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Le point JEU #12 : Haaland, Gladbach, et le nouveau Barça

Tour d'Europe

Le point JEU #12 : Haaland, Gladbach, et le nouveau Barça

Cette semaine, on a regardé la première apparition du monstre à Dortmund, mais aussi le premier match de l’ère Setien à Barcelone. On a aussi jeté un œil sur Gladbach, pour voir notamment où en étaient Pléa et Thuram.

Pas de numéro 10 dans ma team

Match observé : Schalke 2-0 Mönchengladbach

Schalke est une des rares équipes européennes à évoluer en 4-4-2 losange… qui ressemble même à un 4-1-3-2 tant Serdar se projette, et Caligiuri joue comme un ailier, laissant Mascarell seul pendant la transition défensive, durant laquelle les retours toute en intensité de Serdar sont précieux. S’exposer autant est rare dans d’autres championnats, mais reste commun en Bundesliga, où on joue sans peur, avec moins de calcul, ce qui fait d’ailleurs dire à Stéphane Moulin – coach d’Angers – que le championnat allemand est mauvais tactiquement. On ne peut que difficilement lui donner tort après ce match, où les lacunes de Gladbach au milieu ont sauté aux yeux, face à une formation qui a profité d’une belle première de Gregoritsch sous ses nouvelles couleurs.

Le Borussia n’a pas su profiter de l’entrejeu exposé de son adversaire direct… car ses milieux étaient aux abonnés absents. Zakaria étant assez défensif, et Hofmann n’apportant rien ce vendredi, le quatuor Hermann-Embolo-Pléa-Thuram n’a pas été alimenté correctement. Il manquait clairement un milieu créateur, capable de se placer entre les lignes pour perturber la défense adverse, et pour trouver des passes intéressantes. Avec toute la bonne volonté du monde, Pléa a tenté de le faire, parfois en montrant qu’il était à l’aise avec le ballon, mais il n’a ni la vision de jeu, ni la qualité de passes d’un véritable meneur de jeu. De fait, les attaquants ne pouvaient être trouvés que sur les ailes, ce qui peut être une option, mais ne doit pas être la seule. Quand c’est le cas, la défense adverse a moins d’options de passes à surveiller, et tout devient plus facile pour elle. Même avec le Morientes de 2004, tout miser sur des centres est beaucoup trop stéréotypé, et Schubert n’a pas eu de parades compliquées à réaliser, contrairement à un Sommer sollicité à 4 reprises dès les 20 premières minutes. Gladbach dispose de plusieurs joueurs très intéressants, mais manque clairement d’un créateur pour ce type de rencontre. Harit, indisponible pour Schalke ce vendredi, leur aurait fait du bien, tout comme Blas, autre ancien coéquipier en équipe de France U19 d’un Thuram qui serait bien avisé de lui vendre le projet…

 

La La Land

Match observé : Augsbourg 3-5 Dortmund

Si on regarde le score final, on se dit que Dortmund s’est promené à Augsbourg, inscrivant 5 buts, comme à l’aller. On applaudit Haaland, auteur d’une entrée fracassante, et on se dit que tout va bien. La lecture du match est un peu plus complexe. Le Borussia a galéré en première période, complètement déboussolé par le pressing d’Augsbourg. Dans son 3-4-3 qu’il utilise depuis quelques semaines, Favre a été complètement battu tactiquement par Schmidt. S’il y a bien ces 2 occasions énormes loupées par Reus (qui en ratera une 3e en seconde période), Augsbourg a su prendre à la gorge Dortmund par son pressing sur les 2 maillons faibles de la défense en ce qui concerne la relance : Akanji et Piszczek. Sans Zagadou, ce système perd beaucoup de sens. Seul Hummels étant capable de faire une passe qui casse le pressing, Witsel et Brandt ont été obligés de descendre pour aider à la relance, laissant un trou énorme au milieu. Les rares passes étaient ainsi destinées sur les côtés vers un joueur isolé, et donc facile à défendre, ou pour un Reus dos au jeu, ce qui ne correspond pas du tout à ses qualités. Cette obsession de vouloir passer au sol, y compris sur des renvois aux 6 mètres où Augbourg laissait pourtant de façon visible ses attaquants très haut pour enclencher le pressing, est notamment due au fait que personne parmi Sancho, Hazard ou Reus n’a les épaules pour récupérer un long ballon en pivot. Haaland sera intéressant à ce sujet.

Le Norvégien a réussi une entrée fracassante, avec un triplé en moins de 30 minutes. Si le pressing d’Augsbourg avait baissé, probablement en raison d’une difficulté à tenir 90 minutes, Dortmund a tout de même été bien aidé par sa nouvelle star, dont les débuts font penser à ceux de Rooney à Manchester United, quand il avait également inscrit un triplé pour sa première. Sa science de l’appel a parlé sur ses 1er et 3e but, où il évite le hors-jeu et finit avec sang-froid. Sur le 2e but, on salue la volonté d’Hazard de le mettre en confiance. Dos au jeu, sur les longs ballons, Haaland a prouvé qu’il pouvait jouer en pivot, permettant au bloc de monter, soit un profil qui manquait cruellement à cette formation. Mais sa seule présence ne résout pas tous les problèmes. L’attitude passive de la défense sur les buts de Niederlechner est scandaleuse. Guerreiro et Hakimi ont oublié que le rôle de piston incluait également de redescendre, et l’absence de , autrement plus mobile que Piszczek, a sauté aux yeux. Il sera intéressant de voir si Favre va reconduire le 4-2-3-1 de la seconde période pour la fin de saison. Ce système dispose de nombreux avantages, mais il oblige Brandt ou Reus à prendre place sur le banc, à moins d’éloigner l’ancien joyau de Leverkusen des 20 derniers mètres, pour ne pas qu’il marche sur les pieds du capitaine du Borussia. Quoi qu’il en soit, la suite promet d’être spectaculaire, à défaut d’être maîtrisée. Notons également la bonne entrée en jeu du prometteur Reyna, bien qu’il n’ait évidemment pas pu tenir la comparaison avec son partenaire Haaland.

