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Tour d’Europe : Mourinho frileux, Icardi roi de Milan

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Tour d’Europe : Mourinho frileux, Icardi roi de Milan

Parait-il que la Premier League est le championnat le plus spectaculaire du monde… Pourtant, le derby of England fait pâle figure à côté de la victoire incroyable de la Lazio sur la Juve, du derby milanais, du choc Dortmund-Leipzig ou du festival de Valence. Heureusement pour Mourinho, Guardiola assure un peu le spectacle.

Mourinho la joue petit bras

Si on qualifie Deschamps de pragmatique, pour ne pas dire frileux, quel adjectif utiliser pour Mourinho ? Manchester United a subi tout le match face à Liverpool, jouant petit bras, sans ambition, pour ne pas perdre, sans forcément essayer de gagner. Pourtant, les Red Devils restaient sur une belle série, et avaient lors de ce premier gros test à Anfield l’occasion de prouver qu’ils n’avaient peur de personne. Hélas, cet état d’esprit n’a même pas été sanctionné, puisque les Mancuniens repartent avec le point du match nul, aussi bien grâce à leur tactique frileuse qu’à la maladresse adverse dans le dernier geste. On dit qu’à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Ce dicton, Mourinho n’a pas l’air de le partager, ce qui est quand même dommage pour les spectateurs.

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Icardi met le feu à Milan

Il y a un peu plus d’une dizaine d’années, le derby de la Madonnina était plus prestigieux qu’aujourd’hui, car il pouvait constituer une demi-finale de Ligue des champions, compétition qu’aucune formation milanaise ne dispute cette année. La rivalité n’en demeure pas moins importante, et un homme a permis aux siens de bomber le torse jusqu’au match retour : le capitaine et joyau, Icardi, évidemment. Son second but est un résumé de ce qu’il est : hargneux pour récupérer le ballon, brillant pour conclure dans une position acrobatique assez invraisemblable. Tirer le penalty de la gagne dans les arrêts de jeu ? Pas de problème quand on a les nerfs aussi solides que lui, probablement le joueur le plus fou de Série A. Alors oui, on peut le détester pour ses déclarations stupides ou son histoire avec sa femme, ancienne compagne de Maxi Lopez. Mais comment ne peut-on pas aimer Icardi en tant que buteur ?

La Juventus tombe face à une Lazio incroyable

Il y a d’abord eu une entame logique, presque habituelle : la Juventus ouvrait le score, sur une position litigieuse de Douglas Costa certes, mais de façon presque immuable. Khedira mettait Strakosha à contribution, et Higuain faisait un tel pressing qu’un dégagement contré du portier s’écrasait sur la barre transversale. On ne le savait pas encore, mais c’était le tournant du match.

Moins forte au niveau des individualités, la Lazio a réagi en équipe, avec une combinaison somptueuse qui amène l’égalisation d’Immobile, avant de signer une autre merveille de mouvement collectif qui permet au buteur d’éliminer Buffon pour obtenir un penalty qu’il transforme. Et même si Dybala touchait le poteau plus tard, on ne pouvait pas dire que la victoire était volée. Puis, pour donner une dernière dimension dramatique à cette rencontre, il a fallu que la formation romaine concède un penalty dans les arrêts de jeu. Strakosha faisait face à Dybala, meilleur joueur de Série A, et on se disait que la Vieille Dame allait confirmer que même malmenée, elle ne pliait jamais. Mais l’Albanais avait décidé d’être le héros du match : en repoussant le penalty de l’Argentin, Strakosha a tout simplement offert aux siens une victoire face au champion, à Turin qui plus est. La Lazio n’avait pas battu la Juventus depuis 2003, et nous a rappelé pour quel genre de match le football était si spécial.

