Ce week-end, nous avons observé Odegaard pour sa première titularisation avec Arsenal. On s’est également laissé séduire par le choc entre l’Inter Milan et la Lazio Rome.

Right man in the right place? 

Match observé : Arsenal 4-2 Leeds

Pour sa première titularisation avec Arsenal, Odegaard était idéalement placé, en numéro 10 du 4-2-3-1 mis en place par Arteta. S’il n’a évidemment pas métamorphosé le jeu de sa nouvelle équipe en si peu de temps, le Norvégien a affiché quelques signes positifs pour la suite. Impliqué sans ballon, il a été le garde-fou de Struijk, milieu défensif de Leeds. En cadrant son joueur, il a contraint (avec les autres) Meslier à balancer, faute de solutions courtes.

Disponible entre les lignes, Odegaard a surtout été servi dos aux buts adverses, se contentant de trouver Xhaka et Ceballos, face au jeu. Adaptable, il coulisse intelligemment à droite quand Saka repique, et a montré sur quelques actions (2 roulettes notamment) qu’il pouvait être utile pour conserver la balle. S’il ne parle pas encore le même langage foot que ses coéquipiers, il a réussi de jolis une-deux avec Ceballos et Saka, notamment sur l’action du penalty sifflé puis annulé pour les Gunners. Auteur d’un seul tir, sa production offensive a été insuffisante, mais encourageante si on prend en compte l’ensemble de son activité. Quand ses partenaires le comprendront mieux, il pourra initier de jolis mouvements.

Arsenal a maîtrisé Leeds de façon assez remarquable en première période. En cadrant les défenseurs adverses et Struijk, ils ont obligé Meslier à balancer, rendant inoffensif toute l’équipe de Bielsa à la source. Il a fallu des dépassements de fonction (un dribble ou une passe particulièrement inspirée) pour créer un minimum de danger de la part des Peacocks. Dans la mesure où Arsenal restera toujours Arsenal, la baisse physique des Gunners en seconde période a permis à Leeds de revenir au score, sans toutefois égaliser. Bien aidé par une première période parfaite tactiquement, un Saka remuant et un Aubameyang efficace, Arteta peut se satisfaire de la production de son équipe.

Un joli puzzle

Match observé : Inter Milan 3-1 Lazio Rome

Inter et Lazio jouent en 3-5-2. Néanmoins, leur approche est complètement différente. L’équipe d’Inzaghi est patiente : elle repart dans les pieds, trouve des relais courts, et cherchent globalement à « jouer ». La formation de Conte a une approche plus réactive puisqu’elle cherche surtout à piquer (ce qui est évidemment une façon de jouer tout aussi valable) dès la récupération. Elle est diablement bien organisée dans ce qu’il y a de plus élémentaire dans le foot, à savoir refermer les espaces sans ballon, et les prendre avec. Sans ballon, les lignes se resserrent, pour mieux se déployer avec. On voit ainsi Skriniar ou Bastoni fixer balle aux pieds dans leur demi-espace respectif, Barella se balader sur tout le terrain (avec une préférence pour la moitié droite), Hakimi jouer comme un ailier quand Skriniar monte… L’Inter utilise volontiers toute la largeur, et devient difficile à contrer.

Surtout, elle maîtrise l’art de la contre-attaque comme peu d’équipes. Avec des quarterbacks habiles comme Skriniar, Bastoni, mais surtout Brozovic et Barella, il devient facile de trouver Hakimi, Lautaro ou Lukaku. Le Belge a l’avantage d’être aussi intéressant en relais dos aux buts que dans la profondeur, où il ressemble à un buffle qui charge balle aux pieds, comme en témoigne l’action du but de Lautaro, où son accélaration foudroie son vis-à-vis. Homme à tout faire du milieu, Barella rayonne puisqu’il peut à la fois récupérer, se projeter balle aux pieds, et lancer les flèches de devant d’une longue passe. Eriksen, probablement aussi fort intrinsèquement, mais peut-être pas autant adapté à ce jeu si direct, commence peu à peu à trouver ses marques. S’il redevient ce qu’il était à Tottenham, et pour peu que Sensi retrouve également son meilleur niveau, Conte aura le choix du roi pour son entrejeu. Clinique en attaque, solide en défense, l’Inter n’est pas géniale mais elle applique très bien des principes simples et efficaces. Le puzzle est réussi pour Conte, qui sait que les sous-ensembles, dans les grands ensembles, s’assemblent.

Côté Lazio, on retiendra la volonté de ne pas se renier, là où il aurait sans doute été plus simple de laisser un peu le ballon à son adversaire et d’évoluer en bloc bas. Ce n’est pas un sabotage volontaire que d’avoir attaqué à plusieurs, quitte à prendre des contre-attaques en retour. Simplement, la Lazio, en jouant son jeu, a fait celui de l’Inter Milan. Même si on n’enlève rien aux joueurs que sont Milinkovic-Savic ou par exemple, des principes similaires auraient eu raison de cette adversaire s’ils avaient été appliqués par un onze plus talentueux. Espérons que cela ne soit pas négatif dans l’état d’esprit du coach laziale.

Darinh Mongkhoun

Amoureux du beau jeu, je suis un épicurien qui cherche avant tout à voir de beaux moments de football. Mon avis n’engage que moi.