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La presse et les Bleus : je te hais, moi non plus

Récits

La presse et les Bleus : je te hais, moi non plus

Dans ce jeu presque théâtral du dialogue entre joueurs de football et journalistes, le cas de l’équipe de France mérite qu’on s’y penche. Retour sur ces affaires qui ont réuni ces deux protagonistes, journaux et Bleus, dans l’arène médiatique et parfois politique.

On s’en doutait un peu, mais les Bleus ont commencé leur Euro avec une insoutenable pression, dans un Stade de France plein, soutenus par un pays en transe devant ces héros entrant dans l’arène. Mais par la grâce d’un gladiateur nommé Payet, la France s’était lancée. Contre l’Albanie et la Suisse, elle a pu déployer ses talents, dans des schémas de jeu élaborés par ce fin tacticien qu’est . La France, malgré des prestations parfois trop hésitantes, est un peu plus sûre d’elle qu’au début de la compétition.

Il faut dire que la presse ne l’a pas aidé. La « polémique Pogba », initiée par le quotidien « L’Equipe » (et notamment son journaliste Damien Degorre) suite à un geste équivoque du joueur de la Juventus de Turin lors du match France-Albanie, a rythmé le débat médiatique le temps de quelques jours. Mais, petit à petit, ce grand bruit n’est devenu qu’un murmure pour devenir silence apaisant pour les Bleus. Il faut dire que ce n’est pas la première fois que le groupe France est touché par une polémique, futile ou fondée, lancée par la presse.

Citons les attaques régulières du même quotidien « L’Equipe » (citons un édito d’époque de Jérôme Bureau qui estimait que « Aimé Jacquet n’était décidément pas l’homme de la situation »)  contre les choix tactiques d’Aimé Jacquet durant les matchs préparatoires à la Coupe du Monde 98 en France. Ces attaques, Aimé Jacquet en a longtemps gardé un souvenir teinté d’amertume, ce qu’il n’avait pas manqué de signaler après le triomphe en finale contre le Brésil, ce fameux 12 juillet 1998. 8 ans plus tard, c’est au tour de Zidane de subir les foudres de la presse française pour son coup de boule contre Materazzi. L’icône du football français, eut égard à son statut, n’eut pas trop à s’émouvoir de critiques qui sont retombées comme un soufflé.

, lui, n’a pas subi le même traitement. Littéralement conspué par une partie de l’opinion pour avoir qualifié l’équipe de France à la Coupe du Monde 2010 grâce à un but de la main, il ne s’en est pas remis et a définitivement dit adieu à l’équipe de France suite à cet événement désastreux. L’année 2010 ne sentait pas bon pour les Bleus, qui ont fait montre d’une prestation indigeste en Afrique du Sud avec 1 petit point et 1 but marqué. La désastreuse aventure continue avec la fameuse « affaire du bus », où Patrice Evra, en bon meneur d’une équipe aux abois et vide de sens, fut le maître d’œuvre.

De la polémique Samir Nasri et le « ferme ta gueule » adressé au quotidien L’Equipe lors d’un France-Angleterre à l’Euro 2012, à l’affaire Zahia qui a réuni Benzema et Ribéry sur le terrain sombre de la justice française, les liens troubles que nourrissent les médias avec les joueurs de l’équipe de France sont mêlés de fascination et de répulsion. Pour le plus grand bonheur presque malsain de nous autres, lecteurs, relativisant ainsi nos vies presque routinières.

Le football est un conte merveilleux qui n'a jamais de fin. Amoureux d'un éclectisme culturel dans lequel le ballon rond tient bonne place. Rédacteur d'une époque en perpétuel mouvement.

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