Ce qu’on a vu ce week-end

  • Heintz a planté un but somptueux, mais n’a pas réussi à offrir la victoire à Cologne, maudit cette saison et qui concède un but malheureux dans les arrêts de jeu, sur la pelouse de Stuttgart. Modeste manque énormément à cette formation.
  • Crystal Palace s’offre encore le scalp de Chelsea. Sakho a été décisif sur le but victorieux puisque c’est son agressivité qui lui permet de récupérer le ballon et de le transmettre au buteur Zaha. Heureusement pour lui, son geste fou en fin de match ne coûte pas la victoire. Malgré la défaite, Fabregas a régalé comme toujours dans sa façon si particulière de caresser le cuir. Pour ce qui est du travail sans ballon, par contre…

  • On a été agréablement surpris de voir Corchia tenter un coup franc direct avec Séville, sur la pelouse de Bilbao : une belle preuve de l’intégration du Français, malgré la défaite andalouse.
  • Un poteau et une barre concédée, mais une victoire au bout grâce à un but plein de réussite : Naples a gagné sur la pelouse de la Roma comme l’aurait fait la Juventus. On est encore très tôt dans la saison, mais plus que jamais, on se met à les voir en potentiels champions.

  • Mayence a profité des mains en mousse de Mathenia pour s’imposer face à Hambourg, qui doit regretter Adler, désormais… à Mayence.
  • On ne sait pas ce qui est le plus moche entre la défense de Burnley sur le but de West Ham, ou le coup de coude de Carroll qui lui vaut un carton rouge.
  • Après une flopée d’occasions franches, Ronaldo a enfin ouvert son compteur en Liga, sur un caviar d’Isco, à Getafe. La victoire aurait été plus simple pour le Real Madrid si le Portugais avait été plus létal. Lui et Benzema ont merveilleusement combiné par moments : de bon augure pour la suite.

  • Linetty a réussi un beau contrôle orienté pour enchainer rapidement sur une frappe à angle fermée victorieuse face à l’Atalanta. On le dit souvent, on le répète : un bon contrôle peut déterminer toute l’action, ce n’est pas le joueur de la Sampdoria qui nous contredira.
  • Bourreau du Bayern il y a quelques mois et buteur face à Augsbourg, Uth est en feu cette saison, avec déjà 5 buts en Bundesliga avec Hoffenheim, lui dont le record sur une saison est de 8 unités.
  • Pour une fois, il n’a pas laissé à Kane ou Alli le soin d’être le sauveur de Tottenham. Et s’il bénéficie d’un contre favorable sur le tacle de Francis, la façon dont il place subtilement le ballon hors de portée de Begovic nous rappelle à quel point Eriksen est un joueur délicat. Lloris a également été déterminant avec 2 grosses parades pour valider cette victoire face à Bournemouth.

  • On l’écrit chaque semaine mais on insiste : Bakambu est un monstre quand il s’agit de prendre la profondeur. Et quand il marque un doublé pour offrir la victoire à Villarreal sur la pelouse de Gérone, ça nous donne raison. Dommage qu’il ne soit pas plus médiatisé, car sa façon de toujours partir à la limite du hors-jeu mérite tous les compliments.
  • Il n’est pas le fils de Chiesa ou Simeone, mais Théréau est un attaquant qui joue admirablement juste, à défaut d’être un buteur en série. Le Français, d’une reprise sereine dans la surface, puis en reprenant en renard une frappe mal renvoyée par le gardien, a été précieux pour la Fiorentina face à l’Udinese. Est-il du genre à être rancunier avec son ancienne femme ?

  • Héroïque face au Bayern, Haraguchi a plombé le Hertha en se faisant expulser face à Schalke. De son côté, Harit a obtenu un penalty généreux. Puncheur moins en réussite cette saison, Burgstaller a marqué un but qui lui fera du bien. A noter que les joueurs de la capitale ont mis un genou à terre, à l’instar de ce que font les joueurs de la NFL.
  • Manchester City a vécu une rencontre folle face à Stoke, menant de 3 buts, avant de voir les visiteurs revenir à 3-2, pour finalement s’imposer… 7-2. Devant un tel score, beaucoup de joueurs se sont évidemment distingués. Si on ne devait en choisir qu’un seul, on féliciterait De Bruyne, qui a régalé tout le monde par ses déplacements et ses passes parfaites.

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  • Malaga peut s’estimer heureux de n’avoir encaissé que 2 buts après avoir laissé autant de liberté à Leganés. Ce match aurait pu finir sur un score de 3-3 ou 4-4 sans problème.
  • Buteur et passeur sur la pelouse d’Hanovre, Haller a été déterminant dans la victoire de Francfort. Le Français réussit un honnête début en Bundesliga.
  • Il existe plusieurs moyens de se faire mal. Un d’eux consiste à supporter Arsenal, qui menait à Watford mais a finalement perdu. Ozil qui rate le but du break, Bellerin qui concède un penalty bêtement, une défense fébrile voire apeurée qui craque dans le money time : tous les ingrédients étaient là pour les Gunners.

