inter, si peu solide, fébrile à chaque accélération de Sassuolo. Berardi en a profité pour inscrire un bijou.
  • Joli dauphin du Bayern, Schalke a fini la saison par une victoire face à Francfort, grâce à l’inévitable Burgstaller. S’il ne marque pas autant que Lewandowski, il a tout de même le chic pour mettre des buts qui rapportent des points. Dommage que cette équipe perde Goretzka et Meyer…
  • Si le score reflétait le nombre d’occasions franches concédées, Arsenal repartait d’Huddersfield avec une valise. Mais les Gunners, profitant de la maladresse adverse, repartent à Londres avec 3 points. Aubameyang a conclu une belle action collective, durant laquelle Lacazette a de nouveau prouvé sa faculté à combiner.

  • A l’origine du but d’Eibar face à Las Palmas, on retiendra l’ouverture lumineuse d’Inui, qui a emprunté l’espace d’une action la vista d’Iniesta.
  • Mal embarqué face à Spal, le Torino a pu compter sur Belotti en forme pour l’emporter. Avec un but et une passe décisive, l’Italien a été décisif comme trop rarement cette saison.

  • Si Donis a réalisé un énorme match, avec des grands ponts qui ont abouti sur une passe décisive et un but, c’est bien collectivement que Stuttgart a été supérieur au Bayern, qui jouait à moitié. Déjà décrié par ses propres fans, Thiago ne s’est pas aidé avec quelques mauvais choix et des pertes de balle inexplicables. L’Espagnol est bien loin du niveau qu’il affichait la saison dernière.
  • Remontant le terrain à toute vitesse sans être attaqué, Vietto en a profité pour nettoyer la lucarne de Gérone et d’offrir de la victoire à Valence.
  • Le jour où Sergej quittera la Lazio, la relève sera difficile. Car le Serbe est toujours là pour tirer les siens d’un mauvais pas, comme face à Crotone. Son enchaînement contrôle dans la surface-frappe immédiate n’est pas particulièrement spectaculaire, mais c’est techniquement impeccable.
  • Hoffenheim, qui avait l’occasion de se qualifier pour la prochaine Ligue des champions, n’a pas manqué sa finale face à Dortmund, doublé lors de cette dernière journée. Le niveau de jeu de Bürki, qui a réalisé plusieurs bourdes cette saison, est assez préoccupant pour le Borussia. Un peu moins pour la Suisse qui peut compter sur Sommer ou Hitz.

https://twitter.com/_PoTaToW/status/995305287694323712

  • C’est un football de rêve qu’a proposé Crystal Palace face à WBA. Les buts résultent d’actions collectives parfaites, qui débordent complètement l’adversaire. A noter la super passe de Sakho qui casse les lignes et déclenche l’ouverture du score.
  • C’est une saison à oublier pour Bilbao, défait à Alavés et encore une fois médiocre. Même le prometteur Arrizabalaga a craqué en offrant un but gag à Guidetti. Rien à dire par contre sur le coup franc parfait de Munir.
  • C’est un véritable bijou que Giaccherini a inscrit pour égaliser face à Bologne. Sa volée était parfaitement réalisée, et n’a laissé aucune chance au gardien adverse. Le Chievo finira même par l’emporter.

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  • Joli derby andalou entre les 2 clubs de Séville, soldé sur un match nul. On n’a toujours pas compris le but de Ben Yedder, qui trébuche dans la surface, touche le ballon des fesses, veut la remettre en retrait et finalement se retrouve à conclure seul suite à un cafouillage.
  • Bien que relégué avec Stoke City, Crouch continue à repousser les limites du record de buts marqués de la tête en Premier League. Le géant a encore sévi, face à Swansea. A noter également le but magnifique, en lob, de son coéquipier Ndiaye.

  • Castillejo a signé une belle performance, matérialisée par un doublé, face à La Corogne. Le numéro 10 de Villarreal a d’abord marqué un but à la Robben, avant de partir dans le dos de la défense et d’éliminer le gardien galicien sur sa première touche de balle, lors de son second but.
  • Dans des conditions très difficiles en raison de la pluie battante, l’Atalanta et l’AC Milan ont réussi à proposer un match plutôt emballant, malgré un carton rouge des 2 côtés. Cela n’a pas empêché Kessié de marquer d’une frappe rasante face à son ancienne formation. L’égalisation de Bergame a été cruelle car tardive, mais elle récompense les bonnes intentions de l’Atalanta, qui n’a cessé d’aller de l’avant.

