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Le point JEU #18 : Sanson, Dolberg, et Manchester en rouge

Tour d'Europe

Le point JEU #18 : Sanson, Dolberg, et Manchester en rouge

Ce week-end, on a observé les gros efforts de  Sanson à l’OM, et la victoire de United dans le derby de Manchester. On se réjouit d’avoir Ben Yedder et Dolberg en Ligue 1, et on félicite le Bayer Leverkusen, Chelsea et Bournemouth pour leur jeu vers l’avant.

Il faut sauver le soldat Morgan

Match observé : Marseille 2-2 Amiens

Si la fin de match a eu le mérite d’être haletante, la qualité du jeu n’était pas incroyable lors de ce match avancé de la 28e journée de Ligue 1. On a voulu retenir du positif, dont la première période de Sanson,  moins en lumière lors du second acte, ce qui se comprend au vu de sa débauche d’énergie constante. Le numéro 8, que beaucoup de supporters marseillais voient comme le départ nécessaire pour renflouer les caisses du club, tenait un rôle hybride face à Amiens. En phase de relance adverse, il était sur la première ligne de pressing avec Benedetto dans le 4-4-2 marseillais, plus haut donc que Payet et Germain (qui étaient sur les ailes), sans doute parce qu’il brille au pressing. Lorsque la première ligne était passée, il revenait intercepter le ballon par un retour dans l’angle mort du porteur de balle adverse, ce qui demande beaucoup d’anticipation. Sanson a su le faire avec réussite, preuve qu’il est un joueur intelligent et pas seulement un athlète qui répète les efforts.

Lorsque l’OM avait la balle, Sanson jouait également très haut, tout en se montrant disponible entre la ligne du milieu Rongier-Strootman et Benedetto. On l’a ainsi vu dans le demi-espace droit (10e minute) sur une jolie action où il lance tour à tour Sarr et Germain pour finalement atteindre Payet dans la surface, qui bafouille. On le retrouve dans le demi-espace gauche autour de la demi-heure de jeu, où il se montre disponible entre les lignes à un endroit où on aurait préféré voir Payet, avant d’accélérer et de servir Amavi, qui attend trop pour centrer et se fait reprendre par 2 défenseurs adverses. On l’a également vu prendre la profondeur, sans jamais être vraiment servi. Enfin, il marque un but plein de réussite, puisque Gurtner arrête normalement ce tir tous les matins… mais la chance sourit aux audacieux.

Actif, plein de bonne volonté, il récupère quelques bons ballons, notamment celui qui permet, peu après la demi-heure de jeu, à Payet de frapper. Sur l’action, il avait bien suivi en proposant un appel à gauche qui permet à son coéquipier d’avoir la place pour repiquer dans l’axe. S’il obtient de jolies fautes, et récupère de bons ballons, le milieu marseillais reste perfectible, avec quelques pertes de balle dos au jeu, une précipitation évitable – souvent dans l’optique de partir balle aux pieds et d’obtenir une faute haut sur le terrain pour faire remonter son équipe – et parfois un manque de justesse technique. Il faut dire que Sanson est loin d’être parfait. On ne lui demandera jamais de faire ce que Payet, invisible en première période, a réussi à faire entre la 45e et la 65e minute, où il a marché sur l’eau entre une action d’anthologie en solo, un but (plein de réussite certes), et de belles envolées balle aux pieds. Non, Sanson n’est pas autant un « joueur de ballon » que son coéquipier, ou même que Rongier : on le voit rien qu’à leur conduite de balle. Jamais il ne pourra mener le jeu d’une équipe. Par contre, c’est un battant, un joueur qui fait ce qu’on lui demande, dans la position où on le place, et qui fait beaucoup de bien à son équipe. Ce n’est pas la Lune, mais c’est plus que suffisant à l’échelle du championnat français, surtout s’il est placé dans les meilleures conditions pour exprimer ses qualités. N’en déplaise à ses détracteurs, on ne peut attendre qu’un joueur recruté à Montpellier pour 12 millions ait le rendement d’Iniesta.

Manchester est rouge

Match observé : Manchester United 2-0 Manchester City

Tout semblait réuni, en début de match, pour une lente défaite de Manchester United dans ce derby. En effet, les Red Devils, dans un 3-5-2 modulable en 5-3-2 en bloc bas, indiquait clairement leur volonté, ou plutôt leur résignation, à accepter de subir face à Manchester City. Et les premières minutes donnaient raison à ce pressentiment : les Skyblues se transmettent la balle tranquillement, se créant même une occasion sur une frappe de Sterling dès la 10e minute de jeu. Si le pressing de United ne gênait pas tant que ça City, l’inverse n’était pas réciproque, puisque Shaw notamment montrait des difficultés sous pression, dans une position un peu inhabituelle pour lui, il est vrai. Pourtant, ce sont bien les locaux qui ont fini par se créer des occasions.

