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Le point JEU #16 : Benedetto, Atalanta, et le retour du Raumdeuter

Tour d'Europe

Le point JEU #16 : Benedetto, Atalanta, et le retour du Raumdeuter

Cette semaine, on a regardé 2 équipes opposées entre l’Atalanta et son collectif huilé mais limité par ses individualités, et la Roma et son collectif limité mais porté par quelques joueurs. On salue le retour en forme de Müller, le flair de Benedetto et Osimhen, mais aussi le talent de Milinkovic-Savic, les jambes de feu de Ferran Torres, et le retour de Chiellini. Enfin, on souhaite bon courage à l’adversaire face à qui Messi va mettre fin à sa disette, en marquant un triplé…

Le match des opposés

Match observé : Atalanta Bergame 2-1 AS Rome

On l’avait déjà dit face à la Fiorentina, l’Atalanta propose un jeu alléchant, plus maîtrisée que celui de son adversaire, mais se met en difficulté en raison d’individualités moins fortes que pourrait le présumer son classement en championnat. Ainsi, malgré une première période à son avantage, la Dea rentrait aux vestiaires avec un but de retard, inscrit par Dzeko, qui profite d’une bévue de Palomino. Jusque-là, la Roma n’avait pas réussi à cadrer un seul tir, ou même à se créer la moindre opportunité sérieuse. Dans le même temps, l’Atalanta avait eu plusieurs occasions franches, notamment ce face-à-face de Gomez, ou cette opportunité dans la surface d’Ilicic.

La belle histoire a voulu que l’Atalanta s’impose finalement. Fautif sur l’ouverture du score, Palomino égalise, se faisant pardonner. Pasalic, qu’on avait pointé du doigt pour ses problèmes de finition face à la Fiorentina, a marqué le but de la victoire, après avoir suppléé un Zapata trop souvent servi dos aux buts, et rarement mis en position de frapper. Cela n’empêche pas de penser que l’Atalanta, qui a cadré 7 tirs alors que son adversaire n’en a cadré qu’un seul, aurait dû l’emporter plus facilement. La Roma montre d’ailleurs un visage opposée à son adversaire du jour. Sans grande idée visuellement identifiable, avec un jeu collectif moins prononcé, l’AS Rome s’en sort presque essentiellement grâce à quelques individualités (sans compter l’indisponible Zaniolo) : un Pellegrini au-dessus de la moyenne, bien que moyen sur ce match, un Smalling solide, et un Dzeko combatif. Le Serbe porte d’ailleurs bien le brassard de capitaine, tant son profil représente cette formation : hargneux (quitte à faire des fautes), sans génie, mais avec des qualités intrinsèques certaines pour remplir son rôle et donc obtenir quelques résultats.

Avec un effectif globalement moins fort que celui de ses concurrents, au sein d’un club moins structuré et aux moyens moins importants, Gasperini fait des miracles à Bergame. On l’a dit : de meilleures individualités aideraient beaucoup sa Dea à améliorer son niveau, notamment pour se rendre la vie plus facile face aux nombreux adversaires qui jouent moins bien qu’elle. Doit-on en déduire que le technicien réussirait forcément si on le mettait sur le banc d’un club avec plus de moyens? Le football n’est pas aussi simple. Gasperini a « eu sa chance » à l’Inter Milan, mais n’a pas tenu 5 matches. Aurait-il réussi à redresser la barre si on lui avait laissé plus de temps? Son échec de 2011 lui a-t-il permis d’acquérir une expérience qui lui permettrait de réussir dans un grand club aujourd’hui? Aucune idée. La seule chose qu’on peut dire, c’est que Gasperini et l’Atalanta forment un mariage de raison, et donnent envie de regarder les matches de cette équipe tant que l’idylle est belle. C’est déjà bien comme ça.

