Ce week-end, on a regardé le FC Barcelone pour observer Griezmann, juste avant la trêve internationale. On s’est aussi régalé devant le choc entre Dortmund et le Bayern. Enfin, on salue l’impact de Bruno Fernandes, le triplé de Mkhitaryan, l’évolution de Félix, le caractère de Zlatan, et la folie de Kruse. 

Du mieux pour Griezmann

Match observé : FC Barcelone 5-2 Real Betis

Il y a d’abord les chiffres : un passe décisive et un but, qui pourraient faire croire à un match particulièrement abouti de Griezmann. Il y a ensuite cette folle impression, à la pause, que rien ne marche pour le Français au Barça. Alors que les Catalans étaient disposés en 4-4-2 en phase défensive, Griezmann occupant la première ligne de pressing aux côtés de Fati, le 3-4-1-2 en phase offensive lui laissait toute la latitude du monde pour s’exprimer. Positionné derrière Dembélé à droite et Fati à gauche, l’Espagnol plongeant parfaitement dans l’axe quand le jeu le demandait, Griezmann n’avait pas l’excuse de l’ombre de Messi pour rater sa première période. Entre ses déplacements réussis entre les lignes, et sa passe décisive pour Dembélé, il y a eu du positif. Malheureusement, ses quelques pertes de balles dos aux buts, ses 2 incroyables occasions ratées alors qu’il avait tout le temps pour armer et cadrer, ajoutées à son penalty repoussé par Bravo, lui donnait des airs de coupable idéal quand le Real Betis égalisait en toute fin de première période : le numéro 7 avait eu plusieurs occasion de faire le break et d’éviter à son équipe de gamberger à la pause.

En seconde période, c’est l’entrée en jeu de Messi qui lui a permis de retrouver des couleurs. Sur le but de Griezmann, la feinte de corps de l’Argentin est une inspiration géniale. En bonne intelligence, les 2 joueurs vont tour à tour échanger de rôle, occupant le rôle de numéro 10 (demi-espace droit, le demi-espace gauche étant occupé par Pedri) et le rôle d’attaquant de pointe. Plus libre, mieux dans ses baskets, Griezmann a joué plus relâché, cherchant peut-être parfois trop Messi pour lui rendre la pareille, puisqu’on peut vraiment considérer, même s’il n’a pas touché le ballon, que l’Argentin lui a offert son but. Même si tout n’était pas parfait, l’ancien champion de l’Atlético pouvait laisser sa place dans le dernier quart d’heure à Braithwaite avec le sourire : enchaîner ce type de prestations, notamment en seconde période, devrait lui permettre de trouver ENFIN sa place dans cette équipe.

Un choc vraiment plaisant

Match observé : Borussia Dortmund 2-3 Bayern Munich

Ce choc au sommet entre Dortmund et le Bayern Munich promettait beaucoup, et il n’a pas déçu : spectacle, intensité, suspense, tous les ingrédients d’un excellent match de football étaient réunis. Il est difficile de se focaliser seulement sur quelques points, tant il y a d’infos à retenir, et on s’excuse de ne pas parler plus en longueur de Hernandez, Coman et Gnabry, qui ont notamment maltraité le pauvre Meunier. A la place, on évoquera le rôle ingrat de Goretzka au milieu. L’Allemand, pourtant habitué ces derniers temps à évoluer haut pour marquer, était étrangement utilisé pour couvrir les projections dans la surface de son coéquipier Kimmich, certes capable de tout faire, y compris marquer, mais moins prolifique dans ce domaine que son partenaire. Plusieurs fois, Goretzka a parfaitement rempli son rôle de muraille pour annihiler les contre-attaques de Dortmund, ratissant le terrain en large, dans un aspect très (trop?) défensif qui ne met pas en valeur sa finition. La sortie de Kimmich sur blessure, remplacé par Tolisso, n’a pas changé la donne, puisque l’Allemand a continué dans son rôle de 6, laissant le rôle de 8 au Français. A noter que Kimmich se blesse sur une faute d’anti-jeu qu’il fait subir à Haaland, qui n’arrête même pas sa course, tant la différence de puissance entre les 2 joueurs est incroyable

Si on ne regarde pas trop les matches, la façon dont Favre peut être remis en cause à Dortmund peut surprendre. Plus que les résultats globalement positifs, c’est la façon parfois incompréhensible dont joue le Borussia qui irrite les observateurs. Cela n’a pas été le cas sur ce match, puisque malgré la défaite, la façon de jouer était facile à comprendre et plutôt logique face à un adversaire qui joue si haut : jouer en contre-attaques, éviter le centre (couvert par Goretzka) et passer plutôt côté gauche pour profiter de la vitesse de Reyna (souvent touché en bonne position en première période) et de Guerreiro pour déséquilibrer un duo Sarr-Boateng moins véloce et agressif que son pendant Hernandez-Alaba. Ainsi, il n’est pas surprenant de voir Guerreiro finir avec 2 passes décisives. Le Portugais est sans doute le joueur qui a le plus brillé au sein de son équipe, malgré le but d’Haaland. Le prodigieux attaquant a été judicieux dans ses déplacements, faisant parler sa puissance et sa vitesse pour rattraper une conduite de balle parfois imparfaite. Malheureusement, il a manqué de précision, là où Lewandowski a été clinique, même si le Polonais a vu 2 buts lui être refusés. Dans sa quête d’être le buteur ultime, Haaland doit être plus décisif dans ces matchs, même s’il convient de rappeler son jeune âge. Prometteur mais encore trop juste, à l’image de ce Dortmund séduisant mais vaincu par l’impitoyable champion d’Europe et d’Allemagne.

