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Le point JEU #17 : Giroud, Messi, et le PSG en plein doute

Tour d'Europe

Le point JEU #17 : Giroud, Messi, et le PSG en plein doute

Cette semaine, on a bien évidemment suivi le choc tant attendu entre Dortmund et un PSG en plein doute, qui a également souffert face à Bordeaux. On salue la force de caractère de Giroud, le génie de Messi, les incroyables buts de Martial et Steffen, ainsi que la progression de Nkunku.

La peur du vide

Match observé : Borussia Dortmund 2-1 PSG

La composition du PSG, en 5-2-3, pouvait laisser perplexe avant même le début du match. Oui, on parle bien de 5-2-3, et pas du 3-4-3 que tout le monde évoque un peu partout, tant Kurzawa et Meunier ont été amenés à rester prudents, en vrais défenseurs, et pas en pistons qui peuvent monter « l’esprit léger », couverts par une défense à 3. Dans les faits, c’était encore pire. Oubliant le 4-4-2 loin d’être parfait mais utilisé plusieurs fois ces dernières semaines, le PSG s’est déplacé à Dortmund pour limiter la casse, et si ce score de 2-1 est un « bon » résultat dans l’absolu, on peut regretter le contenu. Que Tuchel décide de jouer à 5 défenseurs n’est même pas grave en soit, car comme il aime le rappeler lui-même à chaque interview d’après-match, l’important, ce n’est pas ce que dit la feuille de match mais bien l’animation. Et elle a été défaillante.

Le problème se situait dès la relance. Les défenseurs n’ont pris aucune initiative balle aux pieds : aucun n’a osé monter pour fixer la première ligne adverse et créer un décalage plus haut sur le terrain… contrairement à ce qu’ont réussi à faire ceux de Dortmund. Même sans être parfait, même s’il se troue parfois, Zagadou ose beaucoup plus qu’eux, comme on l’avait déjà souligné. D’ailleurs, d’autres équipes en Europe le font, comme Sheffield, ce n’est donc pas quelque chose de démesurément ambitieux. C’est le début du problème, puisque trouvés très bas sur le terrain, entre leur surface et la ligne médiane, Meunier et Kurzawa sur les couloirs, ou Verrati et Gueye dans l’axe, devaient ensuite se débrouiller pour trouver des attaquants situés 40 mètres plus loin… Tout sauf une mince affaire. Neymar a bien essayé de monter la balle en partant de plus loin, mais aussi talentueux qu’il puisse être, le Brésilien ne peut pas – personne ne peut le faire d’ailleurs – remonter le ballon sur 60 mètres à chaque action. Surtout, quand il arrivait à accélérer, il a eu droit à quelques béquilles, comme celle envoyée par Can dès le début du match, comme un avertissement. Offensivement, le PSG était coupé en 2, ce qui a permis au duo Witsel-Can de se régaler comme rarement. Les longs ballons envoyés à l’aveuglette, comme un ultime aveu de faiblesse, faisaient figure de friandises pour les défenseurs du Borussia, évidemment plus à l’aise dans les airs que Mbappé, Neymar ou Di Maria. Comme lors de son début  de match face à l’OL, le PSG a été bien trop facilement neutralisé par un positionnement adverse haut. De toute façon, on ne peut pas se satisfaire de la prestation globale quand on voit qu’il a fallu plus d’une heure de jeu pour voir enfin une frappe cadrée…

C’était pire encore sans ballon. La défense, qui n’a fait que reculer, incitait Verratti et Gueye à descendre pour occuper un peu le désert dans lequel se promenaient Hazard et surtout Sancho, là où auraient pu jaillir Kimpembe et Marquinhos… qui aurait été occupé cet espace de base s’il avait été utilisé en 6 dans un 4-3-3 qu’on a déjà vu, mais c’est une autre histoire. Encore une fois, la comparaison fait mal avec le Borussia, où Zagadou et Piszczek ont su le faire de façon autoritaire, grâce à la couverture d’Hummels, empêchant souvent Neymar de se retourner, et permettant à Witsel et Can de ne pas redescendre trop bas. Pour Paris, la transition, une fois le ballon récupéré, était trop difficile, puisqu’on revient au même problème qu’en phase de relance : Verratti qui récupère à 30 mètres de ses propres cages, et qui n’a que 3 solutions devant lui, toutes à 40 mètres.

