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Le point JEU #13 : Manchester United, Kondogbia, et la lenteur du Barça

Tour d'Europe

Le point JEU #13 : Manchester United, Kondogbia, et la lenteur du Barça

Cette semaine, on a observé un Manchester United encore décevant. On a aussi vu la déroute du Barça à Valence. Enfin, on a savouré des buts incroyables en Bundesliga, entre Goretzka, Baumgatner, Touré et Neuhaus. Enfin, comment ne pas s’enthousiasmer devant Neymar et Ilicic?

Old Trafford ne vend pas du rêve

Match observé : Manchester United 0-2 Burnley

Les statistiques du match font croire à un véritable scandale : 73% de possession, 24 tirs tentés contre 5 tentatives concédées, et 2 fois plus de passes effectuées côté Manchester United, pourtant vaincu à domicile face à Burnley. Pourtant, on n’a pas grand-chose à redire. Si Rodriguez ne marquera dans cette position qu’une fois sur vingt (et encore), et que Burnley est sans doute très en réussite, il faut avouer que les Red Devils ont très mal défendu sur les rares séquences qu’ils ont eu à gérer, et n’ont pas été plus inspirés en attaque, faisant preuve d’un manque de justesse effroyable, qu’on avait déjà constaté face à Bournemouth, et même face à Newcastle, malgré une victoire 4-1 en trompe-l’œil, tant les Magpies avaient offert les buts concédés. Dyche n’a même pas battu Solskjear tactiquement, ce sont les joueurs du Norvégien qui se sont chargés de se couler eux-mêmes.

S’il n’est pas Alexander-Arnold, Wan-Bissaka aura beaucoup de mal à compter beaucoup de passes décisives avec des attaquants aussi empruntés dans le dernier geste. Rien que sur la première demi-heure, il atteint dans la surface Pereira, Martial et Mata, en position idéale pour marquer. Le premier glisse tout seul, le second dévisse du gauche en taclant la balle, et le troisième voit sa jambe gauche contrer sa tentative du droit… Seul James, sur une tête loin d’être évidente, obligera le gardien adverse à intervenir, là où Martial, touché par Matic en position idéale, fera la touche de balle de trop qui permet au défenseur de venir le gêner, et de le faire tirer au-dessus… Sur ce genre d’actions, on donne malheureusement raison à Roy Keane, l’ancien capitaine ayant récemment déclaré que le Français n’était pas assez tueur (même si ce n’est pas le seul souci de l’équipe).

C’est bien là le problème de Manchester United. Malgré quelques séquences où Burnley a mis en place 8 voire 9 joueurs disposés en 2 lignes très basses, les situations pour marquer ont existé, mais ont toutes été lamentablement gâchées à la finition, voire en amont. Une équipe un minimum réaliste rentrait aux vestiaires en ayant marqué 2 ou 3 fois. Lorsqu’il faut accélérer le jeu pour perturber un bloc bas pourtant loin d’être irréprochable défensivement, plus personne n’y arrive. Martial, en manque de confiance, a toujours fait la touche de trop. James a besoin de profondeur pour briller, ses qualités ne correspondent pas face à un bloc bas. Mata est excellent techniquement quand il a le temps, mais en 2020, on n’a jamais le temps dans les 20 derniers mètres. Greenwood est trop jeune pour porter l’équipe, tandis qu’on ne parle même pas du niveau de Pereira ou Lingard. L’absence de Rashford fait mal, d’autant que l’équipe n’était déjà pas flamboyante en sa présence. Et si c’est caricatural de penser qu’un joueur peut tout changer, il est légitime de se demander le nombre de buts supplémentaires que pourrait apporter un Eriksen, Maddison ou Grealish, pour rester en Premier League, sans parler évidemment d’un utopique et complètement inaccessible De Bruyne. Avec énormément de spectateurs partis 10 minutes avant la fin du match (ce qui est bien pire que les habituels qu’on voit partir 5 minutes avant la fin de chaque match pour éviter les bouchons), le constat est clair : Old Trafford ne fait plus rêver personne.