  • Oui, le but de Gabriel Jesus est fabuleux, avec un contrôle parfait et un lob plein de sang-froid. Mais Southampton, qui a démarré idéalement, et s’est procuré une occasion monstrueuse via Tadic qui joue avec le gardien avant de voir Fernandinho sauver sur sa ligne, méritait mieux. L’histoire retiendra que City atteint la barre des 100 points, un véritable exploit.
  • Le Celta Vigo n’est pas un cador, mais c’est normalement une équipe coriace. Pas pour le Real Madrid qui n’en a fait qu’une bouchée, avec de nombreuses satisfactions. Kroos et Modric ont dicté leur tempo, le Croate lançant énormément de bons mouvements. Achraf a montré son talent offensif, touchant plus de ballons dans les 30 derniers mètres adverses que dans les siens. Et Bale a montré sur son second but que même si son physique ne lui permet pas de jouer une saison entière, il reste un joueur de classe mondiale. Cela fait quand même 15 buts pour lui en Liga, ça reste monstrueux, surtout quand on voit son temps de jeu et qu’on tient compte du fait qu’il n’est pas avant-centre.

  • Moins tragique que celle de Gerrard, c’est bien une glissade qui a permis à Bournemouth de s’imposer sur la pelouse de Burnley. Defoe en a profité pour s’échapper et offrir la balle de match à Wilson.
  • Son physique l’empêche de s’exprimer dans la durée. Dommage, car Milik est un sacré attaquant, comme il l’a prouvé dès son entrée en jeu face à la Sampdoria avec une belle frappe pleine lucarne. Naples doit apprendre à gérer son Polonais pour en tirer le meilleur.

  • Chelsea a pris l’eau face à Newcastle, sans même mettre en danger les Magpies. Les Blues, champions la saison dernière, devront se contenter d’une qualification en Europa League.
  • La Juventus est venu chercher à Rome le point qui lui assurait un nouveau titre de champion. Sans être géniale, la Vieille Dame a fait en sorte de ne jamais être significativement en danger, avec beaucoup de sérénité. Tout l’inverse de Nainggolan qui se fait expulser logiquement pour un tacle tout à fait évitable sur Dybala.

Il a fêté son anniversaire ce week-end

Manchester City a gagné la Premier League cette saison, avec Guardiola aux manettes, et un total de 100 points. Si on vous avait dit en 2010 que cela arriverait, vous n’y auriez jamais cru. Car malgré l’arrivée des investisseurs venus de l’EAU, l’équipe n’était pas flamboyante : quelques internationaux ou proches du groupe anglais, qui ne sont pas non plus cadres de la sélection (Barry, Milner, Wright-Phillips, Lescott), deux défenseurs prometteurs (Kompany et Richards) et un leader offensif, Tevez, qui n’en fait un peu qu’à sa tête. Bref, c’était un beau bordel, capable du meilleur comme du pire, jusqu’à l’arrivée conjointe de Yaya Youré et David Silva.

Si l’apport de Silva a également été énorme, c’est pourtant l’Ivoirien qui devient le chef de cette formation, celui qui montre l’exemple sur le terrain et à qui on peut se fier. Déjà très fort à Barcelone, Yaya devient un des meilleurs joueurs à évoluer dans l’entrejeu en Europe, avec un profil hybride où il peut exceller en 6, 8 et 10. Puissant, technique, il bénéficie en plus d’une belle adresse dans le dernier geste, notamment lors de la saison 13-14 où City gagne la Premier League et qu’il affiche 20 pions en championnat. Fidèle malgré les sollicitations logiques, Touré va tourner la page après 8 ans de ballons récupérés, bonifiés ou envoyés en lucarne. Son départ dans l’indifférence, surtout quand on voit les hommages rendus à Kiessling, Carrick ou Xabi Prieto, n’est pas représentatif de son apport dans l’ère moderne des Citizens. Avec Kompany, Silva et Agüero, il a été l’un des membres les plus influents du groupe mancunien pendant plusieurs saisons.

Amoureux du beau jeu, je suis un épicurien qui cherche avant tout à voir de beaux moments de football. Mon avis n’engage que moi.

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