Tout sauf du heavy metal

Match observé : FC Barcelone 1-0 Grenade

Est-ce que Setien avait interdit à ses joueurs de lever la balle face à Grenade ? Quoi qu’il en soit, le Barça a joué presque exclusivement au sol pendant 90 minutes, à un point rarement observé. Sur la première période, seul Piqué réussit une transversale vers Alba dans le couloir gauche, et Busquets tente un ballon en profondeur vers Messi dans la surface, un peu court sur le coup. Autrement, les Catalans n’ont joué qu’au sol, quitte à attendre patiemment le pressing adverse pour aspirer les adversaires et exploiter des espaces créés. Dans les chiffres, cela donne une victoire, peu de tirs concédés (5) mais un poteau concédé, 83% de possession de balle, et un nombre ahurissant de 1005 passes tentées pour plus de 900 réussies.

https://twitter.com/BarcaUniversal/status/1219016944684281859

Tout n’a pas été parfait, loin de là. Se passer à ce point du jeu aérien, même si c’était moins prononcé en seconde période, est assez difficile car cela exige de jouer très rapidement, et surtout d’être irréprochable techniquement. Cela n’a pas toujours été le cas face à Grenade, où Rakitic, Vidal (malgré sa talonnade inspirée sur l’unique but) et Sergi Roberto ont notamment eu un peu plus de mal que leurs partenaires, rappelant qu’ils ne seront jamais au niveau de Xavi, Iniesta et Dani Alves dans ce domaine… même si personne ne le sera avant bien longtemps. La volonté d’aller vite était visible par ces combinaisons de passes à une touche de balle, rarement plus, excepté quand une solution à une touche était trop compliquée à tenter. Personne n’a porté le ballon, si ce n’est Messi et Fati. Voilà pour les faits.

Pour les axes d’amélioration, il sera difficile de se priver autant de ballons aériens. Sans partir en kick and rush, un ballon aérien permet de sauter des lignes adverses, d’accélérer le jeu, et de proposer une variété. En se contentant de passes courtes et au sol, on permet à l’adversaire de défendre bas (car pas de ballons dans le dos à craindre) et de renforcer l’axe (car pas de centres aériens à surveiller). Ainsi, même Messi n’a pas pu faire de différence sur ses tentatives de percées balle aux pieds, coincé dans une forêt de jambes (dont celles d’un très agressif Gonalons). Grenade avait fait le choix de défendre plus bas et d’arrêter un pressing qui donnait de l’espace pour ces remontées de balle au sol. Si la combinaison Messi-Griezmann-Vidal est magnifique sur le but, il ne faut pas oublier non plus que Grenade jouait alors en infériorité numérique, et que Barcelone n’a pas été très dangereux malgré 18 tirs. Si on excepte le but, on compte une frappe de Messi de peu à côté avant la pause, une frappe de Griezmann sur le gardien, et rien d’autre qui pouvait potentiellement faire lever un spectateur de son siège. Le Barça doit être capable de trouver ses joueurs offensifs en meilleure position que ça. Ainsi, et même si on encourage Setien à continuer à utiliser majoritairement le jeu au sol, ce premier test réussi n’est pas concluant à 100%, ce qui est normal pour un entraîneur débarqué une semaine avant. Au FC Barcelone de montrer, semaine après semaine, que cette voie choisie peut mener au succès dans un football 2020 bien différent de celui qui officiait en 2009.

Et sinon

  • Entrée en jeu à la 74e minute face à Cagliari, Balotelli se fera expulser 7 minutes plus tard. A quel moment vont-ils se rendre compte à Brescia que ce joueur n’est pas ce dont ils ont besoin ?
  • Auteur d’un doublé face à l’Udinese, Rebic tient peut-être son match déclic. Ce serait vraiment une bonne chose pour l’AC Milan, tant on sait le Croate capable de briller, comme il l’a prouvé en sélection ou avec Francfort.
  • En l’absence de Benzema, ce sont les milieux de terrain qui marquent au Real Madrid, à l’instar de Casemiro, auteur d’un doublé face à Séville. Le Brésilien aurait même pu inscrire un triplé, s’il avait été plus chanceux sur sa frappe du gauche à la 74e minute.

  • Buteurs face à l’Union Berlin, Werner (doublé) et Sabitzer sont probablement ceux qui profitent le plus du jeu prôné à Leipzig pour s’amuser, tant leurs qualités collent à ce que demande Nagelsmann.
  • Auteur de 2 passes décisives, Traoré a encore été prépondérant dans la victoire de Wolverhampton, qui a réussi à refaire un retard de 2 buts face à Southampton.
  • Auteur d’une passe décisive, Boga a surtout réussi à marquer un but fabuleux face au Torino : petit pont et frappe lointaine dans la lucarne. Le numéro 7 de Sassuolo est le héros du week-end.

Amoureux du beau jeu, je suis un épicurien qui cherche avant tout à voir de beaux moments de football. Mon avis n’engage que moi.

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