Le retour du Raumdeuter

Match observé : Cologne 1-4 Bayern Munich

Il y a beaucoup de choses à retirer de ce match. Côté vaincu, on retiendra que Bornauw est aussi prometteur que l’était Söyüncü à Fribourg, ce qui est évidemment bon signe pour lui, même si ça ne garantit rien. Cordoba est un attaquant remuant, et on aurait aimé voir Modeste un peu plus longtemps. Côté victorieux, Thiago fait de grandes différences quand il en a envie, Davies impressionne physiquement, Neuer est redevenu un mur, Gnarby est évidemment au-dessus du lot en Bundesliga… mais on a préféré s’attarder sur Müller, ressuscité depuis que Flick a pris place sur le banc du Bayern.

Lorsqu’un journaliste lui avait demandé, il y a quelques années, de se définir, Müller avait répondu être un Raumdeuter. Trop atypique pour être considéré comme un meneur de jeu, un ailier, un second attaquant ou un avant-centre, l’Allemand est effectivement celui qui interprète l’espace, qui sait où il faut aller pour que son équipe joue mieux. Auteur de la passe décisive du 1-0, il récidive pour le 2-0 après avoir servi de relais 2 fois dans l’action. Se plaçant à droite quand Coman prenait le demi-espace voire l’axe, plongeant en profondeur quand Lewandowski dézonait, Müller a offert un récital d’intelligence, (re)devenant ce magnifique joueur qui permet aux autres de briller.

https://twitter.com/YouungVersace/status/1229073531692036096

Sans avoir la virtuosité d’un Thiago, lui préfère jouer en une ou deux touches de balle, pour accélérer le jeu, et pour offrir de meilleures perspectives à ses coéquipiers. Ainsi, s’il finit avec 2 passes décisives, il envoie parfaitement Lewandowski en profondeur juste avant la pause, sans que le Polonais n’arrive à se mettre en position de tir. Il aurait également pu s’offrir un triplé de passes décisives sur l’action où, lancé en pleine surface, il offre une talonnade sublime à Gnarby, qui rate le cadre. Cette passe, digne d’un numéro 10, n’est pas sans rappeler un certain Guti, ancien maître des caviars inattendus. Aujourd’hui, s’il n’a pas le talent balle aux pieds d’un Coutinho, on comprend parfaitement pourquoi il est devant le Brésilien dans la hiérarchie. Toujours placé entre les lignes, relais parfait pour ses coéquipiers plus mobiles et sans doute plus talentueux, le Raumdeuter est de retour.

Faire du neuf avec du 9

Match observé : Lille 1-2 Marseille

De ce match au sommet de la Ligue 1, il y a beaucoup à dire. On peut saluer les parades de début de partie de Mandanda, qui permet à l’OM de rester dans le coup. On peut également souligner le placement haut du Losc sans ballon en première période, les attaquants marseillais étant lents, les Lillois ne craignaient pas de ballons dans le dos. Pour se créer une opportunité, il fallait, dans la même action : une passe inspirée de Caleta-Car sur Amavi, un dépassement de fonction assez dingue du latéral gauche, pour que Sanson puisse enfin tirer au bout de l’action, à l’entrée de la surface… autant dire qu’à la pause, on imaginait un match nul, ou une victoire des Dogues si jamais ils trouvaient la clé. Il en a été autrement, et on a voulu se focaliser sur le comportement exemplaire de pur attaquant chez Osimhen et Benedetto lors de leurs buts respectifs.

