Les femmes rient, les hommes pleurent et les perdants « s’enjaillent » de partir enfin en vacances. C’est souvent ainsi que se termine une compétition majeure de football. C’en est donc terminé de cet Euro 2012, glorieux tournoi qui n’aura su ôter la couronne de la tête des espagnols. On ne parlera plus d’Ukraine, ni de Pologne. Les « bonnes » supportrices vont rentrer chez elles se prendre à rêver d’autres gloires éphémères pendant que leurs confrères se hâteront à la reprise des championnats de leur pays, de leur patrie.

La « Roja » a donc gagné le tournoi. A en croire le résultat de la finale, le premier péquin du coin dira que l’Espagne a outrageusement dominé l’Euro 2012. Mais, les footballologues en conviendront, c’est bien plus compliqué que cela.

Comme un symbole, l’Espagne a débuté la compétition face à l’équipe qu’elle rencontrera trois semaines plus tard en finale. En résultera un match nul plutôt équitable, voire même heureux pour les rouges. Les matchs s’enchaînent et sont tout aussi délicats à gérer. A part l’Irlande qu’elle aura massacrée 4 à 0, l’Espagne connaît un Euro difficile face à des équipes regroupées et qui ont su s’adapter au style de jeu catalan. Lors de leur dernier match face à la Croatie, les ibériques sont à un arrêt de l’élimination, ou plutôt devrait-on dire, un Iker Casillas… Bienheureux seront Fabregas, Xavi et autres Iniesta ou Xabi Alonso qui devront affronter l’équipe de France en quarts de finales, une belle bouffée d’oxygène en perspective. Les espagnols qui ont connu un début difficile pourront compter sur ce match amical pour souffler quelques jours de plus que ses concurrents. Un répit utile qui leurs aura permis d’obtenir un fameux second souffle en prolongations face au Portugal en demies.

Spain VS Italy : You win, perfect

En infligeant à l’Italie la même correction qu’à l’Irlande, l’Espagne a finalement écrasé son rival. Et pourtant, ce n’était pas Richard Dunne qui enquillait les buts CSC et l’attaque italienne n’était pas composée de manchots portés uniquement par les chants des vaillants supporters. Une fessée qui semble faire très mal aux joueurs italiens si l’on en croit l’inconsolable qui n’a rien trouvé de mieux que de pleurer pendant ce qui ressemblait à une éternité d’après match. Les dirigeants ont pourtant tenté de le consoler en lui offrant un médaillon, le pauvre défenseur turinois n’en retrouvait pas plus le sourire. Il va devoir retrouver la vieille dame, la queue entre les (ses ?) jambes. Tiens ! C’est finalement peut être pour cela qu’il pleurait tant…

Stop à la dictature de l’instant

Mais, cette victoire finale est aussi le symbole d’un triomphe face à la dictature médiatique de l’instant. Celle qui journée après journée, pour remplir du papier, avait un favori, faisant des plans sur la comète. Nous, français, sommes bien placés pour en parler. Une simple victoire face à l’Ukraine nous a propulsés en possible favori du tournoi, alors que nous n’étions pas plus qu’outsider 90 minutes avant le coup de sifflet final. Pour illustrer ces propos, qui de mieux que ? Cet énergumène que tout le monde traitait comme la plus grande des feignasses lorsqu’il préféra marcher plutôt que de courir après avoir éliminé Sergio Ramos sur le coté droit, le dernier des connards arrogants après avoir marqué son retourné tombant. Finalement, le premier des crétins, retrouva plus fière allure auprès des médias, après avoir inscrit un doublé face à l’Allemagne. Ces deux petits buts ont suffit à le comparer aux plus grands d’Europe, à envisager un ballon d’or, et probablement à façonner une statut à l’effigie de sa célébration torse nu. Rangez les marteaux et les burins, car comme l’a dit le rappeur méconnu L’Indis sur son compte Twitter, « Super Mario » sera davantage comparé à Donkey Kong qu’au plombier moustachu en Italie.

En outre, rappelez-vous de l’entrée en matière de l’équipe russe. Large victorieux de la République Tchèque, tout le monde en faisait son favori pour le dernier carré. Les médias glorifiés Arshavin et Dzagoev. Les russes se sont peut-être vus trop beaux puisqu’ils n’ont pas su enchainer derrière cette belle performance. Equipe de France, d’Espagne, de Russie et d’autres cas plus personnels, au nom de PKFoot, je dis stop à la dictature de l’instant, ce même phénomène qui fait de Meghni, Micoud et Martin des Zidane en herbe alors qu’ils ne sont finalement que des joueurs passables sur herbe. Ce même fléau qui rend les potentiels de Nasri et Ben Arfa inexploitables puisqu’ils sont déjà considérés comme des stars. Comment demander à des gamins d’être humbles si nous les encensons au moindre pet qui sent meilleur que les autres ?

L’Euro, c’est fini, et dire que c’était le tournoi de mes premiers amours

"Putain j'espère que PKFoot continue cet été" - Gigi Buffon, gardien abandonné

Morgan Lecouflet

Morgan, frêle et longiligne athlète d'un quart de siècle observe le football anglais comme il mange du regard les menus McDo. Il foule les rectangles verts dès son plus jeune âge mais raccroche les crampons à 12 ans, après six exercices de bons et loyaux services.

Morgan Lecouflet
  • http://www.facebook.com/nyctarath Romain ‘Nyctarath’ Lecouflet

    Awesome. Mais les équipes retrouvées dans le dernier carré faisaient partie des favoris, il faut en convenir. Il n’y a pas eu de véritables surprises !

Angleterre
Espagne
Italie
Allemagne
France
Partager cet article par email










Submit