Passer n’est pas toujours bien jouer

Match observé : FC Valence 0-2 FC Barcelone

Après un premier match de Liga compliqué face à Grenade, et une victoire en coupe face à Ibiza, le FC Barcelone de Setien passait son premier gros test, face à un FC Valence qui, rappelons-le, est tout de même toujours en lice en Ligue des champions, ce qui témoigne au moins en partie du caractère compétitif de cette formation. Malheureusement, on a assisté à une première période assez faible du Barça, dans la lignée du matches contre Grenade : beaucoup de passes (pour finir avec un total presque 3 fois plus élevé que son adversaire) mais peu d’occasions franches face aux 2 lignes de 4 resserrées de Valence, avec une mention spéciale pour le duo CoquelinKondogbia, le second étant l’homme du match avec Gaya, même si la télévision espagnole a privilégié Maxi Gomez. Pour tirer, Messi en a même été réduit à aller chercher 2 coups francs lointains, non convertis. De l’autre côté, le FC Valence se créait des occasions, dont un penalty arrêté par ter Stegen, une frappe de Gomez détournée sur le poteau, suivie d’une reprise malheureusement écrasée de Gameiro, une jolie tentative lointaine de Coquelin et même un ballon presque mis contre son camp par Piqué. Si l’arbitre avait laissé jouer l’avantage sur une faute d’Umtiti peu avant la pause, on aurait pu y ajouter un 2 contre 1 qui aurait sans doute débouché sur quelque chose d’intéressant. Malgré une possession en sa faveur, et un nombre de passes hallucinant, Barcelone est mis en danger, sans être dangereux… alors qu’un des objectifs de cette manière de jouer est justement de concéder peu de situations.

Paradoxalement, c’est en seconde période que le Barça sera puni, quand bien même il montrait enfin un peu de tranchant dans ses transmissions, en témoignent les tirs de Fati et De Jong en 5 minutes, soit plus que toute la première période où il n’y a pas eu le moindre tir catalan dans le jeu. Signe encourageant : Messi frappera (en plus de 2 coups francs) plus de 5 fois dans le jeu, avec une maladresse inhabituelle. Son lob s’envole au-dessus des buts de Domenech, tout comme son tir passe à côté du poteau suite à une belle remise de Griezmann. Sa tête ne trouvera pas de meilleur sort, tandis qu’il voit un Gabriel magistral pour le contrer à bout portant, suite à une belle passe d’Alba. En d’autres termes, malgré les 2 buts encaissés en seconde période, le FC Barcelone a montré des choses positives et méritait (même si cette notion ne signifie pas grand-chose en football) sans doute de marquer au moins un but. On note par exemple la belle entrée en jeu de Vidal, qui a occupé une zone désertée par Messi et Griezmann, devenant un relais intéressant, et créant quelques brèches. Le Chilien aura encore son mot à dire. Que Setien se rassure : si sa formation oublie la première période pour jouer comme en seconde, les victoires arriveront en Liga. Toutes les équipes espagnoles ne disposent pas du niveau de Valence, et tous les milieux de terrain ne sont pas capables d’atteindre le niveau dingue de Kondogbia sur cette partie.

Et sinon

  • Certains ne célèbrent pas un but contre leur ancienne équipe. Goretzka n’en fait pas partie, puisqu’il a bien savouré ce ciseau inscrit avec le Bayern Munich, vainqueur convaincant face à Schalke. Son geste est si beau qu’il aurait eu tort de s’en priver.

  • Ancelotti doit encore se demander comment Everton a pu concéder le match nul face à Newcastle, qui refait son retard de 2 buts dans les arrêts de jeu. Si la réduction du score de Lejeune est magnifique, son second but est beaucoup plus insolite, suite à un cafouillage ubuesque.
  • Au delà de son doublé, Neymar a réalisé un magnifique match contre le Losc. Le numéro 10 du PSG a régalé à chaque ballon, montrant l’écart qui le sépare des autres joueurs de Ligue 1 quand il joue sérieusement.
  • Difficile de dire ce qui est pire, entre la sortie de Strakosha sur le but de Dzeko, ou la défense de la Roma sur l’égalisation de la Lazio.

  • Auteur d’un doublé face à Cologne en étant entré en jeu, Haaland ne semble avoir aucun problème d’adaptation à Dortmund. Le Norvégien, très scruté, répond pour l’instant parfaitement aux attentes placées en lui.
  • Auteur d’un triplé, dont un lob génial, Ilicic a permis à l’Atalanta d’écraser le Torino 7-0! Le pauvre Sirigu n’a pas été si mauvais puisqu’il réalise quand même quelques parades.

  • Une demi-volée parfaite face à Leipzig : il y a pire pour marquer son premier but avec Francfort. Bravo à Touré, l’ancien Monégasque qui a conduit les siens à un succès inattendu.
  • Autre bijou en Bundesliga : Baumgatner a marqué d’une talonnade qui rebondit à même le sol pour lober le gardien du Werder, qui s’était couché.
  • Si on retient forcément le doublé de Pléa et le bijou de Neuhaus, il ne faut pas oublier les nombreuses parades de Sommer, déterminant dans cette victoire de Gladbach, face à Mayence.

Amoureux du beau jeu, je suis un épicurien qui cherche avant tout à voir de beaux moments de football. Mon avis n’engage que moi.

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