Sur l’ouverture du score, Osimhen attend patiemment la passe parfaite de Bamba pour enclencher un sprint ravageur, en appel croisé : il fuit Caleta-Car et se faufile dans le dos d’Alvaro. Le Nigérian a ensuite le sang-froid pour finir, mais l’action est déjà belle avant. D’ailleurs, quand Bamba se retourne avec la balle, on voit tous qu’il doit faire la passe avant même qu’il ne l’enclenche, et que ça va faire mal. Comme pour l’œuf et la poule, on ne saura départager entre ce qui « fait l’action » entre l’appel et la passe. On va juste dire que ce que fait Osimhen sur cette action est absolument parfait. La remarque est la même pour Benedetto, sur le but du 2-1. Alors qu’Aké (excellente entrée) décale Germain, l’Argentin a déjà tout compris. Il se veut mobile et attaque l’espace, là où Germain pourra plus facilement le trouver – à condition bien sûr de réussir le centre – et là où Maignan aura le plus de mal à intervenir. Comme pour Osimhen, on ne sait pas si c’est l’appel de Benedetto qui indique au passeur qu’il faut la donner, mais l’action est parfaite. A l’heure où beaucoup de joueurs sont de plus en plus polyvalents, et de moins en moins spécialistes, on ne peut que se réjouir que le savoir-faire unique de l’avant-centre continue à débloquer des situations.

Et sinon

  • Malgré la victoire face à Getafe, et le but de Griezmann qui fait plaisir, il y a un souci dans le jeu au FC Barcelone. Donnons du temps à Setien, et espérons pour lui que Messi, passeur décisif en série, redevienne aussi un tueur devant le but.
  • On veut bien que Saul soit polyvalent, qu’il ait déjà joué arrière-gauche plusieurs fois à l’Atlético Madrid, mais c’est bien trop difficile de lui demander de le faire face au FC Valence et aux jambes de feu de Ferran Torres. Le pauvre a pris l’eau, et n’a pas pu se mettre en avant, contrairement à un Partey toujours plus impressionnant.

https://twitter.com/AtletiFrancia/status/1228439977446576132

  • Si les buts de Ings et Vydra sont magnifiques, on ne dira pas la même chose du corner direct marqué par Burnley, où le joueur de Southampton laisse passer la balle sans qu’on ne comprenne pourquoi. A-t-il seulement compris l’intérêt de mettre un joueur au premier poteau?
  • Certes, Bologne jouait à 10 à ce moment-là, et Sanabria n’est pas un peintre. Mais on ne peut s’empêcher de penser que c’est très mal défendu quand on voit l’attaquant du Genoa remonter le terrain tranquillement et marquer comme si de rien n’était.
  • Qu’on aime la Juventus ou non, on est forcément contents du retour d’un joueur comme Chiellini, entré en jeu face à Brescia pour la première fois depuis sa grave blessure.

  • Auteur d’un doublé sur penalty (dont un second très mal tiré), Weghorst a finalement marqué un triplé face à Hoffenheim. Le Néerlandais de Wolfsburg a donné la victoire aux siens d’une splendide balle piquée.
  • Même s’il a de la réussite, puisque le défenseur de Paderborn sur la ligne se devait de faire mieux, saluons le joli geste de Cunha, qui marque sur une talonnade aérienne pour le Hertha Berlin.
  • On espère que Thiago Silva aime jouer avec les nerfs des supporters du PSG et qu’il a fait exprès de jouer comme ça face à Amiens… Sans doute à court de forme et la tête à Dortmund, le Brésilien a été catastrophique. A lui de faire taire tout le monde dès mardi.

  • Auteur d’une passe décisive et d’un but face à l’Espanyol, Suso va prendre confiance avec le FC Séville. Espérons pour les fans andalous que le fait d’avoir marqué sur sa « spéciale » ne l’incite pas à la tenter 10 fois par match, comme cela a parfois été le cas avec l’AC Milan…
  • Un but contre son camp, deux penaltys bêtement concédés : la Sampdoria a tout fait pour perdre face à la Fiorentina. A noter que les 2 équipes ont terminé le match à 10.
  • Il suffit de voir leur réaction au coup de sifflet final, comme s’ils avaient gagné un titre, pour comprendre la belle opération de la Lazio, qui s’impose face à l’Inter. Et si Luis Alberto et Immobile sont les éléments qui attirent légitimement les louanges, c’est beau de voir que comme face à la Juventus, le but de la victoire est l’oeuvre de Milinkovic-Savic.

Amoureux du beau jeu, je suis un épicurien qui cherche avant tout à voir de beaux moments de football. Mon avis n’engage que moi.

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