Il y a des choses à dire au cas par cas, avec un Thiago Silva qui recule tellement qu’il laisse frapper Haaland à plusieurs reprises (dont l’action du second but), un Gueye aux fraises, un Verratti qui gâche son joli match par ce carton jaune idiot, un Di Maria qui ne propose aucune solution, un Neymar pas dans le bon esprit malgré son but, ou un Mbappé individualiste malgré une super passe décisive. Cela n’empêche, la défaite reste tactique avant tout. Le Borussia, qui a notamment encaissé 3 buts face à Leipzig, et 4 face au Bayern Munich et au Bayer Leverkusen, a de nombreuses lacunes face aux équipes fortes, surtout celles qui les forcent à jouer en bloc bas (notamment parce que Guerreiro ne sait pas aussi bien défendre qu’il n’attaque). Or, le PSG est une équipe forte, qui a l’habitude de jouer en bloc haut. Mais encore faut-il avoir envie de le faire, aussi bien dans l’équipe mise en place, que dans le comportement, en passant par les initiatives individuelles et collectives. Il faut également être capable de réagir quand les choses vont mal, au lieu de subir encore et toujours, et de n’effectuer qu’un seul changement alors qu’Icardi et Cavani sont sur le banc… Les Parisiens ne sont pas éliminés, et c’est la seule bonne nouvelle pour eux, tant ce non-match méritait une sanction plus sévère.

P.S : après avoir regardé le match contre Bordeaux, malgré la victoire, le PSG ne transpire pas la sérénité, bien au contraire. On sent une nervosité trop prononcée chez les joueurs.

Présent même quand personne n’y croit

Match observé : Chelsea 2-1 Tottenham

Pour nuancer sa performance, on peut souligner que Tottenham était fortement diminué sans Kane et Son, et que Chelsea était assez largement favori, comme en témoigne une cote de 1,75 au coup d’envoi. Pourtant, il convient de constater que Giroud a bien répondu présent, réalisant un très bon match, ponctué d’un but. Si on regarde de près cette action, on peut souligner que le Français est toujours capable de réaliser un appel dans le bon timing, de résister au duel, et de frapper des 2 pieds. Si sa première frappe du droit est repoussée par Lloris, il a le mérite de ne pas se décourager, et d’être présent suite à la frappe de Barkley repoussée par le poteau. Son enchaînement contrôle-frappe du gauche (son bon pied), exécuté très rapidement pour éviter d’être contré, est parfait, tout comme sa frappe est admirablement placée.

https://twitter.com/RMCsport/status/1231275784423297031

Cependant, on ne peut pas résumer son match à ce seul but. Giroud a aussi participé à l’élaboration du second but, en remisant de la tête pour Mount, le long de la ligne de touche, pour initier l’action qui finit par la frappe d’Alonso. C’est là une belle illustration de ce qu’il apporte lorsque son équipe a la balle : un relais mobile sur la largeur, disponible pour trouver des coéquipiers lancés, qui ne se sont pas privés de l’utiliser. L’entrée d’Abraham, le titulaire du poste, a d’ailleurs suffi à montrer que sur ce point spécifique, le Français lui était supérieur, et c’est d’ailleurs pour ça (en partie) que Deschamps l’apprécie autant. Précieux au pressing sur les 3 défenseurs de Tottenham, au même titre que Mount et Barkley, Giroud a contribué à compliquer la relance adverse, aucun membre de l’arrière-garde des Spurs n’étant Bonucci ou Hummels au niveau du jeu long. On l’a aussi vu se montrer actif dans le repli défensif, jusqu’à tacler Davies à l’entrée de sa propre surface, à l’heure de jeu. Enfin, il n’a pas hésité à aller se battre sur des longs ballons qu’il n’avait que peu de chance de gagner, pour forcer Alderweireld à dégager de façon hasardeuse plutôt que de contrôler tranquillement… là où beaucoup n’y seraient pas allés, histoire d’économiser de l’énergie pour rester plus lucide par la suite.

