Tour d’Europe : l’Atlético en ébullition, Martial reprend des couleurs

Encore un très gros week-end en Europe, avec un choc somptueux entre l’Atlético Madrid et le Celta Vigo. Autrement, on est dans la lancée de cette saison : le Real gagne même sans convaincre, la Juventus engrange, tout le mondre craque en Allemagne sauf le Bayern, et les gros buteurs répondent présents : Messi, Ronaldo, Suarez, Higuain, Belotti, Alexis… et Modeste bien sûr.

L’Atlético Madrid enfin retrouvé ?

Ces dix dernières années, il n’y avait guère que l’Atlético Madrid pour empêcher le FC Barcelone et le Real Madrid d’exercer leur hégémonie en Liga, en 2014. Ce triomphe marquait la patte de Simeone. Mais cette saison, on a un peu perdu de vue cette grinta, qui avait fait de l’Atlético une équipe finaliste de 2 des 3 dernières finales de Ligue des champions. On l’a retrouvé ce week-end, où les Madrilènes ont gagné au mental et au talent face à un Celta Vigo coriace (3-2). Une véritable course-poursuite, rythmée, intense, et au scenario à rebondissements, ponctuée par un but gag, une égalisation somptueuse de Torres, un bijou collectif conclu par Guidetti, une inspiration géniale de Carrasco, et un duo Gameiro-Griezmann au diapason pour le finish. Qu’on se le dise, c’est pour ce type de spectacle qu’on regarde du football. Merci messieurs.

Le héros du week-end : Martial fait enfin sa loi

Tancé par Mourinho, Martial avait l’occasion de se montrer en démarrant la rencontre face à Watford. Le Français n’a pas manqué de prouver qu’il avait la carrure pour devenir titulaire dans ce Manchester United, tant il a illuminé la rencontre par ses prises d’initiatives payantes. Passeur et buteur, le joueur formé à l’OL a autant brillé en tant qu’ailier de débordement, avec une capacité de centre intéressante même du pied gauche, qu’en tant qu’ailier inversé, amené à rentrer sur son pied droit pour tirer. Alors qu’on l’a toujours comparé à Henry, il pourrait finalement ressembler plus à Ribéry, s’il s’installe durablement sur cette aile gauche en tant que dribbleur droitier. Laisser à Manchester la même empreinte que son aîné à Munich, c’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Le zéro du week-end : Dortmund, c’est quoi cette défense ?

Avec un Rosenthal plus précis, et sans un Bürki inspiré, Dortmund prenait le bouillon face à Darmstadt. Le Borussia en est malgré tout quitte pour une défaite (2-1) qui les éloigne un peu plus du titre. Et si tout le monde peut connaitre un jour sans, on a du mal à expliquer les errements défensifs de Dortmund. Sur le premier but, ils sont 6 dans la surface, mais aucun ne suit les mouvements du seul Boyd, qui peut reprendre et marquer. Sur le second but, les 2 défenseurs se mettent en opposition du porteur du ballon, sans penser à suivre Colak, complètement seul pour recevoir la balle et ajuster tranquillement Bürki. Le départ d’Hummels n’a pas encore été compensé.

Les faits du week-end

Un but tout moche de la main et un penalty : ce ne sont pas les plus beaux buts de Sanchez pour Arsenal, mais c’est encore 3 points face à Hull City (2-0). Le Chilien, dont l’avenir est incertain chez les Gunners, a quand même le don d’être toujours au bon endroit, au bon moment.

Une finition retrouvée, et 2 buts en une touche de balle qui lui ressemblent : Chicharito a permis au Bayer Leverkusen de battre Francfort (3-0), se montrant décisif comme trop rarement cette saison.

Ce n’était pas la plus glamour des affiches du week-end, mais Espanyol Barcelone-Real Sociedad aura donné un bel exemple aux attaquants : un contrôle orienté parfait de Vela sur son but, et la double feinte de frappe de Hernan Perez, plein de lucidité, pour effacer 2 joueurs et marquer. Ce sont 2 véritables chefs d’œuvre !

Passeur décisif et impliqué également dans le premier but, Mertens a encore régalé face au Genoa (2-0). Le Belge, dont on demandait désespérément un statut de titulaire depuis des saisons, en club comme en sélection, est enfin épanoui cette année. C’est une excellente nouvelle pour Naples, et pour le football.

Dans le choc du week-end en Angleterre, c’est Liverpool qui triomphe de Tottenham (2-0) grâce à un doublé de Mané. Irrégulier par le passé avec Southampton, il lui faudra montrer son meilleur profil tout jusqu’à la fin de saison chez les Reds, où son rôle est primordial.

Face au Werder Brême, Hazard a réussi à prendre de la vitesse sur sa prise de balle, et à gagner son duel face au gardien, dans un style très proche de celui de son frère (0-1). Et c’est évidemment un compliment pour le numéro 10 de Gladbach.

Malgré l’ouverture du score sublime d’Emre, c’est bien l’Athletic Bilbao qui l’emporte au finish face à La Corogne (2-1), grâce au sang-froid d’Aduriz. Le vétéran a encore quelques journées pour réussir une 4e saison consécutive à plus de 15 buts en Liga. Pas évident même si on lui souhaite d’y parvenir.