Et sinon

  • Déjà auteur d’un doublé face à Everton, le second but étant certes involontaire, Bruno Fernandes a signé une passe décisive merveilleuse pour Cavani. Le meneur de jeu de Manchester United fixe le défenseur adverse à merveille, jusqu’à ce que celui-ci change d’appuis et ne puisse pas revenir sur Cavani. Ce n’est pas forcément difficile à faire techniquement, mais l’intelligence de jeu de cette action mérite d’être soulignée.

  • Cela ne consolera pas les fans de l’OM en ce qui concerne la pauvreté offensive du jeu de l’équipe, mais le but de Sanson face à Strasbourg est un véritable bijou.
  • C’est un raccourci mais le symbole est fort : perte de balle du soliste Ben Arfa, remontée de balle en équipe de Montpellier pour le but de Delort, qui réussit un magnifique contrôle sur l’action. Impossible de contredire Gasset : Bordeaux va mal.
  • Dans l’esprit, il ne faut jamais refuser ce but de Bamford pour hors-jeu. L’attaquant de Leeds est clairement derrière les défenseurs de Crystal Palace, et c’est complètement idiot de sanctionner le fait qu’il montre à son passeur l’endroit où il veut être servi…

  • Une frappe sur la barre, une passe qui aurait mérité d’être décisive pour Bruno Peres, et surtout un triplé : Mkhitaryan a allumé de toute part la défense du Genoa, dans le cadre de la large victoire de la Roma.
  • C’est très cool de marquer des buts sublimes, mais Schalke a aussi besoin que Uth convertisse les actions faciles. Auteur d’un coup franc magique, l’Allemand mange la feuille 3 fois dans le match face à Mayence, lanterne rouge de Bundesliga.
  • Certes, ce n’était que Cadix en face, même s’il s’agit de l’équipe surprise de ce début de saison en Liga. Il n’empêche : auteur d’un nouveau doublé et d’une passe décisive, Félix s’impose petit à petit comme la nouvelle muse de Simeone. Si le Cholo arrive à le transformer comme il l’avait fait pour Griezmann, c’est tant mieux pour l’Atlético mais aussi pour le football en général. Sur son second but, le Portugais respire la sérénité avec un enchaînement contrôle de la poitrine-frappe en demi-volée réalisée comme si de rien n’était.

  • Passeur décisif sur le but d’André Silva, Barkok a fait danser la défense de Stuttgart, et a sonné la révolte pour Francfort, qui s’en sort avec le match nul.
  • Au départ sur l’action de l’ouverture du score, double passeur décisif puis buteur, Kruse a régalé face à Bielefeld. Le numéro 10 de l’Union Berlin est instable en dehors des pelouses, mais quand il fait parler son talent, il est clairement un atout majeur pour toute équipe de Bundesliga.
  • Seul buteur face à WBA, Kane totalise 150 buts en Premier League pour Tottenham, en seulement 218 matches. Sous-estimé par beaucoup, l’Anglais est évidemment un des meilleurs attaquants au monde.
  • Techniquement, les 4 buts inscrits lors du match entre Getafe et Villarreal sont magnifiques, et méritent de s’attarder sur le résumé du match.

  • L’Atalanta, qui avait déjà Malinovskyi pour l’après-Ilicic, dispose maintenant de Miranchuk (la bonne pioche qu’on conseillait en 2018) buteur face à l’Inter, et Lammers. Dommage que l’absence de pause entre les 2 saisons fasse pêcher les Lombards physiquement, puisque Gasperini dispose d’un matériel offensif particulièrement intéressant.
  • Kadewere a annoncé avoir rêvé d’un doublé contre l’ASSE : c’est chose faite. L’attaquant lyonnais a été décisif dans le derby, avec une Madjer sur une belle combinaison sur coup franc, puis une belle action en solitaire sur le côté gauche. Ce match devrait fortement augmenter sa notoriété auprès des supporters.

  • Ne jamais abandonner… Malgré un penalty raté, une frappe sur la barre, 2 jolies têtes repoussées par Silvestri, et un but refusé à son équipe dans les dernières minutes du match, Ibrahimovic est resté concentré pour arracher l’égalisation face à Vérone. Le vétéran continue à assumer ses responsabilités au sein du jeune effectif de l’AC Milan.
  • Entre la déroute face à Manchester City lors de la dernière Ligue des champions, et cette blague face à Valence avec 3 penaltys concédés et un but contre son camp, il est temps d’arrêter de porter ce maillot rose pour le Real Madrid.
  • Parmi les nombreux matchs spectaculaires qui ont animé ce week-end, on est obligé de citer cet incroyable choc entre Leverkusen et Gladbach. Un résumé à savourer jusqu’à la fin.

Darinh Mongkhoun

Amoureux du beau jeu, je suis un épicurien qui cherche avant tout à voir de beaux moments de football. Mon avis n’engage que moi.