Son bon match ne suffit évidemment pas pour faire de lui, tout d’un coup, le meilleur avant-centre de Premier League. Néanmoins, il prouve qu’il sait répondre présent quand on fait appel à lui, et qu’il est un joueur d’équipe, aussi bien dans son esprit de sacrifice sans ballon que dans ses remises en une touche. Même après avoir été mis au placard plusieurs semaines de suite, même après que son souhait de partir cet hiver n’ait pas été exaucé, le numéro 18 des Blues ne cherche pas la lumière pour gagner sa place, il continue à privilégier l’équipe. Décrié par une partie du public français car il n’a pas marqué un pion lors de la dernière Coupe du monde, Giroud n’est pas le numéro 9 le plus talentueux du circuit, loin de là, mais il est un bon attaquant, qui sait se montrer utile. Le fait que semaines à ne pas jouer n’altèrent pas ça démontre un mental qui mérite beaucoup de respect.

Et sinon

  • Large vainqueur du FC Valence, l’Atalanta n’est plus une équipe intéressante dont personne ne parle. Et même si une erreur (celle de Palomino) nous fait encore un peu plus penser que recruter des joueurs plus fiables serait une bonne idée, la Dea s’en sort merveilleusement bien via son collectif. Et quel but encore d’Ilicic, qui laisse aussi passer la balle intelligemment pour le doublé d’Hateboer.
  • Gulacsi et Lloris étaient particulièrement inspirés pour empêcher le score de ce Tottenham-Leipzig de s’envoler. Bravo messieurs.
  • Une fois n’est pas coutume, le Bayern Munich a galéré face à Paderborn. Neuer a notamment offert le but du 1-1 avec une sortie complètement ratée. Heureusement, Gnabry, bien que fautif sur le second but adverse, est le grand bonhomme du match, puisqu’il marque une fois et réussit 2 passes décisives pour Lewandowski.

  • C’est difficile d’accepter le but refusé à Ibrahimovic face à la Fiorentina. Le joueur de l’AC Milan ne va pas s’amputer les bras pour jouer au foot. Dans l’esprit, la réalisation doit être validée.
  • Buteur, passeur décisif pour Greenwood et impliqué sur l’authentique bijou inscrit par Martial, Bruno Fernandes prend ses marques à Manchester United. Homme du match face à Watford, le Portugais a les qualités requises pour devenir un joueur clé des Red Devils.

  • Avec toutes les occasions franches manquées face à Hoffenheim, les joueurs de Gladbach ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes avec ce match nul. Notons notamment le penalty raté par Pléa.
  • Techniquement, entre la passe de Dybala et la balle piquée de Ramsey, le second but de la Juventus face à la Spal nécessitait une certaine maîtrise. Bravo messieurs.
  • Au-delà de ses passes décisives, puisque sur les buts de Werner et Angelino, on peut difficilement dire que c’est la passe qui a « créé » le but, Nkunku a réussi un match plein face à Schalke. Le joueur de Leipzig a distribué de nombreux bons ballons, pas toujours récompensés par un but. La défaite du RB est totale : 5-0 à l’extérieur, 24 tirs tentés pour 3 concédés.

  • Même si la frappe de Morales est belle, Courtois doit faire bien mieux. Avec cette défaite face à Levante, le Real Madrid ne fait pas le plein de confiance avant les huitièmes de finale de la Ligue des champions.
  • On avait prédit que Messi mettrait un terme à sa disette avec un triplé. Désolé pour Eibar, il semblerait que le champion du soit encore capable de nous surprendre, avec ce quadruplé. L’Argentin a retrouvé ce sang-froid implacable dans la surface, où le temps semble s’écouler plus lentement pour lui que pour les autres, tant il se balade entre les défenseurs, dans les derniers mètres, comme si de rien n’était.

  • Fekir a su se montrer décisif avec le Bétis, obtenant 2 penaltys dont 1 dont il se charge lui-même. Malheureusement pour lui et pour Joaquin, également buteur, Majorque a réussi à obtenir un match nul.
  • Double râteau pour esquiver un premier défenseur, crochet extérieur pour mettre un petit pont à un second adversaire, et pointu pour conclure : Steffen a réalisé un festival sur le quatrième but de Wolfsburg (à déguster à partir de 1:20 sur la vidéo), bien aidé par la très faible défense de Mayence, qui arborait un maillot original pour le carnaval.

Amoureux du beau jeu, je suis un épicurien qui cherche avant tout à voir de beaux moments de football. Mon avis n’engage que moi.

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