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  • Quand le sang-froid et le talent s’additionnent, ça donne l’ouverture du score de Gladbach face au Werder. Stindl ne sera peut-être pas dans les 23 qui défendront l’Allemagne en Russie, mais il n’en reste pas moins un des joueurs intéressants de Bundesliga.
  • Brighton et Everton ont décidé de rendre hommage au grand n’importe quoi qu’était parfois la Premier League, au début de années 90. Cool pour les nostalgiques, un peu moins pour les fans de beau jeu.
  • L’Atlético a réussi une entame folle face au Barça, avec notamment 2 occasions de Griezmann (dont un solo de grande classe avec un petit pont au passage) et ce but de Saul. Mais en Catalogne, si ce n’est pas Messi, c’est Suarez qui sauve les siens. L’Uruguayen a claqué ce but qui pourrait compter au moment de faire les comptes : une habitude chez lui.

  • Fribourg a subi la loi du Bayern Munich, qui a montré un visage plus en adéquation avec son standing. Les joueurs ont offert à Heynckes une manita pour son retour, avec notamment un bijou de Madjer signé Kimmich.
  • Valence qui mène de 4 buts avant de voir le Bétis revenir à 4-3, pour finalement s’imposer 6-3 avec en prime une demi-heure à 7 buts : oui, il y avait du spectacle en Andalousie ce week-end. Comme souvent depuis qu’il évolue en Liga, Guedes a été homérique dans ses prises de balle, prouvant encore une fois que dans un contexte plus adéquat à l’expression de ses qualités, il pouvait être incroyable.

  • Un carton rouge de chaque côté, des buts, des occasions à la pelle, du rythme : Dortmund et Leipzig nous ont offert un spectacle magistral, avec Aubameyang et Bruma qui se disputent le titre officieux de joueur le plus rapide d’Allemagne. C’est le RB qui s’impose sur la pelouse du Borussia, après une nette occasion vendangée par Aubameyang et Yarmolenko.

Il a fêté son anniversaire ce week-end

J’aurais pu parler de Deschamps, Andy Cole voire Le Tissier, pour faire dans le vintage et l’original. Mais non. J’avais 10 ans lors de la Coupe du monde 98, lorsque j’ai découvert David Trezeguet. Parce qu’il était champion du monde en Division 1, je me suis mis à le suivre à Monaco, et je n’ai pas été déçu. De nombreux buts, alors visibles sur Téléfoot, m’ont marqué, comme ce retourné au Vélodrome, ou cette volée sans angle du gauche face à Rennes. Son départ à la Juventus aurait pu m’éloigner de lui, mais il a été un de ceux pour qui je pouvais attendre 30 minutes pour voir une vidéo de son but hebdomadaire, dans une qualité douteuse, à une époque où internet en était à ses balbutiements auprès du grand public. Généreux, le roi David, qui avait crucifié les Italiens l’été précédent, a continué à martyriser les défenses transalpines, nourrissant mon addiction de ses buts.

Si la nostalgie s’installe lors du 40e anniversaire du buteur, c’est aussi parce qu’il n’y aura plus de joueur comme lui. Ce n’est pas une figure de style que de le dire, mais un constat assez simple : le football aujourd’hui impose que chaque joueur, y compris le gardien, soit capable de participer au jeu. Or, lui s’en moquait, déclarant à Téléfoot que « l’attaquant doit marquer, point barre. Le reste, c’est de la littérature ». Moins complet que les références actuelles au poste d’avant-centre, le roi David n’aurait plus sa place dans le football de 2017. Et quitte à passer pour un vieux con, je continue de pleurer la disparition de son profil si particulier.

Pourquoi nous n’aurons jamais de nouveau Trezeguet…

Amoureux du beau jeu, je suis un épicurien qui cherche avant tout à voir de beaux moments de football. Mon avis n’engage que moi, je vous invite donc à me donner votre opinion.

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