Si Manchester United connaît de meilleurs résultats ces dernières semaines, ce n’est pas le seul fait du très influent Bruno Fernandes. Les Mancuniens se portent mieux parce qu’ils ont retrouvé une solidité défensive à toute épreuve, symbolisée en partie par Wan-Bissaka. Ainsi, face à cette équipe privée de la science du jeu de De Bruyne (qui aurait sûrement fait très mal à ce bloc bas) et des dribbles de Mahrez (qui entrera finalement en jeu), Solskjear a appliqué sa méthode : rester solide derrière, ne pas concéder d’opportunité chaude, aspirer l’adversaire autant que possible pour piquer en profondeur avec des éléments rapides – James et Martial – et un meneur de jeu précis dans la transition, Bruno Fernandes. Rien de révolutionnaire, mais appliqué correctement, et face à une défense centrale Otamendi-Fernandinho, cela suffit à créer des opportunités.

La belle victoire dans ce derby ne doit pas être suffisante pour faire oublier les progrès que doit faire cette jeune formation. Buteur, Martial croque la feuille à plusieurs reprises. Il peut et doit provoquer Otamendi en un-contre-un sur l’occasion où il est seul face à lui suite à une longue ouverture qu’il contrôle bien, tout comme il doit varier ses appels, notamment dans les contre-attaques : il ne se propose jamais en retrait, ne fait jamais de course qui libérerait de l’espace pour le porteur de balle, et se contente exclusivement d’une course rectiligne. Globalement, il n’est pas assez tueur et a besoin d’un compère (Rashford par exemple) à ses côtés pour briller pleinement. James doit également progresser sur sa prise de décision. Ses jambes de feu lui permettent de faire des différences, mais il oublie de prendre l’information qui lui permettrait de faire le bon choix. Il ne doit pas oublier Bruno Fernandes, seul et lancé plein axe, sur cette action à la 70e minute où il avait fait le plus dur, à savoir prendre la défense adverse de vitesse. Guardiola n’alignera pas systématiquement les jeunes Foden et Zinchenko, et Ederson ne se rendra pas toujours coupable de si grossières erreurs, puisqu’il est coupable sur les 2 buts. En reconstruction, Manchester United est sur le bon chemin, mais la route est encore longue pour redevenir une des équipes les plus fortes du Vieux Continent.

Et sinon

  • Même s’ils ont perdu face à Liverpool, les joueurs de Bournemouth ont prouvé une énième fois, lors du but de Wilson, que des idées collectives peuvent faire des miracles, même en l’absence d’individualités fortes. A noter également le magnifique sauvetage sur sa ligne de Milner.
  • Passeur décisif face à Francfort, Diaby s’éclate cette saison au Bayer Leverkusen. Le Français, qui n’aurait sans doute pas beaucoup joué au PSG, a trouvé le club qui lui permet d’exprimer ses qualités, en Bundesliga comme sur la scène européenne. Auteur d’un doublé, le jeune Paulinho peut en dire de même.

  • Même si cela n’a pas suffi pour venir à bout de l’Atlético, De Jong a marqué un joli but avec le FC Séville. Le Néerlandais réussit un contrôle parfait, qui lui permet d’enchaîner rapidement.
  • Quand on voit le but de Ben Yedder et le doublé de Dolberg, lors de ce derby entre Monaco et Nice, on a du mal à se dire que la Ligue 1 est vraiment une ligue de fermiers, comme le disent nos amis anglais. Le Français réussit une balle piquée plein de sang-froid après une course intense, tandis que le Danois régale dans la finition, avec une tête difficile à prendre, et un extérieur du gauche subtil.

  • Victorieux face à Everton, Chelsea fait presque penser à Arsenal de l’époque des Baby Gunners, qui avait vu l’éclosion de Fabregas et van Persie notamment : des jeunes, un jeu rapide vers l’avant, beaucoup de promesses mais presque autant d’imperfections, ce qui leur donne un visage vraiment attachant.
  • Offensivement, il se distingue souvent, mais Théo Hernandez ne doit pas oublier qu’il est défenseur. Sur l’ouverture du score du Genoa, son attitude au duel est trop laxiste face à Sanabria, et son repli en trottinant est scandaleux. A lui de se montrer sous un meilleur visage avec l’AC Milan, puisqu’il ambitionne de taper dans l’œil de Deschamps.

https://twitter.com/A_Couti7/status/1236682970733383681

  • Quel but de Goretzka face à Augsbourg! L’Allemand réussit un double une-deux avec Gnabry pour permettre au Bayern Munich de faire le break, au terme d’une action digne du duo Yorke-Cole de la belle époque.
  • Techniquement, le but de Jordan Ayew face à Watford est parfait, avec un contrôle réussi qui lui permet de se mettre rapidement en position de frappe. L’ancien joueur de l’OM réalise vraiment une saison intéressante avec Crystal Palace.

  • Même sans être directement décisif, puisqu’on peut difficilement qualifier son apport de passe décisive sur l’ouverture du score, Fékir a prouvé face au Real Madrid qu’il avait le niveau pour faire mal en Liga. Le Français a surpris tout le monde en signant au Bétis, mais son choix semble être le bon puisqu’il s’épanouit personnellement, malgré le classement de son équipe.
  • A priori travaillée à l’entraînement, la combinaison du Losc pour le but de Rémy est simple, mais très efficace. Sans forcément jouer très vite, les Lillois se mettent en position de tir en se montrant mobiles et en levant la tête pour trouver un partenaire démarqué à chaque fois : on adore.

Amoureux du beau jeu, je suis un épicurien qui cherche avant tout à voir de beaux moments de football. Mon avis n’engage que moi.

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