Buteur face à Crotone (0-2), Nainggolan a réellement pris une nouvelle dimension cette saison. Déjà récupérateur émérite, le Belge prend du plaisir à évoluer plus haut, et à montrer son habileté devant les buts adverses.

Un attaquant fraichement recruté doit marquer pour convaincre son nouveau public. Gabbiadini l’a bien compris, avec un doublé face à Sunderland (0-4). L’Italien réussit notamment à se retourner facilement sur son second but, profitant de la largesse défensive des Black Cats.

On peut remercier l’arbitre d’avoir laissé l’avantage à Mayence, qui a ainsi pu marquer une merveille de contre-attaque pour ouvrir le score face à Augsbourg (2-0). Comme quoi, il n’y a pas que le tiki-taka dans la vie !

Victorieux à Osasuna, le Real Madrid conforte sa place de leader (1-3) dans la difficulté. Sans un excellent Navas, la Maison Blanche aurait laissé des plumes face à la lanterne rouge.

Eder est un esthète. Face à Empoli, l’attaquant intériste a marqué de la poitrine, et offert à Candreva le but du break d’une merveille d’extérieur du pied (2-0). Pourquoi faire simple ?

Un peu fébrile mais sauvé par un bon Courtois, Chelsea a été accroché par Burnley (1-1) malgré une belle contre-attaque conclue par Pedro. Mais Brady a répondu à l’Espagnol sur un super coup franc. Les Blues restent leaders malgré tout.

Face au Hertha Berlin, Bentaleb a régalé, notamment sur l’ouverture du score où il envoie une passe de rêve à Burgstaller (2-0). Comme face au Bayern Munich, l’Algérien a épaté la galerie, tout en se montrant efficace.

Avant le PSG, le Barça s’est amusé sur la pelouse d’Alavés, avec une MSN à la fête (0-6). Seul point noir : les Catalans ont perdu jusqu’à la fin de la saison Aleix Vidal, revenu à son niveau de Séville, mais fauché par le jeune Théo Hernandez (frère de Lucas).

On l’a dit et répété, ça se voit encore plus face à une défense comme celle de Pescara (5-3) : Ljajic et Belotti sont définitivement trop forts pour rester au Torino. Si personne ne va les chercher cet été, on ne comprendra pas.

Une volée dingue de Mawson, une action collective de toute beauté conclue par Olsson : face à Leicester, Swansea a mis la manière (2-0) pour gagner face à un concurrent direct pour le maintien. Car oui, le champion en titre en est là…

C’est une victoire fondamentale que le Bayern Munich a cherché dans les arrêts de jeu, sur la pelouse d’Ingolstadt (0-2), puisque tous les poursuivants ont perdu. Entre 2 arrêts sur la ligne et la transversale trouvée par Lewandowski, le champion en titre a eu plusieurs opportunités, mais a été obligé d’être patient pour l’emporter.

Une grosse erreur de relance, il faut toujours éviter, qui plus est si ça profite à un joueur comme Gomez, particulièrement en confiance cette saison. Forcément, c’est bien l’Atalanta qui repart de Palerme avec la victoire (1-3).

Malgré la défaite face à Fribourg (2-1), Modeste a trouvé le chemin des filets pour la 16e fois cette saison en Bundesliga, son record personnel. Le Français a fait parler son flair pour suivre une frappe mal repoussée et marquer.

Il a été recruté principalement pour permettre à la Juventus de passer un cap en Ligue des champions. En attendant les grandes échéances, Higuain s’éclate en Série A avec un beau doublé face à Cagliari (0-2) : balle piquée sur le premier, pointu sur le deuxième, le compte est bon.

Il a fêté son anniversaire ce week-end

Peut-on avoir un sentiment mitigé sur sa carrière quand on cumule plus de 100 sélections, qu’on a disputé la finale de la Coupe du monde en tant que capitaine, et qu’on a porté les couleurs du Real Madrid ? Non, pour le commun des mortels. Oui, quand on s’appelle Rafael van der Vaart. S’il a réalisé une carrière de premier plan, que peuvent lui envier la quasi-totalité des joueurs, le Néerlandais n’a pas réussi à répondre aux attentes inhérentes à son talent précoce.

Car dans une équipe qui compte des espoirs flamboyants tels Mido, Pienaar ou van der Meyde, c’est bien lui qui est le leader technique, au point d’être capitaine du club à 20 ans. S’il flambe à Hambourg ou à Tottenham, il ne réussit pas à s’imposer durablement au Real Madrid, seul club qui vise la victoire en Ligue des champions dans lequel il a évolué. En sélection, s’il commence très vite à prendre les clés du jeu, son influence diminue au fur et à mesure, et il finit par se fondre dans le collectif, laissant la lumière aux solistes Robben et van Persie, et au finisseur van Nistelrooy. Dommage, car au vu de son volume de jeu, sa vista et sa technique, on le voyait tous réussir une carrière en club aussi grandiose que celle de son meilleur ennemi et ancien coéquipier de l’Ajax : un certain Ibrahimovic…

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