Pardon, coach Zizou, de ne pas être séduit

Joueur, Zinedine Zidane était touché par la grâce. Chaque toucher de balle était magique et apportait bien plus à son équipe et au football que toutes les statistiques. J’avais 14 ans lors de la finale de 1998 où Zizou est devenu un héros national.

Brillant et décisif dans les grands matchs, le meneur de jeu l’a été aussi lors de l’Euro 2000, en finale de la Ligue des Champions 2002 avec sa reprise incroyable, et même au crépuscule de sa carrière lors de la Coupe du monde 2006. Ce coup de boule, c’était vraiment con et dommage pour les Bleus, mais impossible de réellement lui en vouloir. Charismatique sur le terrain, mais pourtant humble et discret, je ne l’imaginais vraiment pas endosser un jour le costume de l’entraîneur.

Je me suis lourdement trompé. ZZ a pris son temps, il a appris et il était prêt à coacher l’équipe première du Real Madrid en janvier 2016. D’emblée, les chiffres parlent pour lui et il parvient même à décrocher la Ligue des Champions. Mais quel mérite de gagner avec une des meilleures équipes qui possède l’un des deux meilleurs joueurs du monde ? Zidane ou un autre, quelle différence sur banc du Real, qu’apporte-t-il réellement ?

Pour sa première vraie saison, le Français semble avoir pris en main son équipe en gérant ses troupes intelligemment pour se montrer plus régulier que le Barça en Liga. Chapeau. Son bilan est inattaquable, mais je n’arrive pas (encore) à ressentir sa patte sur sa formation. Son Real ressemble à une machine implacable (74 % de victoires) composée de nombreux talents individuels. Ai-je tort d’espérer retrouver un peu de sa grâce d’antan dans son équipe ? Est-ce simplement une question de temps pour ce tout jeune entraîneur ?

Contrairement au n°10 à l’influence inquantifiable sur le jeu, le coach Zidane est rapidement devenu un homme de statistiques, avec des résultats qui parlent pour lui. A Mourinho le pragmatisme, à Guardiola la possession et l’expérimentation, à Conte la tactique, à Klopp la fougue, à Simeone la grinta ? Autant de coachs qui imposent à leurs hommes de s’adapter à leur vision du football. Et Zidane dans tout ça ? Comment définir sa philosophie de jeu et son style ? N’est-ce pas plutôt lui qui s’adapte à l’institution madrilène? Et dans ce cas, est-ce un signe d’intelligence ou de facilité ? Faut-il se contenter de le considérer comme un coach proche de ses joueurs comme Carlo Ancelotti ?

Le 3 juin, Zizou donnera peut-être encore plus de crédit à sa légende s’il triomphe de son ancien club, la Juventus, en finale de la Ligue des Champions. Arriverai-je enfin à ouvrir les yeux et à me rendre compte que Zinedine Zidane est devenu aussi exceptionnel sur le banc que sur le terrain ? Ou comme certains qui doutent de Messi sous prétexte qu’il ne brille qu’avec le Barça, vais-je demeurer dans le doute tant que Zidane n’aura pas entraîné un autre club ?

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